Djibouti/Somaliland: Ismaël OMAR GUELLEH est officiellement opposé à la reconnaissance de la Somaliland d’après…

Djibouti/Somaliland: Ismaël OMAR GUELLEH est officiellement opposé à la reconnaissance de la Somaliland d’après…

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Madame Jendayi Frazer, l’ancienne secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines des États-Unis, parle de l’évolution de la politique américaine envers le Somaliland dans une interview qu’elle a accordé à Council on Foreign relations.

L’ancienne secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines des États-Unis a affirmé qu’une bonne partie des pays membres de l’Union africaine étaient disposés à mettre dans l’agenda de l’UA la reconnaissance de la Somaliland et à y débattre, mais Ismaël OMAR GUELLEH de Djibouti et l’Ouganda y étaient opposés.

En lisant l’interview de madame Jendayi Frazer, on constate que l’obstacle à la reconnaissance de la Somaliland a toujours été Ismael OMAR GUELLEH, l’homme qui faisait croire aux Somalilandais qu’il était leur frère.

Monsieur Ismael OMAR GUELLEH, avec le concours de Khadafi, avait influencé beaucoup des pays de l’Union africaine afin que la reconnaissance de la Somaliland soit pas débattue à l’UA.

Lisez ce petit extrait de l’interview de madame Jendayi Frazer :

« …Michelle Gavin: c’est vrai, cela a du sens, à la fois pour la cohérence des politiques, et dans un contexte de situation assez chaotique en Somalie. Identifier un lieu avec une source claire de légitimité gouvernementale et une vision identifiable pour fournir des services et de la sécurité, c’est assez convaincant.

Jendayi Frazer : Exactement, absolument. Et en même temps, maintenant je vais revenir sur le cas de la Somalie, le gouvernement national de transition somalien et le gouvernement fédéral ont eu divers pourparlers de paix. Vous avez eu les pourparlers de Djibouti et ceux du Kenya. Nous recherchions une base d’action plus large dans la corne de l’Afrique. Ce que je veux dire par là, c’est se tourner vers l’Union africaine pour voir si elle pourrait apporter une sorte d’influence unificatrice sur la concurrence entre Djibouti, le Kenya, l’Éthiopie et d’autres sur ce qui va se passer en Somalie. Je sentais que nous devrions reconnaître l’indépendance du Somaliland. C’est un pays qui était autrefois reconnu comme un pays indépendant et souverain. Lorsqu’il a obtenu son indépendance dans les années 1960, il a volontairement rejoint l’union avec la Somalie italienne.

Michelle Gavin : C’est vrai, et ils avaient vite regretté.

Jendayi Frazer : Ils l’ont tout de suite regretté. Même le référendum de juin 1961, une majorité au Somaliland l’a boycotté parce qu’ils se sentaient dominés par les sudistes dès le début. Lorsque le régime de Siad Barre est tombé en 1991, ils ont réclamé leur souveraineté et leur indépendance. Donc, nous avons ici un gouvernement avec le soutien de la base (le peuple), un pays qui montre une volonté de fonctionner avec un système de démocratie, mais nous ne le reconnaissons pas. Je sentais qu’ils méritaient la reconnaissance. Dans le même temps, l’Union africaine avait envoyé des missions au Somaliland et s’orientait dans cette direction pour reconnaître également le Somaliland. L’Afrique du Sud, pour ses propres raisons, avait toujours été un fervent partisan du Somaliland et, si je me souviens bien, à l’époque, le Kenya et l’Éthiopie étaient de tendres partisans de l’indépendance du Somaliland.

Djibouti et l’Ouganda s’y étaient fortement opposés. Le Nigéria avait un point de vue favorable. Je sentais qu’il y avait une coalition qui pourrait être dirigée par l’Union africaine qui soutiendrait cette indépendance, puis les États-Unis pourraient venir avec un soutien, mais cela ne s’est jamais produit.

Michelle Gavin : je me rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, il y avait eu une nouvelle reconnaissance d’un État dans la Corne. Après une longue lutte pour la reconnaissance de son Independence, l’Érythrée a pu finalement le concrétiser et il a rejoint l’Organisation de l’unité africaine en 1993. Il y avait donc un précédent dans l’histoire relativement récente, également ancré dans un lieu qui avait une histoire différente de celle de l’État qui l’avait subsumé. C’est une toile de fond contextuelle vraiment intéressante. Ainsi, vous et l’équipe de l’USG pulsiez ces différentes capitales africaines et aviez une idée de l’endroit où il y avait du soutien. Certains catégoriquement opposés, d’autres plus propices et dans l’ensemble, il semblait qu’il y avait suffisamment de soutien pour l’indépendance du Somaliland. L’idée était que les États-Unis et la majorité de l’Afrique soient tous sur la même longueur d’onde. Qu’est-il arrivé ? Qu’est-ce qui ne s’est pas bien passé ?

Jendayi Frazer : Même si ce n’était pas la majorité des Africains, c’était ceux qui avaient assez d’influence pour entraîner les autres. La plupart d’entre eux s’en fichaient. C’étaient ceux qui s’en souciaient qui importaient et ceux qui avaient aussi ce muscle diplomatique pour amener les gens dans le bon sens. Je pensais que nous étions tous prêts à partir. Alpha Oumar Konaré était en tête du groupe de soutien. Même quand j’ai été interrogé à ce sujet en public, je disais que nous suivons de près le processus de l’UA. On essayait de l’influencer un peu, mais pas d’influence forte, parce qu’on sentait que ça allait dans le bon sens en tout cas… »

Hassan Cher

Lien : https://www.cfr.org/blog/jendayi-frazer-search-multilateral-consensus


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared