Soudan du Sud: un niveau de viols et violences sexuelles jamais vu

crimes_de_guerre_au_Soudan_du_SudLa responsable des Nations unies en charge de la violence sexuelle dans les conflits armés, Zainab Bangura, a affirmé vendredi n’avoir jamais vu un nombre aussi important de viols qu’au Soudan du Sud, déchiré par une guerre civile émaillée d’atrocités et de massacres ethniques.

« J’ai une expérience de près de 30 ans au service de l’Etat et des Nations unies (…), j’ai voyagé à travers le monde, je viens d’un pays qui a subi la guerre, mais je n’avais encore jamais vu ce que j’ai vu aujourd’hui », a affirmé Zainab Bangura, Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies chargée de la violence sexuelle dans les conflits armés, au cours d’une visite au Soudan du Sud.

« C’est la pire des situations possibles, c’est vraiment très douloureux à affronter », a-t-elle ajouté au cours d’un entretien avec l’AFP à Bentiu (nord), un des principaux foyers d’affrontements du conflit, qui a changé de mains à plusieurs reprises ces derniers mois et est largement détruite.

Zainab Bangura, originaire de Sierra Leone, a souligné qu’elle avait assisté à des scènes atroces dans ce pays au cours de la guerre civile qui l’a ravagé de 1991 à 2002 et qu’elle avait rencontré des victimes de viols en Bosnie, en République démocratique du Congo ou en Somalie, mais que la situation au Soudan du Sud était la pire en ce qui concerne les violences contre les femmes.
Les troupes gouvernementales comme les rebelles sont responsables de ces crimes, a-t-elle ajouté.

« C’est incroyable. C’est douloureux de voir les conditions dans lesquelles ces femmes vivent, le harcèlement et les violences sexuelles aux postes de contrôle. C’est à désespérer », a confié Zainab Bangura. La responsable de l’ONU a écouté les témoignages de victimes de viols. « On m’a raconté l’histoire d’une femme qui a été violée alors qu’elle venait juste d’accoucher, l’histoire d’une femme âgée qui a été violée… Des enfants de dix ou onze ans sont violées quotidiennement », a-t-elle détaillé.

Environ 100.000 personnes ont trouvé refuge dans les bases de l’ONU à travers le Soudan du Sud et craignent toujours d’en sortir de peur d’être massacrées pour leur appartenance ethnique.
Dans cette guerre, qui oppose les partisans du président Salva Kiir et ceux de son ancien vice-président et rival, Riek Machar, des milliers de personnes –sans doute des dizaines de milliers, mais aucun bilan précis n’existe– ont été tuées et plus de 1,8 million chassées de chez elles.


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