Djibouti : affrontements quotidiens à Djibouti entre les animaux sauvages et les hommes sur les rares points d’eau.

djibouti sans eau aminartsMonsieur Abdi Aden Cheik Ali, communément appelé « Abdi Dheeree », activiste de droit de l’Homme et militant de l’opposition, a été arbitrairement arrêté le jeudi 21 juillet 2016 vers 4H du matin à son domicile par des agents de la Gendarmerie d’Ali-Sabieh. Lors de son interpellation, celui-ci a violemment été battu. Il est accusé d’avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo relatant la pénurie d’eau de la ville d’Ali-Sabieh et les difficultés des habitants à se procurer de l’eau potable. La population filmée dans ce reportage expose la lutte acharnée quotidienne entre les animaux sauvages et les hommes pour s’abreuver de ce point d’eau sous une canicule qui avoisine le 47°c à l’ombre.

Déjà la ville de Djibouti est confrontée depuis sa création à un déficit structurel de production d’eau par rapport aux besoins de sa population. Face à cette situation, l’Office National des Eaux de Djibouti a mis en place une stratégie de gestion de la pénurie qui se traduit par un certain nombre d’inégalités. Inégalité d’alimentation entre les espaces centraux de la ville, considérés comme prioritaires, et les périphéries urbaines qui reçoivent moins d’eau. Inégalité d’accès à l’eau entre les usagers solvables qui peuvent se raccorder au réseau et ceux qui ont recours au secteur informel pour leur alimentation. Inégalité enfin entre les consommateurs approvisionnés gratuitement en raison de leur statut socio-politique ou socio-ethnique et les autres qui paient leur consommation.

Les détournements de l’aide financière pour le développement à Djibouti.

A travers les mécanismes de l’aide financière au développement sous formes de prêt, les dites élites économiques et politiques s’enrichissent à Djibouti (détournement, pots de vin…) et répriment le peuple (achats d’armes, assassinat, torture, emprisonnement…) en creusant la dette du pays, en enrichissant les mafias locales. Ainsi, au lieu de favoriser le développement des PED, la majorité de l’aide contribue à renforcer la pauvreté, ce qui accélère encore la fuite de la jeunesse djiboutienne.

La preuve dans cet extrait tiré d’un article du journal du régime de Guelleh, LA NATION, qui a accordé une interview au ministre des affaires étrangères le 30 novembre 2014, Mahamoud Youssouf parle, en cette période, il y a deux de trois projets d’envergures financés avec des millions d’euro provenant de l’aide financier internationale. Or, en 2016 nous assistons une aggravation récurrente de la pénurie d’eau gérée par l’inégalité découlant de la politique du régime mafieux de Guelleh.

Extrait tiré d’un article du journal du régime de Guelleh qui a accordé une interview au ministre des affaires étrangers le 30 novembre 2014 :« Djibouti va démarrer en 2015 trois projets d’envergure dans le cadre de la lutte contre la soif, a annoncé mardi dernier le ministre djiboutien des Affaires étrangères et porte-parole du gouvernement, Mahmoud Ali Youssouf, lors d’un point de presse.

Le premier projet est la construction de la première usine de dessalement d’eau de mer de Djibouti, d’une capacité de 22.500 m3 par jour, extensible à 45.000 m3, avec le financement de l’Union européenne (UE) à hauteur de 40,5 millions d’euros.

L’usine, qui sera alimentée par l’énergie renouvelable en provenance d’un parc éolien, fournira de l’eau potable à quelque 200.000 habitants, soit un quart de la population du pays, et surtout les quartiers défavorisés de la capitale, a-t-il précisé.

Le second projet consiste à amener de l’eau potable de Shinilé, ville de l’Éthiopie. “Ce mégaprojet, qui sera financé par la China Exim Bank, est estimé à 322 millions USD”, a affirmé Mahmoud Ali Youssouf.

Les Parlements des deux pays ont déjà donné le feu vert à ce projet transfrontalier. “Avec cette adduction d’eau transfrontalière, Djibouti recevra gratuitement chaque jour un volume d’eau potable de 100.000 m3 durant 30 années”, a déclaré le ministre djiboutien.

Le troisième projet à mettre en œuvre en 2015, a poursuivi Mahmoud Ali Youssouf, comprend la construction de neuf nouveaux forages, d’un débit total de 1,6 millions de m3, la réhabilitation du réseau d’eau potable de la capitale, et la réduction progressive du taux de perte globale d’eau dans le réseau.

Mahmoud Ali Youssouf a rappelé que Djibouti a achevé, avec le soutien de la FAO, la construction d’une adduction d’eau potable en milieu rural qui approvisionne quelque 1.500 ménages ruraux en eau, soit environ

9.000 bénéficiaires. Selon lui, la lutte contre la soif constitue une priorité absolue de la politique du gouvernement et demeure un combat de tous les jours.

“Avec tous ces projets, nous voulons fournir à nos concitoyens de l’eau en quantité et qualité suffisante, partout dans le territoire du pays et à un prix abordable.

Avec ces trois projets, nous voulons sonner la fin de ce goulot d’étranglement à tout développement économique que constitue la soif à Djibouti”, a-t-i1 dit.

Djibouti, dont la pluviosité annuelle moyenne est inférieure à 200 mm/an sur une grande partie du territoire national, est un pays très pauvre en eau. D’ailleurs, Djibouti est classée dans la catégorie des pays en situation de stress hydrique chronique.

Pour répondre à ce manque cruel de ressources en eau potable, ce petit pays de la Corne d’Afrique a mis en place depuis 2007 le Programme de mobilisation des eaux de surface et de gestion durable des terres (PRODERMO).

Ce projet, soutenu financièrement par la Banque mondiale, est aujourd’hui le fer de lance de la politique djiboutienne de lutte contre la soif. Lien – http://www.lanationdj.com/lutte-contre-soif-djibouti-lancera-trois-projets-denvergure-en-2015/»

Hassan Cher

Voici la vidéo publiée sur ‪internet par Abdi Aden Cheik Ali, pour laquelle il a été arrêté le 21/07/2016.

 

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