Djibouti : le vrai visage du projet portant sur le statut de l’opposition à Djibouti

statut de l'oppositionLa démocratie

La démocratie est un processus qui implique la participation de tous les citoyens : des hommes et des femmes qui représentent toutes les forces politiques et sociales du pays. Dans l’arène politique, il faut par conséquent que l’opposition, à savoir les partis ou formations politiques et individus qui ne font pas partie de la majorité au pouvoir, soient en mesure de participer de façon significative au processus démocratique.

En politique, l’opposition désigne l’ensemble des mouvements et partis qui s’opposent aux forces politiques détenant le pouvoir. Dans un régime représentatif (avec un parlement élu les citoyens), l’opposition est l’ensemble des partis qui n’appartiennent pas à la majorité parlementaire ou à la coalition au pouvoir.

Élément essentiel du pluralisme démocratique, l’opposition exprime ses divergences et ses points de vue critiques par rapport à l’action du gouvernement. Elle ne peut exister que si le système politique est organisé et reconnaît ses droits. Si sa lutte est clandestine, on parle de résistance.

En démocratie, l’opposition permet aux citoyens d’être informés de manière contradictoire sur la politique conduite par le gouvernement et de leur proposer une alternative politique sur la base d’un programme qui doit être réalisable ( alternance).» Il s’agit d’une exigence démocratique.

Statut de l’opposition

En droit, le statut peut être défini de manière matérielle ou de manière formelle. Dans son sens matériel, il désigne l’ensemble des règles qui s’appliquent à une personne, à une catégorie de personnes ou à une institution, ainsi que la condition juridique qui en résulte. Dans une approche formelle, il a trait au document ou à l’écrit qui établit les règles visées dans la définition matérielle. Le statut de l’opposition peut donc être défini comme l’ensemble de « toutes les règles…de nature diverse…, écrites ou non écrites…, garantissant les moyens politiques, juridiques et financiers de pouvoir se conduire comme un contrepouvoir réel face à la majorité. Ce statut devra comprendre notamment des droits d’information, des droits protocolaires, le droit de créer une commission d’enquête. De même, la présidence de certaines commissions parlementaires qui devront être libre laisser aux partis minoritaires ou oppositions dans le parlement, car c’est une garantie d’une démocratie irréprochable

En se référant au statut-type de l’opposition adopté à l’unanimité au cours du séminaire parlementaire sur les relations entre partis majoritaires et minoritaires dans les parlements africains à Libreville, Gabon, le 17–19 mai 1999, le gouvernement djiboutien devrait élaborer un texte de portée plus vaste sur les droits et devoirs de cette opposition. Cette initiative doit être fondée sur les principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’homme (Nations Unies, 1948), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (Nations Unies, 1966), la Déclaration sur les critères pour des élections libres et régulières (Union interparlementaire, 1994) et la Déclaration universelle sur la démocratie (Union interparlementaire, 1997). Ce dernier instrument énonce notamment que : « La démocratie vise essentiellement à préserver et promouvoir la dignité et les droits fondamentaux de l’individu, à assurer la justice sociale, à favoriser le développement économique et social de la collectivité, à renforcer la cohésion de la société ainsi que la tranquillité nationale et à créer un climat propice à la paix internationale. En tant que forme de gouvernement, la démocratie est le meilleur moyen d’atteindre ces objectifs; elle est aussi le seul système apte à se corriger lui-même. » (Article 3) « Il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires publiques, où hommes et femmes agissent dans l’égalité et la complémentarité s’enrichissant mutuellement de leurs différences. » (Article 4) « L’état de démocratie garantit que les processus d’accession au pouvoir et d’exercice et d’alternance du pouvoir permettent une libre concurrence politique et émanent d’une participation populaire ouverte, libre et non discriminatoire, exercée en accord avec la règle de droit, tant dans son esprit que dans sa lettre. » (Article 5) « L’élément clé de l’exercice de la démocratie est la tenue à intervalles périodiques d’élections libres et régulières permettant l’expression de la volonté populaire (. . .). » (Article 12)

Ce qui n’est pas le cas à Djibouti malgré la mise en application d’une constitution dite démocratique depuis 1992.

L’opposition est perçue par les gouvernants comme une hérésie par rapport aux valeurs « politiquement correctes » du moment. Porteuse de valeurs destructrices du système monolithique en vigueur, elle ne pouvait qu’être combattue jusqu’à la dernière énergie par le régime clanico-mafieux de GUelleh en place depuis l’indépendance. Une telle situation ne pouvait être que provisoire, car la soif de justice, de liberté et de participation finit toujours par prendre le dessus sur la soumission à l’arbitraire.

La Prière Funéraire AL-JINAZAH pour le statut de l’opposition

Le projet de  loi portant statut de l’opposition a suscité de la part de tous les citoyens djiboutiens une inquiétude et en particulier chez l’USN une tension palpable qui risque de caser l’union. Quand finira-t-on d’instrumentaliser les lois dans notre cher Djibouti? Tous les citoyens savent que les lois ont un caractère impersonnel et général. Autrement dit, une loi ne peut être faite selon la tête du client et aux desiderata d’un tyran ou mafieux, un   peu comme la mentalité du parti de Guelle « dont le droit à la vie est reconnu au citoyen en fonction de sa capacité à courbe l’échine ». Hélas, c’est à ce jeu malsain que nous invitent le régime de Guelle à l’adoption du   projet de loi portant sur le statut de l’opposition. Si son application n’est pas prioritaire dans les attentes du peuple, on ne peut s’empêcher de noter que l’objectif visé est de semer davantage de confusion dans l’opposition d’un côté et entre les lois de l’autre côté.

Dans le projet portant sur le statut de l’opposition en cours actuellement à Djibouti, le régime de Guelleh y a mentionné qu’il s’appliquera à certains partis, ceux qui ont une faiblesse découlant du travail en sous-marin du régime, et non à d’autres, ceux dits incontrôlables.

Ainsi, ce projet controversé  semble être une répétition de Loi n°1/AN/92/2e L relative aux partis politiques en République de Djibouti sans oublier que cette dernière avait utilisé pour faire barrage à l’enregistrement de certains partis et la diabolisation du MRD sous des fausses chefs d’accusation fabriqués dans les locaux de la police politique.

Le régime presse l’USN à signer le projet controversé en question parce qu’il n y a pas derrière une pensée saine et objective mais un coup bas de plus afin de faire obstruction à la velléité de l’USN et la volonté du peuple pour l’instauration de la démocratie et de l’état de droit.

Mais ce qui est regrettable dans cette affaire est le fait que 3 partis politique sur le 6 qui composent la coalition sont favorables à la signature dédite projet parce qu’il fait référence, dans une phrase, des subventions qui seront versés aux partis acceptés par le parti au pouvoir ou régime de Guelleh.

Non à des lois mercantiles !

Oui à la démocratie !

Oui à la chute du régime de Guelleh !

Vive la république de Djibouti !

Hassan Cher Hared


 Share

Share this post:

Recent Posts

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :