Djibouti : « Chez moi c’est l’anhélation »
Chez moi c’est la période de chaleur et d’asphyxie découlant du climat, de l’économie et de l’appareil répressif étatique. Que je m’exile, me replie sur moi ou lutte pour me libérer, les trois temps de la canicule (Houre, Kawi et Khamsin), fruits de la bêtise humaine ou de l’évolution climatique, se feront sentir sur ma carcasse décharnée au propre comme au figuré.
La cause climatique
Avec un climat tropical et aride ou semi-désertique, des précipitations irrégulières, avec une moyenne annuelle de 220 mm qui varie selon les régions du pays, Seuls 5 % de ce volume parviennent aux nappes. Le taux d’humidité peut atteindre 100 %.
Les températures varient entre 20 et 30 °C d’octobre à avril et entre 30 et 45 °C de Mai à septembre. Durant la saison chaude, un vent chaud et sec, le khamsin, souffle une cinquantaine de jours. La population trouve le salue dans des eaux du robinet, au taux de phosphate qui est le double du niveau admise, agrémenté du sucre et des citrons naturels.
Nous respirons dans l’exil.
La cause économique
Un chômage galopant qui avoisine le 70% et une pauvreté sévère utilisée comme un fouet par le régime afin de soumettre le peuple grognant depuis quelques mois. Vu que l’inhibition ne peut plus passer inaperçu dans ce monde globalisé, la pauvreté forcée est devenue une arme de répression immatériel et difficilement justifiable comme une violation des droits humains pour les victimes.
De l’autre côté, ces expatriés militaires occidentaux, français, américains, japonais, espagnoles et allemands qui exhibent leurs puissances militaires mais aussi économiques, sur une population maintenue immergé dans une misère prédéfinie, comme s’ils avaient remonté le temps.
La survie vient du communautarisme.
La cause politique
Un parti unique au pouvoir depuis l’indépendance, juin 1977, avec ses structures sclérosées et inamovible devenu poids suffocant qui sursaut tous les droits pour pérenniser une jouissance physique et spirituel temporaire dans l’espace-temps.
Ces esprits transpirant d’un esprit de liberté, ne pouvaient trouver le souffle de la liberté sous un régime dont la démocratie, l’état des droits et l’humanisme sont mutées en hérésie à réprimer avec force et sauvagerie digne des personnalités limités intellectuellement et philosophiquement.
L’espoir de penser viendra de la lutte.
« Chez moi c’est le temps de chercher la moindre respiration »
Hassan Cher
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