Djibouti : La cessation de payement du trésor public, le risque d’hyperinflation et de dévaluation du Franc Djiboutien sont là.

Djibouti : La cessation de payement du trésor public, le risque d’hyperinflation et de dévaluation du Franc Djiboutien sont là.

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Depuis le vendredi 28 décembre 2018, une équipe des fonctionnaires sont en conclave. L’équipe mange, dort et travaille au même endroit pour œuvrer sur un document qui sera présenté aux institutions financières internationales de Bretton Woods. Est comme d’habitude, ce document sera bourré des faux chiffres et une embellie économique prometteuse de développement fulgurant, de croissance à deux chiffres, etc.

On peut lire dans des twitter du ministre de l’Économie et des Finances de Djibouti une croissance de 9 %, une économie et même dans les publications officielles de la Banque Mondiale qui se base des chiffres issus de la cellule de la propagande du régime de Guelleh.

Le taux d’inflation est estimé, d’après les chiffres fournis par l’état djiboutien, à 2 % en cette année de 2018. Ce qui est tout à fait bizarre quand on sait que tous les paramètres développant une hyperinflation à Djibouti sont là :

– le niveau très élevé de la dette publique cumulée ;

– l’impossibilité d’honorer le service de la dette ;

– le manque de transparence des comptabilités publiques ;

– une évolution instable de la masse monétaire ;

– la perte de confiance des acteurs financiers internationaux ;

– l’impossibilité pour l’État d’emprunter à l’étranger ;

– une baisse dramatique du niveau de l’épargne ;

– une absence suffisante de verrous de sécurité (réglementations d’urgence, fermeture des banques, contrôle des prix, etc.).

On parle réellement d’hyperinflation lorsque les prix augmentent de plus de 50 % par mois. En effet, c’est la trop grande création de monnaie lorsqu’un pays éprouve des difficultés à rembourser sa dette qui peuvent engendrer ce phénomène. Les pays confrontés à l’hyperinflation sont souvent des pays pauvres, comme Djibouti, ou endettés qui tentent de réduire leur dette et de faire face à leurs dépenses.

D’ailleurs, l’état djiboutien aura des difficultés à payer les salaires de ses fonctionnaires dès le mois de mars et avril 2019 d’après notre source auprès de trésor public.

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Stéphane Roudet s’est rendue à Djibouti du 4 au 17 décembre 2018 pour des discussions dans le cadre de la consultation au titre de l’Article IV. À la fin de la visite, M. Roudet a fait une déclaration dont l’extrait suivant a été tiré :

« La stratégie d’investissement dans les infrastructures, qui vise à transformer l’économie djiboutienne et positionner le pays en tant que pôle logistique et commercial pour la sous-région, offre de grandes opportunités de croissance économique et de développement. Pour autant, le financement de cette stratégie à travers l’accumulation de dette a abouti à une situation de surendettement qui présente des risques considérables. En effet, la dette publique et garantie par l’État devrait se situer autour de 104 % du PIB à fin 2018. De plus, en dépit d’une croissance soutenue ces dernières années, le taux de chômage reste élevé. »

À suivre…

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared