Djibouti/attentat de l’Historil : Gouled, Guelleh et Adouani, les commanditaires et exécutant de l’attentat terroriste de 1987 à Djibouti.

Djibouti/attentat de l’Historil : Gouled, Guelleh et Adouani, les commanditaires et exécutant de l’attentat terroriste de 1987 à Djibouti.

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Le 18 mars 1987 – l’Historil – Djibouti

Monsieur Adouani Hamouda Hassan est un Yéménite qui a adhéré à la cause palestinienne. Il a vécu dans un camp d’entrainement des combattants palestiniens en Tunisie où il a pris le maniement des explosifs.

Pour sa première mission terroriste, Adouani Hamouda Hassan est envoyé en Allemagne. Il est chargé de l’attentat terroriste qui va cibler la discothèque la Belle à Berlin-Ouest le 5 avril 1986. Sa bombe tuera trois soldats américains et une cliente turque et fait deux cent vingt-neuf blessés, dont soixante-dix-neuf citoyens américains. L’enquête démontre l’implication des services secrets libyens dans l’attentat. Un couple d’Allemands, un Palestinien et un diplomate libyen sont reconnus coupables lors de leur procès, en novembre 2001, mais Adouani aura la possibilité de fuir vers Aden. Il prendra ensuite un bateau du port d’Aden vers Djibouti.

Il était déclaré résident officiellement à l’hôtel la Siesta, mais il vivait dans un logement situé aux environs du terrain Djama Aouled, le quartier du plateau de Serpent. Il allait brouter ou consommer le Khat (https://fr.wikipedia.org/wiki/Khat_ [botanique]) dans les quartiers 1 et 2 de la ville de Djibouti. C’est monsieur Adel Mohamed Abdallah di Zabidi, l’actuel propriétaire du café l’Historil, qui était chargé de guider Adouani Hamouda Hassan dans ses déplacements en ville.

Monsieur Adouani Hamouda Hassan reçoit l’ordre de faire un attentat à Djibouti. Il met à exécution l’ordre et le 18 mars 1987 il fait exploser une bombe sur la terrasse du café « l’Historil ». l’attentat terroriste fait 12 morts (5 Français, dont 4 militaires, 3 Djiboutiens et 4 Allemands) et une quarantaine de blessés. Adouani âgé, à cette période, de vingt-sept ans, avait été arrêté à Djibouti quelques jours plus tard. Il avait avoué à la police avoir commis cet attentat pour le compte des « troupes des révolutionnaires et des résistants », une mystérieuse organisation terroriste proche-orientale qui l’avait recruté à Damas.

Après trois ans d’instruction, Adouani revendiquera son acte. Il sera condamné à mort. Les avocats des parties civiles, Français ou Allemands pour la plupart, sont hostiles à la peine capitale. Le Président commue la sanction en vingt ans de réclusion.

Depuis son arrestation, Adouani Hamouda Hassan est détenu à la prison centrale de Djibouti — Gabode — et plus spécialement aux cellules dites « Afar ». Ces cellules sont des grands dortoirs avec huit lits superposés et toilettes à l’intérieur. Adouani Hamouda Hassan et Awale Guelleh partageaient la même cellule. C’est Adouani qui avait la clé de la cellule et qui ferme la nuit et ouvrait le matin la porte de la cellule.

Adaouni s’est fiancé à l’intérieur de la prison avec une détenue éthiopienne. Il avait une chambre à côté des cellules de femmes dans laquelle il passait du temps avec sa nouvelle épouse.

Monsieur Adouani Hamouda recevait régulièrement en prison des femmes d’origines yéménites qui lui ramenaient du Khat, des parfums, des pagnes yéménites et tout ce qu’il avait besoin. Adouani ne manquait rien comme s’il était félicité ou rémunéré pour son attentat terroriste du 18 mars 1987.

Une fois par mois, une voiture appartenant à Ismael Omar Guelleh venait le chercher et Adouani restait brouter ou macher le Khat avec IOG jusqu’à minuit passé. Il revenait parfois dans sa cellule à 4 h du matin, avant le levé du jour.

Il avait une telle assurance qu’il serait libéré qu’il n’a jamais pensé à s’évader.

D’ailleurs, Adouani se permettait de menacer les policiers et même le chef de la prison de Gabode. Un jour dont il y avait un contrôle particulier dans la prison, Adouani Hamouda Hassan se fait empêcher de rendre visite à sa fiancée. Adouani devient rouge, envoie du crachat sur le lieutenant de la police responsable de la sécurité de la prison et tient les propos suivants devant des policiers et des prisonniers : « Moi, j’ai la promesse d’Ismael Omar Guelleh et je sortirai dès qu’il sera président, mais toi ne joue pas sur ta carrière ».

D’après des sources proches de la première dame de Djibouti, la FBI a sollicité à voir Adouani Hamouda Hassan en juin 1987 afin de lui poser des questions sur l’attentat qui avait visé la discothèque, laBelle, à Berlin-Ouest, le 5 avril 1986. La FBI avait constaté que le technique utilisé pour l’attentat de la discothèque de Berlin-Ouest était semblable à celui du café l’Historil de Djibouti. Les enquêteurs de la FBI se sont entretenus, un soir, avec Adouani Hamouda Hassan dans le bureau du chef de la prison Gabode de Djibouti. Les États-Unis d’Amérique avaient demandé son transfert dans une prison américain, mais Gouled/Guelleh ont tout fait pour s’y opposer.

Avec le rebondissement de l’affaire du feu juge Borrel suite le témoignage du lieutenant Mohamed Saleh Alhoumekani en 2000, Guelleh décidé de relâcher Awaleh Guelleh et Adouani Hamouda Hassan.

Adouani Hamouda Hassan reçoit une mallette pleine d’argent et un laissez-passer djiboutien pour quitter légalement le pays. Il sera remis à l’autorité yéménite.

Quant à Awaleh Guelleh, il s’installera avec sa mallette d’argent dans la région de l’ethnie Issa en Éthiopie. Comme il s’est remarié en Éthiopie, le soir de noce un commandant appartenant au régime du TPLF kidnappera Awaleh Guelleh et le fera disparaitre à jamais.

Le 16 juin 2007, nous lisons dans la presse française que Adouani Hamouda Hassan a été entendu le 12 juin par le doyen des juges d’instruction au Tribunal de première instance de Tunis, qui agissait sur commission rogatoire internationale lancée par la juge française Sophie Clément. Ce Tunisien, qui était assisté par un avocat, « a nié toute implication dans ce crime ». Il s’est « présenté au rendez-vous en liberté et s’est prêté de son plein gré au prélèvement d’ADN ordonné par le juge » tunisien en application de l’accord franco-tunisien en matière pénale, a-t-on ajouté de même source.

Le Tunisien qui s’est prêté de son plein gré au prélèvement d’ADN est-il vraiment monsieur Adouani Hamouda Hassan ?

Nous ne croyons pas parce que la relation qu’il y avait entre le régime tunisien de Ben Ali et celui de Gouled/Guelleh valait plus que l’accord franco-tunisien en matière pénale.

Le régime tunisien de Ben Ali blanchissait une grande partie de son bien mal acquis à Djibouti sous la protection du régime Gouled/Guelleh.

Des proches et collaborateurs de la famille Ben Ali avaient créé à Djibouti des sociétés qui étaient sensées investir dans les aciers, métaux rares et de l’or. Ces sociétés brassaient des millions des dollars US appartenant à la famille et proche du régime Ben Ali.

Ces sociétés étaient enregistrées sous des prête-noms djiboutiens. Le plus connu sont feu Aicha Glaba Robleh (https://www.presidence.dj/article.php?ID=883) et son fils — Abdo Isse — tous les deux sont des membres importants du parti politique de Gouled/Guelleh, le RPP au pouvoir depuis l’indépendance. Abdo Isse est actuellement parlementaire coopté à l’Assemblée nationale sur ordre de Guelleh.

Ces sociétés de Ben Ali ont par magie disparu un bon matin du paysage économique djiboutien. Aucune faillite ni cessation d’activité n’a jamais été déclarée aux institutions de l’état.

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared