Somalie: les membres de l’ONU tués étaient des spécialistes des flux d’argent liés à la piraterie (ONU)
Les deux employés de l’ONU tués lundi dans le centre de la Somalie, un Français de 28 ans et un Britannique de 57 ans, travaillaient sur les flux financiers illégaux liés à la piraterie, a annoncé leur employeur.
Clément Gorrissen, un chercheur français de 28 ans, et Simon Davis, un ex-policier britannique de 57 ans, « qui travaillaient souvent ensemble, étaient en mission en Somalie pour offrir des conseils techniques aux autorités locales en matière de flux financiers illicites », a indiqué le Bureau de l’ONU contre la Drogue et le crime (UNODC), en publiant leurs noms dans un communiqué mercredi.
MM. Gorrisen et Davis ont été abattus lundi par un homme en uniforme sur l’aéroport de Galkayo – localité à cheval entre les régions autoproclamées autonomes de Galmudug et du Puntland – où ils venaient d’arriver. L’UNODC ne donne aucun détail sur les circonstances de l’attaque ou sur ses motifs exacts, toujours inconnus.
Selon l’UNODC, les deux experts travaillaient notamment sur les systèmes de transfert d’argent afin qu’il ne puissent être utilisés pour le transfert de fonds illicites. En l’absence de réseaux bancaires, ces systèmes de transfert permettent à de nombreux Somaliens de recevoir les sommes versées par la diaspora, indispensables à leur survie.
Clément Gorrissen était né en 1986 et était originaire, selon les médias de la région, du Nord de la France. Diplômé de l’Institut d’Etudes politiques (IEP) de Lille, il travaillait pour l’UNODC depuis 2010.
Il avait contribué à un important rapport, co-rédigé avec la Banque mondiale et Interpol, sur « La traque des flux financiers illicites provenant des activités de piraterie au large de la Corne de l’Afrique », paru en 2013.
Simon Davis, né en janvier 1957, était un ancien policier britannique spécialisé dans la traque des mouvements financiers. Il participait également, selon l’UNODC, à la formation de forces de l’ordre dans la Corne de l’Afrique.
L’attaque les visant n’a pas été revendiquée. Les insurgés islamistes shebab, dont Galkayo ne fait pas partie de la zone traditionnelle d’influence, s’en sont félicité, tout en en rejetant la responsabilité.
La région de Galkayo échappe au contrôle du gouvernement central de Mogadiscio et est l’un des fiefs des chefs des réseaux de pirates somaliens qui écument l’océan Indien. Plusieurs étrangers, employés d’organisations humanitaires internationales, y ont été kidnappés ces dernières années.
Le rapport de 2013 sur les flux financiers liés à la piraterie estimait qu’entre 339 et 413 millions de dollars de rançons avaient été versées aux pirates entre avril 2005 et décembre 2012, dont 30 à 50% revenant aux chefs des réseaux.
Milices claniques, réseaux de pirates ou gangs criminels règnent sur de plus ou moins vastes parties de territoire en Somalie, privée de gouvernement effectif depuis 1991.
AFP


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