Djibouti : Un peu d’histoire sur le système mafieux qui s’accapare du pouvoir dans le pays dès juin 1977

Casho ou Maco - Djibouti - MafiaHassan Gouled Aptidon, Président de la République

Né en 1916 à Djibouti, d’ethnie Issa Mamassan et musulman, Hassan Gouled est d’origine modeste. Après avoir exercé divers petits métiers, il entre en politique en 1947 dans le sillage de Mahmoud Harbi.

Membre du Conseil représentatif de la Côte française des Somalis, sénateur puis député gaulliste du territoire, membre du gouvernement local, il se distingue par un certain charisme, acquiert au fil du temps une expérience politique certaine et devient l’une des figures incontournables de la vie publique locale.

Dès les débuts de la Cinquième République, il milite pour l’autonomie, puis, à partir de 1968, pour l’indépendance du Territoire Français des Afars et des Issas. Devenu la figure emblématique des intérêts Issas, il réussit en 1977 à provoquer la chute du président afar Ali Aref Bourhane et à se faire élire par acclamation devant la Chambre des députés le 24 juin 1977. Réélu une première fois en 1987, il occupe depuis près de quinze ans la magistrature suprême d’où il veille avec attention, prudence et pragmatisme sur les intérêts de son ethnie largement confondus avec ses intérêts personnels.

La Constitution djiboutienne lui interdit cependant de briguer un troisième mandat. L’exercice relativement solitaire du pouvoir auquel il s’est livré ne lui a pas permis de préparer sa relève. Les pressions extérieures pour une plus grande démocratisation de la vie publique et un exercice réel du multipartisme menacent donc la dominance familiale qu’il a longuement élaborée.

Matois, rusé, réservé mais sachant séduire, Hassan Gouled a une solide expérience des habitudes politiques et administratives françaises. Il sait, à point nommé, séduire ou culpabiliser, menacer ou apitoyer ses interlocuteurs français indispensables à la sécurité, la stabilité et surtout la prospérité d’un pays divisé, inhospitalier et sans ressources réelles autres que la rente de son exceptionnelle position stratégique.

Ces derniers temps, le président Gouled a paru relativement accablé par l’ampleur des problèmes posés par sa succession et par l’insertion de son pays dans un contexte régional particulièrement troublé. Malgré la montée des périls il n’a pas renoncé à son traditionnel estivage de deux mois dans sa villa de Divonne-les-Bains.

Il est vrai que depuis plusieurs années son neveu et chef de cabinet, Ismaïl Omar Guelleh, son directeur de cabinet, Ismaïl Guedi Hared et son épouse Aïcha Bogoreh, assurent, avec des méthodes assez personnelles, le maintien du pouvoir Issa Mamassen à Djibouti.

Dans la tradition des équilibres claniques à Djibouti, l’épouse du Président est d’ethnie Horone. Il semble cependant qu’elle ait cessé de jouer son rôle de liaison entre les clans, privant les Horones d’un accès aux bénéfices attendus de l’exercice du Pouvoir et les rejetant dans l’opposition au Président. Elle est en revanche extrêmement attentive à ses intérêts personnels et est la principale actionnaire de la société SOGIK qui importe et exporte le Khat ou qât (la drogue de l’Afrique de l’Est et de la péninsule arabique). Dernièrement, elle a réussi, de connivence avec Ismaïl Omar Guelleh, à faire évincer le Ministre des Finances Mohammed Djama Elabeh, considéré comme « l’homme des Français » et chargé de moraliser la vie publique locale, pour le faire remplacer par l’un de ses cousins, Moussa Buraleh Robleh, moins sourcilleux sur l’utilisation des deniers de l’État par le clan présidentiel.

 

Ismaïl Omar Guelleh, Chef de Cabinet du Président

Né le 27 novembre 1947 à Dire Dawa en Éthiopie, Ismaïl Omar Guelleh est le neveu et, en quelque sorte, l’héritier du Président auquel sa femme n’a pas donné d’enfant.

Après des études en Éthiopie, il entre dans la police de Djibouti au service des Renseignements Généraux mais milite au sein du parti indépendantiste animé par Hassan Gouled. Il met alors à profit ses activités professionnelles pour acquérir les renseignements et recruter les informateurs nécessaires à porter son oncle au Pouvoir et à asseoir sa propre influence.

En 1979, il est nommé chef de cabinet et chargé de la sécurité de la Présidence. Confirmé dans ses fonctions en 1985, il est officiellement chargé de la police et des renseignements politiques.

Intelligent et habile, Ismaïl Omar Guelleh est totalement corrompu, affairiste, ambitieux, sans aucun scrupule moral ou humain. Ses brutalités, son comportement scandaleux et sa richesse ostentatoire le rendent particulièrement impopulaire.

Il tient son pouvoir de l’étroit contrôle qu’il a réussi à instaurer sur les services de sécurité intérieurs et extérieurs de l’État. Cette emprise lui a permis de prendre la tête du « noyau dur » de Mamassan qui entend bien se maintenir au pouvoir et en conserver les avantages malgré l’échéance électorale de 1993 et le nécessaire départ d’Hassan Gouled. Dans le même temps il s’estime « sanctuarisé » par la présence politique et militaire française. Il faut reconnaître que le silence apparemment consentant avec lequel Paris accueille toutes ses initiatives ne peut que le renforcer dans sa conviction.

Sa volonté de conserver le pouvoir l’a conduit à resserrer le dispositif de l’État autour de la famille en provoquant l’élimination du personnel politique suspect de tiédeur à l’égard de ses visées, comme le ministre des finances Mohammed Djama Elabeh, ou plus récemment le ministre de l’intérieur Khaireh Allaleh Hared.

Parallèlement il a fait intensifier la lutte contre les opposants au régime, en particulier contre les afars, au point de provoquer un risque important de réaction armée chez ces derniers qui se trouvent maintenant appuyés par l’importante communauté afar d’Éthiopie. Mais son action vise aussi les autres somalies hostiles à sa réussite, qu’il contribue à rejeter peu à peu dans une opposition indifférenciée.

Enfin, pour assurer une surreprésentation décisive de son clan et de ses soutiens en cas de confrontation électorale, il s’est lancé dans des opérations complexes de récupération des minorités de Somalie. Mettant à profit l’état d’anarchie prévalant dans ce pays il a créé et financé des mouvements dans le nord de la Somalie (USN) et dans la région de Dire Dawa en Éthiopie, espérant ainsi jouer un rôle dans le règlement régional et pouvoir intégrer à Djibouti les éléments extérieurs susceptibles de renforcer numériquement son clan.

Cette politique extérieure aventuriste n’a connu jusqu’à présent que des succès limités. En revanche elle a provoqué l’inquiétude puis la rancœur des pays voisins qui ont peu apprécié cette exploitation de leurs problèmes internes et commencent à penser que la France, qui ne dit mot, soutient ou au moins tolère cette forme d’ingérence. Des réactions violentes ou déstabilisatrices ne sont pas à exclure, tant de la part de l’Éthiopie que de la Somalie. Certes le conflit avec cette dernière a provoqué un rapprochement entre Djibouti et Mogadiscio, mais le pouvoir dans le sud-somalien est encore trop instable et incertain pour constituer un allié utile. Seules les troupes françaises se retrouveraient en première ligne en cas d’incident grave, mais sans en avoir maîtrisé les causes et les raisons.

 

Ismaïl Guedi Hared, Directeur de Cabinet du Président

Né vers 1939 à Djibouti, Ismaïl Guedi Hared, un Issa Sade-Moussa, a reçu une double éducation à la fois traditionnelle et française. Il se dit très attaché à ses racines et à l’Islam. Diplômé de l’École des hautes études d’outre-mer et de l’Institut des sciences sociales et du travail, il a commencé sa vie professionnelle comme inspecteur adjoint du travail à Djibouti.

Dès la fin de ses études, il a commencé à militer pour l’indépendance du territoire au sein du parti du Président Hassan Gouled et a participé en 1977 à la conférence de Paris qui devait consacrer cette indépendance. Il est nommé en 1978 directeur de cabinet du Président et a occupé sans discontinuer ce poste.

Timide et réservé, Ismaïl Guedi est d’un abord difficile. Fuyant la confrontation directe, ambigu, il donne, quand il ne peut éviter le contact, l’impression d’être conciliant. Ses actes démentent ensuite ses paroles.

Déférent, presque obséquieux à l’égard de ceux qu’il considère comme ses supérieurs, accommodant en présence de ses subordonnés, il se montre sans égards, emporté, violent dès qu’il se retrouve seul. Nerveux, agité, il s’exprime alors par gestes péremptoires.

Se disant tiers-mondiste convaincu, il dénonce volontiers le colonialisme et ses collaborateurs tout en usant de clichés usés. Il affectionne les proverbes et maximes dont il aime, pas toujours à bon escient, émailler ses conversations.

Il travaille beaucoup mais sans aucune méthode, perdant beaucoup de temps, s’attachant à des problèmes mineurs sans souci des priorités, donnant des ordres contradictoires. Il s’est fait une spécialité de recevoir les visiteurs locaux du Président auxquels il consacre beaucoup de temps, participant ainsi à l’isolement de Hassan Gouled.

Contrepoids naturel à l’influence d’Ismaïl Omar, il manque en fait d’envergure pour assumer ce rôle que le Président entendait sans doute lui faire jouer. Il a tenté à plusieurs reprises de s’opposer aux décisions du chef de cabinet, notamment en menant des « intrigues de cour » destinées à promouvoir des ennemis de son rival ou à empêcher leur éviction. Ses efforts ont rarement été fructueux et il ne semble guère enclin à des initiatives qui, en l’opposant ouvertement à la famille présidentielle, risqueraient de lui coûter sa place.

Cette dernière lui a en effet permis de constituer un patrimoine important qu’il gère d’ailleurs avec sagesse discrétion et sans esprit d’aventure.

 

Ali Mehidal Waiss, Chef d’Etat-Major Général

Né vers 1935 à Djibouti, Ali Bogoreh Hoche, dit Ali Mehidal Waiss, est un Issa Walaldon originaire de la région de Hadhagalla en Éthiopie. Après une enfance très difficile, il s’enfuit de son milieu familial vers l’âge de dix ans et s’installe à Djibouti comme petit vendeur de Khat ou qât. Âgé de quinze ans, il s’inscrit à des cours du soir et passe avec succès le concours d’entrée dans la Gendarmerie à la fin des années soixante.

Promu au grade de sergent en 1976, il effectue un stage de formation aux écoles de gendarmerie de Melun et de Fréjus. Espérant obtenir le commandement de la Gendarmerie au moment de l’indépendance, il est supplanté dans ce poste par un officier afar, le Commandant Kassem Aïssamo auquel une rixe l’opposera.

À sa propre surprise, le Président Hassan Gouled l’élève en 1978 au grade de lieutenant-colonel et lui confie le poste de Chef d’État-major des Armées. En fait, l’homme est devenu l’objet d’un enjeu de pouvoir entre Ismaïl Guedi Hared, dont il est l’ami, et Ismaïl Omar Guelleh.

Son pouvoir reste en grande partie symbolique puisque le Président est le chef nominal des Armées et que l’importante caserne des blindés « Cheikh Osman » échappe à son autorité, placée sous l’autorité exclusive du Commandant Zakaria Cheikh Ibrahim, Issa Mamassen proche cousin de Guelleh.

Soupçonné par le chef de cabinet du Président d’avoir organisé son propre réseau de renseignements, il est envoyé en « stage » à l’École supérieure de guerre de Paris en 1982. A son retour, Ismaïl Guedi Hared obtient du Président qu’il soit promu Général de brigade et réintégré dans ses fonctions.

Fidèle au Président et à Ismaïl Guedi, il a coupé tous liens avec sa communauté d’origine et entretient de bons rapports avec le commandement militaire français. Il n’a toutefois pas désarmé la méfiance d’Ismaïl Omar qui organise contre lui des cabales dont la mise en œuvre est facilitée par un comportement personnel qui n’est pas au-dessus de tout soupçon.

Ali Mehidal Waiss, comme beaucoup de responsables djiboutiens, confond assez volontiers les deniers de l’État avec sa cassette personnelle. Il n’hésite pas à mettre à contribution ses subordonnés et s’était rendu célèbre en 1985 en prélevant 5% de la solde de tous les militaires djiboutiens pour se payer une Mercedes blindée…

Les efforts d’Ismaïl Omar, qui voyait en lui un pôle de résistance à sa mainmise sur l’appareil d’État, ont fini par être couronnés de succès en 1991. Mis en cause dans des affaires de prévarication et de détournements de fonds, Waïss a été la cible de plusieurs missions d’enquête, dont certaines menées avec une assistance technique française, qui ont toutes conclu à de graves malversations compromettant la capacité opérationnelle de l’armée djiboutienne.

Abandonné par Ismaïl Guedi Hared, le CEMGA s’est plaint au Président des manœuvres dont il avait été l’objet, accusant pêle-mêle ses collègues officiers, le « parti de l’étranger » et les services spéciaux français dont on devine en filigrane qu’ils ont, à ses yeux, partie liée avec Ismaïl Omar Guelleh, opinion sans fondement mais largement répandue dans le territoire.

Après avoir semblé se résigner à son éviction, Waïss paraît, depuis quelques jours avoir adopté une attitude plus offensive.

C’est qu’entre temps les excès intérieurs et extérieurs d’Ismaïl Omar et le laisser faire du Président ont donné un tour nouveau aux problèmes politiques de Djibouti. L’étau de l’USF (rébellion issa au nord de la Somalie) et des Afars d’Éthiopie se resserre. Les uns et les autres, après une phase d’affaiblissement dont les services djiboutiens ont amplement profité, opèrent une remontée en puissance, bien décidés à briser la volonté d’hégémonie Mamassan.

À l’intérieur, l’opposition afar et même Issa s’organise, stimulée par les excès de la répression et l’accaparement du pouvoir par le clan présidentiel. Une coalition légale bénéficiant de l’appui de plusieurs ministres, dont Mohammed Djama Elabeh, et de celui plus discret d’Ismaïl Guedi entend convaincre le Président Gouled de jouer le jeu démocratique. Plus radicale, l’opposition afar, organisée au nom de son leader emprisonné Ali Aref, autour de Aden Robleh Awaleh (un issa – père de l’indépendance de Djibouti) et de Ali Mirah (un grand Sultan Afar de l’Ethiopie) fait planer la menace sans cesse plus immédiate d’un passage à l’action directe et violente.

Cette montée des périls pourrait être entravée si le pouvoir djiboutien acceptait de jouer, sinon le jeu démocratique, ce dont il semble incapable, au moins les jeux claniques traditionnels. Une candidature afar modérée, comme celle d’Ahmad Dini par exemple, serait susceptible de rallier à la fois les Afars et la plupart des clans somalis tout en préservant une représentation modeste aux Mamassans.

Le Président ne paraît cependant pas avoir encore pris la mesure de la menace et des mesures nécessaires pour y faire face. Il semble bien qu’Ismaïl Omar soit encore persuadé que la politique du pire doive nécessairement amener la France, soucieuse de la stabilité du pays, à s’engager dans sa défense et donc celle de la domination du clan familiale au pouvoir.

 

Ismaïl Ali Youssouf, Ministre de la Défense

Né en 1940 à Mabla, au nord de Tadjourah, Ismaïl Ali Youssouf est un Afar Oulanto issu d’une famille rurale relativement modeste. Après des études primaires sans relief, il entre en 1956 au service des contributions.

Vers 1966, il prend parti pour le leader indépendantiste afar Ahmad Dini. Nommé contrôleur des contributions la même année et affecté au port de Djibouti, fief économique afar, en 1968, il en est licencié en 1969 par le Président Ali Aref Bourhane pour des raisons mal élucidées. Il en concevra une haine tenace bien qu’il ait été réintégré dans ses fonctions l’année suivante.

De 1970 à 1975 il complote contre le régime avec le front afar dissident du sultan Ali Mirah et, en 1976, participe activement à la fronde qui provoque la chute d’Ali Aref. En 1977 il se présente à la députation sur la liste du mouvement fondé par Hassan Gouled et est élu aux côtés d’Ahmad Dini. Nommé ministre de la Justice dans le gouvernement de ce dernier, il s’oppose rapidement à lui au point de préparer son élimination physique et mène un vigoureux politique anti-Afar.

Il perd son portefeuille en 1978 et se lance alors dans des affaires peu claires tant sur le plan financier que politique. Toujours partisan de Ali Mirah, en contact étroit avec Aden Robleh Awaleh, mais aussi Ismaïl Omar Guelleh, il entreprend des actions de subversion et d’agitation politique en Somalie et en Éthiopie.

Soupçonné de trafic de drogue, il est arrêté en Arabie Saoudite en 1980 puis relâché à la demande du gouvernement djiboutien. Impliqué dans plusieurs assassinats d’opposants afars au sultan Ali Mirah, il ne sera jamais inquiété par la justice. Ces diverses activités paraissent rémunératrices puisque de 1980 à 1986 il acquiert des parts de capital dans plusieurs sociétés commerciales locales, dont la concession régionale de Mercedes. Déclaré en faillite frauduleuse en avril 1986, il poursuit malgré tous ses activités financières au moyen de différents artifices.

Réélu député de Tadjourah en 1987, il est nommé successivement Ministre de la fonction publique la même année, puis Ministre de la défense en 1990. Après avoir affecté de se rapprocher de Ahmad Dini et de Ali Aref pour constituer un front d’opposition politique afar uni, il est le principal artisan du démantèlement de ce front et de l’opération anti-afar de janvier 1991 qui, sous prétexte de l’imminence d’un coup de force, enverra les principaux dirigeants de cette communauté, dont Ali Aref, dans les geôles d’Ismaïl Omar.

Fruste, corrompu, brutal, Ismaïl Ali Youssouf se comporte comme un parrain maffieux dont il a adopté les méthodes et les techniques. Son itinéraire politique et personnel est jalonné dès l’origine d’assassinats, de violences physiques, de détournements de fonds et d’activités crapuleuses diverses qui lui ont valu de nombreuses rancœurs. Celles-ci ont pris un tour nouveau depuis qu’est apparu son rôle moteur dans la répression anti-Afar. Considéré comme un renégat et un traître, tant par les Afars de Djibouti que par ceux d’Éthiopie, il a clairement choisis son camp et son sort est lié à celui du clan présidentiel au pouvoir. Aux yeux des Afars, il est supposé disposer du soutien de la France et en particulier du commandement militaire local qui paraît fort accommodant à son égard. Cette confusion pourrait se révéler politiquement compromettante à court terme.

Alain.C


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