Éthiopie : Sous l’état d’urgence, au moins 1600 arrestations ciblant particulièrement les Oromo et Amhara…
Les autorités éthiopiennes ont arrêté plus de 1600 personnes depuis la mise en application de l’état d’urgence il y a moins de deux semaines, selon un communiqué publié par l’agence de nouvelles contrôlée par l’état, Fanabc.
Le poste de commandement, un organisme créé par les autorités pour surveiller l’état d’urgence, a déclaré 1120 personnes avaient été arrêtées dans les villes de Shashemene et West Arsi – au Sud de la capitale, Addis-Abeba – pour « la violence et les dommages matériels ».
Les villes sont dans la région de l’ethnie oromo, qui, avec l’Amhara ont mené une manifestation près d’un an contre un gouvernement composé en grande partie de la minorité Tigrée.
Un autre groupe de 302 personnes ont été arrêtées dans la ville occidentale de Guji et 110 dans la région de Kelem Wolega. Selon la déclaration sur le site Web de Fana, les autorités, TPLF, ont saisi des centaines d’armes.
Environ 50 personnes ont été arrêtées pour « tentative de déni de service » par la fermeture de leurs entreprises ou d’appeler à des grèves dans la région d’Amhara, et trois enseignants ont été arrêtés pour «abandon scolaire».
L’état d’urgence de six mois est régi par une série de règles strictes. Des diplomates étrangers sont interdits de voyager à plus de 25 km à l’extérieur d’Addis-Abeba, et il est illégal de regarder les chaînes de télévision mis en place par la diaspora. Les publications, commentaires ou Likes faites sur les sites web et sur les médias sociaux de ces organisations ont été déclaré «activité criminelle».
L’état d’urgence a été imposé après une flambée de violence suite à un massacre lors d’une fête religieuse Oromo qui a causé plus de 400 morts le 2 Octobre 2016, une bavure qui a été imputée à la police qui tirait des gaz lacrymogènes et des balles réelles sur les manifestants anti-gouvernementaux.
En Afrique de l’Est, il est courant de voir les différents régimes d’utiliser l’état d’urgence comme une couverture pour bien optimiser les tortures, massacres, assassinat et arrestations. Et les chefs d’accusations utilisés contre les victimes sont parfois anecdotiques. Le plus célèbre fut celui de Feu Siad Barre, le président de la dictature militaire de la Somalie. La majeure partie des personnes arrêtés la nuit étaient inculpés sous le chef d’accusation suivant : « Soo jeede habeen, naftisa uma daneeye – ce qui veut dire : Veillez la nuit est une volonté manifeste de nuire à santé. »
Hassan Cher


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