Erythrée: Un nouveau rapport de l’ONU dénonce les violations flagrantes des droits de l’homme en Erythrée

ONULe gouvernement de l’Erythrée est responsable de violations flagrantes, systématiques et généralisées des droits humains qui ont créé un climat de peur où toute dissidence est étouffée, une grande partie de la population est soumise au travail forcé et des centaines de milliers d’Erythréens ont fui le pays, selon un rapport de l’ONU publié lundi.

« Certaines de ces violations pourraient constituer des crimes contre l’humanité », estime ce rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme en Erythrée, qui décrit un penchant totalitaire de l’Etat visant à contrôler la population à travers un vaste appareil de sécurité qui a pénétré tous les niveaux de la société.

« Les informations recueillies par ce système de contrôle omniprésent sont utilisées de manière totalement arbitraire pour maintenir la population dans un état d’anxiété permanente », souligne le rapport de 500 pages. « Ce n’est pas la loi qui régit les Érythréens – mais la peur ».

La commission d’enquête constate ainsi que « l’utilisation de la torture est tellement répandue qu’elle ne peut que conclure qu’il s’agit d’une politique du gouvernement ».

La publication du rapport intervient alors que la communauté internationale, en particulier les gouvernements en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, s’efforcent de faire face à un exode croissant de réfugiés, de demandeurs d’asile et de migrants à travers la Méditerranée. Beaucoup d’entre eux sont des Erythréens, dont une grande partie est victime de trafiquants d’êtres humains.

Le rapport demande instamment à continuer de protéger les réfugiés érythréens qui fuient les violations des droits de l’homme. Il met en garde contre leur renvoi dans un pays qui punit quiconque tentant de partir sans permission.

« Face à une situation apparemment désespérée qu’il n’arrivent pas à changer, des centaines de milliers d’Érythréens fuient leur pays », note le rapport. « Attribuer leur décision de partir uniquement à des raisons économiques, c’est ignorer la situation désastreuse des droits de l’homme en Erythrée et la souffrance très réelle de ses habitants. Les Érythréens fuient de graves violations des droits humains dans leur pays et ont besoin d’une protection internationale ».

Le rapport énumère les principaux auteurs de ces violations : les Forces de défense érythréennes, en particulier l’armée; le Bureau de la sécurité nationale; les forces de police érythréennes; le Ministère de l’information; le Ministère de la justice; le Ministère de la défense; le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ); le Bureau du Président; et le Président.

La commission a été créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en juin 2014 pour mener une enquête sur toutes les violations présumées des droits de l’homme en Erythrée.

La commission de trois membres est présidée par Mike Smith (Australie) et comprend également Victor Dankwa (Ghana) et Sheila B. Keetharuth (Maurice), qui est aussi la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Erythrée.

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, Sheila B. Keetharuth, ONU


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