Djibouti : Même dans la mort, feu Djama Mahamoud Haïd continue à fabriquer des faux billets de banque.

Djibouti : Même dans la mort, feu Djama Mahamoud Haïd continue à fabriquer des faux billets de banque.

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Trois ans après son arrivé au pouvoir, Ismaël Omar Guelleh a voulu marqué son 1er mandat par l’émission des billets de banque connus chez les Djiboutiens sous l’appellation des billets de banque album.

Le Décret n° 2002-0106/PRE portant émission d’un nouveau billet de 5 000 FDJ vu publié dans le journal officiel de l’état djiboutien et signé le 23 juin 2002 et le Décret N° 2005-0101/PRE portant émission d’un nouveau billet de 1 000 FDJ vu publié et signé le 22 juin 2005 par Le Président de la République, chef du Gouvernement, ISMAÏL OMAR GUELLEH.

La Banque Centrale de Djibouti a mis en circulation les billets d’une valeur faciale de 5 000 FDJ (Cinq Milles francs Djibouti) et 1 000 FDJ (Mille Francs Djibouti) pour remplacer au cours de trois ans les anciens billets de banque de 5 000 FDJ et 1.000 FDJ.

Rien de de toute cela ! les anciens billets de banque de cinq mille et de mille francs Djibouti sont toujours plus nombreux des anciens modèles sur le marché djiboutien.

Plusieurs commerçants et banquiers de la place se sont plains discrètement de l’énorme masse des faux billets de banque qui circulaient dans le pays auprès du chef d’Etat-Major de la Gendarmerie national de l’époque, feu le Colonel Abdi Bogoreh Hassan assassiné le 23 avril 2014 de 6 balles dans le dos à 5 h du matin heure de Djibouti.

Le colonel précité avait parlé de l’affaire en question à Ismaël Omar Guelleh et ce dernier lui avait conseillé d’ignorer le sujet parce que c’est le service des renseignements qui enquêtait sur cette affaire depuis longtemps d’après lui.

En réalité, Guelleh avait envoyé balader l’ex-chef de la gendarmerie afin que ce corps ne mette pas son nez dans ce business des faux billets de banque parce que l’unité de fabrique des faux billets se trouvait, à l’époque, dans un hangar du port de Djibouti situé derrière l’ancienne gare du chemin de fer de Djibouti à la commune de Ras-Dika.

Cette unité de production des faux billets de banque était dirigée par l’ex-gouverneur de la banque centrale de Djibouti, feu Djama Mahamoud Haïd. Autre que l’ex-gouverneur de la BCD, le réseau comprenait la première dame du pays, Kadra Mahamoud Haid, Ismaël Omar Guelleh et le chef du Bureau Mouvements du Port de Djibouti (Ex-Capitainerie), Mohamed Moussa Abar dit Gaucher.

Cette unité des productions des faux billets de banque fabriquait des billets djiboutiens, surtout des anciens billets de banque de 5 000 FDJ et 1 000 FDJ, des billets éthiopiens —Birr —, des billets yéménites — Rial — et des faux dollars.

Ces faux billets étaient écoulés sur les marchés djiboutiens via les bancomats des banques de la place et à travers des commerçants yéménites et somalilandais sur les marchés éthiopiens, yéménites et kenyans. Les systèmes de transferts d’argent somalien dit Hawala ont aussi facilité la distribution de ces faux billets de banque.

Vu que le marché djiboutien commence à être saturé par ces faux billets de banque et vu les soupçons venant de certains pays occidentaux, Guelleh a ordonné aux enquêteurs de la gendarmerie nationale de lancer des investigations sur des prétendus trafics des faux billets de banque exploités par des étrangers.

Quelques semaines après, le 16 février 2019 à 06 heures, les enquêteurs de la Brigade Cheick Moussa et ceux de la Brigade PK 12 NORD ont interpellé un multirécidiviste connu dans le milieu de la contrefaçon des billets de banque. Pour ce faire, les enquêteurs de la Brigade Cheick Moussa ont effectué une opération appelée dans le jargon, une transaction surveillée.

Les gendarmes ayant été dirigés sur l’unité de production qui a déménagé depuis vers la commune de Balbala, loué une chambre au PK 12. Ensuite, ils se sont fait passer pour des commerçants souhaitant acheter 300 000 FDJ en faux billets de banque. En échange de 130 000 FDJ en vrai billet que les gendarmes lui ont remis, le réseau des malfaiteurs leur fournit une somme de 250 000 FDJ en faux billets de 5 000 FDJ et 1 000 FDJ.

Au cours de leurs auditions, les criminels ont déclaré qu’il se livre à ce commerce illicite depuis 2003. Selon lui, il a écoulé une somme estimée à 2 000 000 000 FDJ (Un milliard de nos francs) soit 12 millions de dollars US. Les gendarmes ont saisi des ordinateurs portables, des scanneurs et des imprimantes hautes définitions. Mais aussi une clé USB contenant l’emblème national imprimé sur les billets de banque que seule la banque centrale de Djibouti était censée garder dans un coffret fort.

Feu Djama Mahamoud Haïd continue-t-il, à l’au-delà, de nous emmerder avec ses faux billets de banque ?

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared