Djibouti/Espionnage numérique : La police politique de l’Internet de Guelleh avec « les algorithmes de répression chinois».

Djibouti/Espionnage numérique : La police politique de l’Internet de Guelleh avec « les algorithmes de répression chinois».

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Le 18 décembre 2017, la directrice générale du FMI, madame Christine Lagarde, sur invitation du gouvernement djiboutien, avait participé à un dialogue de haut niveau autour d’une thématique importante : comment mettre le commerce international et les nouvelles technologies au service d’une croissance inclusive ?

Au cours de ce dialogue, le ministre de l’Économie et des Finances chargé de l’Industrie de Djibouti, monsieur Ilyas MOUSSA DAWALEH, répétait dans ses interventions que le commerce international et les nouvelles technologies sont au cœur de la stratégie de développement de Djibouti, intitulée Vision Djibouti 2035. Lien : https://www.imf.org/fr/News/Articles/2017/12/18/sp121817-md-djibouti-speech

De plus en plus, le projet d’Ismael OMAR GUELLEH intitulé « Djibouti Vision 2035 » révèle son vrai visage caché.

« Djibouti Vision 2035 » est un projet calqué sur le système de développement chinois, mais adapté aux intérêts de la mafia djibouto-somalienne qui s’est accaparé le pouvoir à Djibouti et manipule la politique régionale.

Le système de développement chinois a ses limites au niveau de la liberté et de la démocratie, mais au niveau de l’économie Pékin a connu un essor qui a placé le pays au deuxième rang des puissances économiques mondial et augmenté le PIB par habitant.

Or, en République de Djibouti, le projet dénommé « Djibouti Vision 2035 » ne va ni contribuer à l’essor économique ni augmenter le niveau du PIB par habitant des Djiboutiens.

Donc, quel est le lien entre « Djibouti Vision 2035 » et la politique chinoise ?

« Djibouti Vision 2035 » est un leurre utilisé pour tromper l’international, mais toutes les activités réalisées dans le cadre de ce projet consistent, en réalité, à améliorer la politique de répression du régime mafieux d’Ismaël OMAR GUELLEH.

Au début de 2021, le ministère de la communication chargé des postes et des télécommunications a initié, avec le soutien de la banque mondiale, un nouveau projet, intitulé Djibouti-Numérique, qui s’inscrit pleinement dans la continuité des programmes stratégiques définis dans la feuille de route du gouvernement djiboutien « Djibouti Vision 2035 ».

Le projet Djibouti-Numérique qui découle de la stratégie de développement « Djibouti Vision 2035 » est composé de deux grands axes comportant plusieurs activités :

  • Le 1er axe, intitulé « écosystème numérique et connectivité », vise à améliorer la connectivité numérique disponible, en particulier pour les administrations publiques, le système éducatif djiboutien et le citoyen lambda.
  • Le second axe porte sur « la transformation et les compétences numériques », avec en ligne de mire le renforcement des compétences numériques des citoyens et du personnel des entités publiques.

Le 1er axe s’est limité à la distribution de quelques tablettes à certaines écoles à Djibouti-ville, mais c’est le second axe qui a connu un essor allant dans le sens de la répression numérique à la chinoise.

Un département numérique a été créé au ministère de la communication chargée des postes et des télécommunications et ce département numérique emploie de jeunes Djiboutiens et quelques étrangers qui ont des notions en informatiques et une certaine connaissance des réseaux sociaux.

Ce département numérique, connu dans la rue sous l’appellation de « police politique du Net », scrute attentivement les activités des Djiboutiens sur l’internet et particulièrement les publications des Djiboutiens sur les réseaux sociaux.

Toute personne ou tout compte des réseaux sociaux faisant l’éloge du président Ismaël OMAR GUELLEH et de sa famille sont bien notés. Tandis que ceux qui critiquent le système mafieux du régime de Guelleh sont fichés comme à l’époque de la Gestapo dans un registre accessible à plusieurs entités de l’état djiboutien.

Les personnes que Djibouti-Numérique déclare non conforme aux souhaits du régime mafieux de Guelleh sont automatiquement dénoncées auprès du ministère des Affaires étrangères du pays, à la police, à la gendarmerie, au service des renseignements, etc.

Les représentations diplomatiques de Djibouti reçoivent des consignes pour contribuer à la répression des ressortissants djiboutiens vivant à l’étranger. C’est surtout ceux vivant en France, en Belgique, USA, UK et Suisse qui sont la cible principale.

C’est la police, la gendarmerie ou le service des renseignements de Djibouti qui interpellent ceux qui vivent à Djibouti et qui sont fichés par Djibouti-Numérique.

Ce service utilise des logiques chinoises qui sont semblables à ceux que l’ONG Human Right Watch avait définis dans son rapport du 1er mai 2019 comme étant « les algorithmes de répression chinois ».

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared