Soudan du Sud : Riek en résidence surveillée à Pretoria et Juba au bord d’une guerre civile interclanique totale, selon l’ONU

Le Soudan du Sud est « au bord d’une guerre civile interclanique qui pourrait déstabiliser toute la région », a déclaré mercredi le chef d’une équipe d’enquêteurs des droits de l’homme devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, décrivant un pays brisé où des enfants de bas âges ont été violées.

Yasmin Sooka s’est adressé au Conseil lors d’une réunion demandée par les États-Unis alors que les alertes se répètent au sujet de la montée des discours de haine des responsables de Juba et des autres leaders des groupes rebelles.

Mercredi 14 décembre 2016 également, le président de Soudan du Sud, Salva Kiir, dans un discours au Parlement a appelé à un dialogue national qui tenterait de redéfinir l’identité nationale du pays. Kiir a de nouveau appelé à un cessez-le-feu dans la guerre civile, mais a offert peu de détails sur la façon dont il amorcerait des dialogues avec de multiples groupes d’opposition à travers le pays.

Kiir a également exhorté à mettre fin aux expressions de haine ethnique. «Je vous demande tous de vous pardonner les uns et les autres», a-t-il dit.

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées dans des combats au Soudan du Sud et plus d’un million de personnes ont fui ce nouveau pays de l’Afrique de l’Est. Sooka a dit que des milliers de femmes ont été violées. L’économie a été réduite à néant; Sooka a déclaré qu’il a le plus haut taux d’inflation du monde, à plus de 800% en octobre 2016.

La visite récente de l’équipe d’enquêteurs des Etats-Unis a révélé que « dans certaines régions du pays, un processus régulier de nettoyage ethnique est déjà en cours », a déclaré M. Sooka. Elle a déclaré que les combats allaient « commencer sérieusement » maintenant que la saison sèche est arrivée au Soudan du Sud.

Le représentant de Soudan du Sud a déclaré que la réunion du conseil pour discuter de son pays n’était pas nécessaire.

Zeid Ra’ad al-Hussein, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a exhorté le Conseil à demander aux dirigeants de Soudan du Sud de s’abstenir des incitations à la violence et à la haine ethnique.

Zeid a déclaré que « il pourrait encore y avoir un certain terrain d’entente pour une action indirecte afin de sortir le pays du pire scénario », notant que lorsque les dirigeants locaux sont intervenus récemment pour arrêter le discours haineux, les menaces de violence ont diminué.

D’autres représentants des Nations Unies au Soudan du Sud ont trouvé des corps blessés par balle «qui indiquent qu’ils ont été exécutés».

Un rapport dit que certains des six corps trouvés à côté d’une route à l’extérieur de la ville occidentale de Yambio ont été menottés et les yeux bandés. Le rapport cite des résidents locaux disant que les troupes du gouvernement  de Juba ont exécuté les civils «sur la seule  raison qu’ils étaient soupçonnés d’appartenance à des rebelles».

D’autre part des informations en provenance de l’extrémité australe du continent africain affirment que les autorités sud-africaines ont confiné l’ancien premier vice-président et chef du rebelle SPLM-IO, Riek Machar, dans une résidence à l’extérieur de Pretoria afin de l’empêcher de quitter le pays à nouveau.

Machar était mis en résidence surveillée près de Pretoria avec de activités restreints et ses appels téléphoniques surveillés et contrôlés.

S’il veut aller aux toilettes, il doit remettre son téléphone à un gars qui se tient à l’extérieur du WC.

Cependant, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain, Clayson Monyela, a nié que Machar était détenu, ajoutant qu’il était « l’invité » de Pretoria pour empêcher la guerre civile de glisser dans le génocide. Il a ajouté qu’il était difficile de prédire la durée de son séjour.

Mais en octobre 2016, à la suite de consultations entre les pays de l’IGAD, Pretoria et Washington, il a été décidé de le tenir éloigné de la région pour empêcher une guerre civile dans le pays.

Selon Reuters, « l’Autorité intergouvernementale pour le développement, un groupe de huit pays d’Afrique de l’Est, avait demandé à Pretoria de s’assurer que Machar ne repart pas. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Norvège avaient soutenu cette demande ».

L’IGAD s’inquiète qu’Il retourne au Soudan du Sud, mobilise son peuple et aggrave la situation. Les dirigeants de certains pays de l’Afrique de l’Est trouvent préférable de garder Riek Machar à l’extrémité Sud du continent africain pendant un certain temps, à Pretoria.

Hassan Cher


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