Éthiopie : Affrontements ethniques violents entre les Amharas et Oromos à deux pas d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne et siège de l’Union Africaine
Les protestations de la plus importante communauté de l’Éthiopie contre un plan d’intégration de la capitale, Addis-Abeba, avec les villes environnantes se sont transformées en affrontements meurtriers entre groupes ethniques, d’après le Conseil éthiopien des droits de l’homme.
Le conflit qui a opposé des membres des ethnies Oromo et Amhara dans le district d’Ameya woreda de l’Etat d’Oromia avait éclaté le 12 décembre 2015 après trois semaines de protestation à travers la région contre le nouveau plan d’Addis-Abeba, selon Betsate Terefe, directeur exécutif du groupe basé à Addis-Abeba.
« Conflit ethnique réel a éclaté et est toujours en cours », a-t-il dit dans un communiqué publié le dimanche. « Beaucoup de maisons ont été incendiées, des gens tués et blessés. »
L’Éthiopie est une fédération multiethnique dont la constitution donne aux groupes le droit à l’autonomie gouvernementale et protège leur langue et leur culture. Les manifestants Oromo disent que le nouveau plan pour la capitale va entraîner une nouvelle perte d’autonomie et la marginalisation de la communauté Oromo à la périphérie de la capitale dans le temps présent et la totalité de l’Etat à l’avenir. OR, le gouvernement fédéral affirme que le développement intégré sera bénéfique pour tous.
Deux fermes d’élevages appartenant à des néerlandais ont été incendiées et un autre a été attaqué dans la zone Ouest de Shewa, a déclaré dans un communiqué l’ambassade des Pays-Bas en Éthiopie. Les fermes agro-industrielles Solagrow et Grazeland ont été détruits le vendredi 11 et le dimanche 13 décembre 2015, tandis que la société de production de fleurs, Linssen Roses, a été saccagée par une foule, le 10 décembre, il a dit.
Face à la résistance
Les forces de sécurité principalement ont abandonné Ameya à la foule en colère quand ils ont rencontré à une résistance après l’assassinat d’un agriculteur Oromo le dimanche 13 de ce mois, a déclaré Tesfaye Hirtasa, qui a rendu visite à sa famille dans le quartier.
Cinq personnes sont mortes dans les affrontements ethniques, plus de 10 propriétés ont été rasées et des familles ont fui les combats, a-t-il rajouté le lundi. « Tout le monde est sous la peur, personne n’est en sécurité. Ceux qui ont des armements protègent leur maison de toute attaque. D’autres se cachent dans la forêt, d’autres prennent leurs biens s’exilent à d’autres endroits « , a déclaré Tesfaye. «Les choses ne sont pas stables, nous sommes totalement en danger. »
La situation dans le district d’Ameya a brusquement viré au drame parce que des agents du gouvernement incitant à la violence ethnique ont détourné l’attention du mouvement de protestation Oromo, a déclaré Bekele Gerba, le leader adjoint de l’opposition oromo Congrès fédéraliste. Plus de 40 personnes ont été tuées par les forces de sécurité au cours de trois semaines de manifestations, y compris au cours des trois derniers jours dans la zone Ouest de Shewa qui compte le district Ameya, a-t-il dit le lundi.
Le Ministre de la Communication, Getachew Reda, a minimisé la situation et parlé de cinq personnes mortes au cours des manifestations qui, selon lui, ont commencé largement d’une manière pacifique et ont dégénéré quand des groupes extrémistes Oromo tentent d’inciter de nouveaux troubles en attaquant des personnes de l’ethnie Amhara, des fonctionnaires, des usines et des installations gouvernementales.
« Les forces de sécurité prendront des mesures appropriés pour neutraliser les groupes armés qui terrorisent maintenant les populations de la région et dans ces localités, » a-t-il martelé dans une brève interview accordée ce lundi 14 décembre aux médias éthiopiens.
L’évolution de la situation
Plusieurs analystes politiques éthiopiens craignent sérieusement que l’Ethiopie rentre dans une période des conflits ethniques violents et meurtrière dont les impacts se feront ressentir dans plusieurs pays voisins et surtout la Somalie, le Kenya, l’Erythrée et Djibouti qui ont des liens socio-économiques étroits avec plusieurs communautés composant la république fédérale éthiopienne.
La domination de la sphère politique depuis presque un demi-siècle par les ethnies Amharas et Tigrés fait naître une certaine frustration à l’endroit des communautés éthiopiennes. Le ras-le-bol se fait sentir le plus dans les états Afar, Benishangul-Gumaz, Dire-Dawa*, Gambela, Oromia, Somali et Région des nations, nationalités et peuples du Sud d’où la plupart y combattent des rebelles indépendantistes ou sécessionnistes.
Une situation explosive que l’instauration de la démocratie et le partage équitable du pouvoir centrale de l’Ethiopie pourra sûrement atténuer.
Hassan Cher


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