Kenya: attaque manquée contre des touristes britanniques le jour du cinquantenaire de l’indépendance
La sécurité a été renforcée jeudi dans la ville côtière de Mombasa après une attaque à la grenade manquée contre un minibus transportant deux touristes britanniques, rare agression dirigée spécifiquement contre des touristes au Kenya et qui intervient le jour où le Kenya célèbre le cinquantenaire de son indépendance.
La grenade a heurté le véhicule avant d’atterrir au sol sans avoir explosé, a précisé la police. « Nous avons renforcé la sécurité dans la région », a ajouté Robert Kitur, chef de la police de Mombasa. Cette attaque intervient le jour où le Kenya fête le cinquantenaire de son indépendance du Royaume-Uni.
Les festivités ont commencé à minuit, quand le drapeau kényan a été érigé à l’Uhuru Gardens – les jardins de la liberté –, à l’endroit précis où le drapeau britannique avait laissé la place au kényan il y a 50 ans.
Le président Uhuru Kenyatta, élu en mars, a rejoué un autre moment d’histoire en s’adressant à la Nation comme son père, Jomo Kenyatta, premier président du Kenya indépendant, le fit cinq décennies plus tôt.
Pour ce cinquantenaire, Nairobi a ravivé la flamme patriotique dans des publicités à la gloire des combattants Mau Mau, insurrection symbole dans l’accès à l’indépendance.
Des défis majeurs à relever
Mais pour de nombreux Kényans, l’heure est aussi au bilan : la société est ultra-inégalitaire, meurtrie par des violences ethniques qui, depuis 50 ans, ont jalonné la plupart des échéances politiques, culminant fin 2007 et début 2008 par des massacres d’ampleur sans précédent. La classe dirigeante est classée parmi les plus corrompues.
Au-delà des violences ethniques – qui valent au président Kenyatta et à son vice-président William Ruto une inculpation devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité – –, l’histoire post-coloniale kényane est jalonnée de moments sombres : accaparement de terres par une élite, assassinats politiques dès l’ère Kenyatta père, instauration d’un régime de parti unique et tortures par centaines sous la présidence de son successeur Daniel arap Moi…
En 2010, les Kényans ont voulu tourner une page, adoptant, près de 20 ans après le rétablissement du multipartisme, une nouvelle Constitution censée renforcer les bases de la démocratie, engager une réforme foncière, panser les plaies des violences ethniques. Mais encore peu suivie d’effets.
Le Kenya se pose en puissance régionale, vient de lancer un important projet ferroviaire vers l’Ouganda, modernise son port congestionné de Mombasa et, là où de nombreux pays peinent encore à sortir de la crise, affiche des taux de croissance enviables : 4 % en 2012, 5,5 % prévus en 2013


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