Djibouti/Norvège : Ismaël Omar Guelleh a donné le feu vert pour le rapatriement des djiboutiens vivant en Norvège.

Djibouti/Norvège : Ismaël Omar Guelleh a donné le feu vert pour le rapatriement des djiboutiens vivant en Norvège.

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Le patron de l’unité d’immigration (PU) de la police norvégienne, Arne Jørgen Olafsen, s’est rendu à Djibouti et a négocié un accord de rapatriement des Djiboutiens vivant en Norvège sous les identités somaliennes et éthiopiennes.

L’accord est conclu depuis novembre 2019 et Ismaël Omar Guelleh vient de le parapher.

Une comparaison sera faite entre le registre de la nationalité et du passeport djiboutiens avec celui des réfugiés somaliens et éthiopiens vivant en Norvège depuis des années.

En échange de cet accord, Djibouti touchera une aide au retour d’Oslo et des assistances techniques et matérielles pour la police nationale.

Monsieur Arne Jørgen Olafsen a confirmé ces informations dans une interview qu’il a accordé ce matin 7 janvier 2020 à la chaine de télévision norvégienne — TV2.

L’interview d’Arne Jørgen Olafsen à TV2 :

TV2 : Pourquoi avez-vous priorisé le voyage à Djibouti ?

Arne Jørgen Olafsen : Oui, ce n’est pas très courant. Normalement, ce type de coopération se produit à un niveau inférieur. En ce qui concerne Djibouti, il y avait un pressentiment de PU qu’il était juste de le faire au niveau du patron, et c’était une bonne évaluation à mon avis. Comme vous le voyez sur ces photos que vous avez prises, les autorités djiboutiennes se sont également réunies au plus haut niveau possible, et nous avons eu raison de nous rencontrer à mon niveau.

TV2 : Qui est sur ces photos ?

Arne Jørgen Olafsen : Il y a de hauts responsables de la direction de la police de Djibouti et des représentants des autorités norvégiennes, moi et Tommy Wold (officier de police à la PU). C’est le chef de la police de Djibouti que vous voyez à ma gauche. Nous étions trois personnes — c’est notre envoyé spécial à Addis-Abeba, Tom Inge Jensen. Il s’agissait d’une nouvelle visite après que les autorités djiboutiennes se sont rendues en Norvège un an plus tôt pour étudier le contrôle des frontières, le type d’équipement utilisé par la police norvégienne et le contenu de l’enseignement de la police norvégienne.

TV2 : Quel était l’objectif de ta visite à Djibouti et de quoi aviez-vous parlé avec le directeur de la police djiboutienne ?

Arne Jørgen Olafsen : Nous avons discuté du travail de vérification et comparaison des registres – nationaux djiboutiens (nationalité et passeport) avec notre registre des Somaliens exilés en Norvège et notamment des possibilités d’organiser conjointement le rétablissement dans leur pays des personnes détectées.

TV2 : Comment aimeriez-vous résumer votre voyage à Djibouti ?

Arne Jørgen Olafsen : Ce fut une visite réussie. Ils étaient accueillants, et nous avons eu de très bonnes discussions de confiance. Nous avons l’intention de refaire plusieurs visites, et de les inviter aussi chez nous pour travailler des dossiers sensibles.

TV2 : Si vous obtenez un accord maintenant, pouvez-vous facilement vérifier l’identité de nombreuses personnes qui se sont déclarées somaliennes ?

Arne Jørgen Olafsen : Oui, il est clair que plus nous avons accès au registre de la population de Djibouti, plus il est facile de vérifier et plus renvoyer beaucoup des personnes dans leurs pays d’origine. En général, je peux dire que chaque retour nécessite une vérification et une acceptation.

TV2 : croyez-vous que les registres de Djibouti sont solides ?

Arne Jørgen Olafsen : Ce pays de la Corne de l’Afrique, avec ses quelque 800 000 habitants, possède de bons dossiers et vérifie l’identité de ses citoyens. Nous avons constaté que Djibouti introduit la biométrie pour tous ses citoyens dans un an ou deux. Sur les passeports et les cartes d’identité, ils sont allés très loin. Cela signifie que les autorités sont très désireuses de connaître l’identité de leur population. L’avocat Arild Humlen était à Djibouti dès mars 2017 et a reçu une copie des documents du registre national comme preuve que Mahad Mahamoud était un djiboutien.

TV2 : Que peut offrir la Norvège ?

Arne Jørgen Olafsen : Il n’appartient pas à l’UP de décider, mais nous informons à la fois la Direction de la police et le ministère de la Justice de l’importance d’une bonne coopération avec les autorités policières de Djibouti. Nous examinions tout cela ici. La police djiboutienne utilise des équipements très obsolètes et datant des années 60, ils ont donc besoin de modernisation et de contacts continus avec l’Occident.

TV2 : Djibouti est passé au multipartisme, mais a toujours des restrictions sur l’activité politique, et emprisonne des opposants, des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes.

Arne Jørgen Olafsen : C’est une autre forme de démocratie, je crois, mais je ne suis pas content de ce que nous avons vu sur le terrain. Mon rôle se limite à développer une meilleure collaboration professionnelle possible, et dans ce contexte, la visite a été un succès. – Ils ont vraiment apprécié notre visite. Ce fut un accueil exceptionnellement chaleureux.

TV2 : Est-il maintenant possible que vous puissiez parvenir à un accord avec ce pays ?

Arne Jørgen Olafsen : Nous avons déjà une collaboration opérationnelle avec Djibouti, nous verrons donc comment cela porte ses fruits dans le temps.

HCH


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared