Éthiopie : Risque élevé de guerre interethnique entre Amhara, Oromo et Tigré.

Éthiopie : Risque élevé de guerre interethnique entre Amhara, Oromo et Tigré.

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Dans la Constitution de 1994, entrée en vigueur en 1995, le régime du TPLF dirigé par Meles Zenawi adopte le fédéralisme ethnique.

L’article 39 de la Constitution éthiopienne de 1995 définit un groupe ethnique (nation, nationalité ou peuple) comme « un groupe de personnes qui ont ou qui partagent une grande partie d’une culture commune ou des coutumes similaires, de la connaissance mutuelle de la langue, de la même croyance ou d’une identité commune, des traits psychologiques communs, et qui habitent sur un territoire identifiable, commun ».

Pourquoi le fédéralisme ethnique en 1995 ?

La réponse est simple et connue par presque tout le monde. Le pouvoir centralisateur et autoritaire (1941-1991) dans la longue histoire éthiopienne autour d’un groupe ethnique dominant, les Amharas, ne pouvait déboucher que sur l’organisation d’institutions fédérales qui permettraient d’offrir un cadre adéquat à ce que Mirabeau appelait « un agrégat de peuples désunis ».

Les pros et les antis du fédéralisme ethnique en Éthiopie :

Huit régions et les deux villes-régions soutiennent le fédéralisme ethnique alors que les conservateurs de la région Amhara demandent le retour à un pouvoir central avec comme langue officielle l’Amhara et l’ancien drapeau.

Les discours des pros :

« Nous pouvons vivre en paix et en harmonie tout en respectant la langue, la culture, l’histoire et l’autonomie de chacun. Ceux qui voudraient nous faire croire que nous sommes malheureux parce que notre peuple a eu la possibilité de se gouverner lui-même sont ceux qui crieraient au loup chaque fois que le système change contre leur volonté. Il n’y a pas d’autre moyen pour l’Éthiopie d’exister en tant que tel si l’arrangement fédéral actuel n’est pas respecté et maintenu. On le défait et on le jette et soyez assurés que nous serons tous témoins de la désintégration la plus rapide d’un pays. Il n’y a jamais eu un pays qui se soit formé contre la volonté de ses membres. Il a été essayé et a échoué. Les Soviétiques, la Yougoslavie, même l’Empire romain. Personne ne peut forcer un peuple à se soumettre pour toujours. Les gens deviennent citoyens d’un pays simplement parce qu’ils le voulaient et non parce que quelqu’un les a forcés à l’être. Un Amhara est un Amhara. Personne ne peut changer cela. Un Amhara ne devient un Éthiopien que s’il le laisse être. Un Oromo ou un Tigré est ce qu’il est, quoi qu’il arrive. Personne ne peut changer cela. Ils ne deviennent éthiopiens que s’ils le laissent faire.

Un pays de mélange multiethnique et multilingue ne peut être un pays viable et stable que si ses membres fondateurs sont des participants volontaires à sa formation. L’inverse est une recette pour un désastre. Par conséquent, assurons-nous que nous sommes tous prêts à participer à ce concept d’“Éthiopie”. Montrez-moi simplement que vous m’acceptez pour ce que je suis et je serai alors heureux de faire partie de cette communauté appelée “Éthiopie” ! Ne me jugez pas parce que j’ai une opinion et que vous n’en avez pas. Vous ne m’intégrez pas à votre communauté simplement parce que vous choisissez d’aboyer au lieu de débattre. Je me soucie moins de ce que vous pensez de moi si vous ne respectez pas mes opinions pour ce qu’elles sont : VUES ! C’est ce que je pense ; je vous suggère d’essayer de vivre avec !  Je suis un Amhara/Tigre d’abord et Éthiopien ensuite. Il ne peut jamais en être autrement. »

Les discours des antis :

« En Éthiopie, l’avantage du fédéralisme ethnique n’est pas essentiel pour tous les Éthiopiens, sauf pour certaines cliques étroites. C’est pourquoi le régime des cliques étroites d’Éthiopie manque de reconnaissance considérable depuis sa création. Si nous examinons les causes des troubles actuels imminents en Éthiopie, la principale racine de ces conflits est le fédéralisme ethnique, bien que la clique étroite ait nommé le fédéralisme ethnique en disant “droit à l’auto-administration, à la sécession, bla-bla”.

L’administration centrée sur l’ethnie a gravement endommagé l’Éthiopie. Le système a favorisé des schismes ethniques délibérés entre les peuples d’Éthiopie. Il est impossible d’avoir un processus approprié de construction de la nation une fois que vous avez institutionnalisé le schisme ethnique sous l’autorité d’un fédéralisme prétentieux. En tenant compte de tout cela, le système de fédéralisme ethnique appliqué en Éthiopie depuis 20 ans et plus par l’étroite clique est aujourd’hui en faillite. Dans notre langue, on appelle cela “Game over”. Et les Éthiopiens ont dit “ça suffit”. »

Ces discours et échanges via les médias et les réseaux sociaux entre les Amharas conservateurs majoritaires dans leur région et de l’autre côté les Oromos et Tigré laissent présager des affrontements interethniques les communautés précitées particulièrement.

Les deux régions Oromo et Tigré ont clairement dit qu’une tentative de rejet du fédéralisme les conduira à prendre une décision irréversible, la sécession avec le reste de l’Éthiopie afin d’autoproclamé leurs indépendances.

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared