Éthiopie/Égypte : Une crise se profile à l’horizon et Caire intensifie ses efforts pour rationaliser l’eau.

Éthiopie/Égypte : Une crise se profile à l’horizon et Caire intensifie ses efforts pour rationaliser l’eau.

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Le gouvernement égyptien a intensifié ses efforts pour rationaliser l’eau alors qu’une crise se profile à l’horizon à l’approche du remplissage du Grand barrage éthiopien de la Renaissance.

Avec la participation du Soudan, les pays organisent des négociations marathons afin de s’entendre sur les règles de remplissage et d’exploitation du barrage.

Le ministre éthiopien de l’Irrigation, Seleshi Bekele, a déclaré — avant une réunion prévue à Addis-Abeba les 9 et 10 janvier entre l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte — que la première phase de remplissage commencera en juillet 2020.

L’Égypte craint que le remplissage du réservoir du barrage sur l’affluent du Nil Bleu ne restreigne les réserves d’eau déjà rares du Nil, dont le pays est presque entièrement dépendant. L’Éthiopie estime que le barrage hydroélectrique, qui sera le plus grand d’Afrique, est crucial pour son développement économique.

Le Premier ministre égyptien, Mustafa Madbouli, et le ministre des Ressources en eau et de l’Irrigation, Mohamed Abdel Aty, ont discuté des plans du ministère pour la rationalisation de la consommation d’eau, les modernisations des systèmes d’irrigation et la réhabilitation des canaux. Madbouli a chargé Abdel Aty de préparer une étude détaillée sur les systèmes d’irrigation modernes et le revêtement des canaux.

Madbouli a révélé que le gouvernement travaille dans le cadre du plan d’action 2020-2030 pour rationaliser la consommation d’eau en réduisant les surfaces des cultures de riz, en remplaçant pour les producteurs par des espèces à haut rendement, en réhabilitant le réseau des canalisations souterraines, et en mettant en œuvre un système d’irrigation moderne sur une grande superficie, en coopération avec le ministère de l’Agriculture.

Le porte-parole du Ministère de l’Irrigation et des ressources en eau de l’Égypte, Mohamed al-Sibai, a déclaré à Asharq Al-Awsat qu’aucun accord définitif n’avait été conclu au cours des trois dernières réunions.

La durée du remplissage est considérée comme la principale question critique entre l’Éthiopie et l’Égypte dans laquelle cette dernière demande de prendre en compte la crue du Nil Bleu pour déterminer les années de remplissage en lui allouant 40 milliards de mètres cubes d’eau par an.

Pourtant, l’Éthiopie rejette cette proposition. Si aucun accord n’est conclu d’ici le 15 janvier 2020, les ministres des Affaires étrangères sont convenus d’invoquer l’article 10 de la déclaration de principes de 2015.

Cet article stipule qu’en cas d’échec des négociations au niveau ministériel, la négociation passe dans le camp des chefs d’État ou de gouvernement, ou qu’une « médiation » externe peut être sollicitée.

Avec l’invocation de l’article 10 de la déclaration de principes de 2015, beaucoup d’experts pensent que les discussions quitteront la face technique et iront dans une face politique. Il y a risque que le ton monte facilement entre Addis-Abeba et Le Caire et que les choses prennent une tournure de crise politique et militaire entre les deux pays.

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared