Djibouti / Éthiopie / Soudan: Les nouvelles forces navales éthiopiennes,  seront-elles au Port-Soudan  ou celui de Tadjourah?

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Les nouvelles forces navales éthiopiennes,  seront-elles au Port-Soudan  ou celui de Tadjourah?

24 Mai 1993.

L’Ethiopie est enclavée depuis qu’elle a permis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, et laissé la ville d’Assab aux Érythréens perdant ainsi les ports de la mer Rouge (Assab et Massaoua) qui lui servaient auparavant de débouchés extérieurs.

28 avril 2016.

Le Ministre djiboutien de la Défense Hassan Darar, et son homologue éthiopien Siraj Fegessa, ont signé, le jeudi 28 avril 2016, « un protocole de coopération globale dans les domaines sécuritaire et militaire » entre les deux pays, selon la télévision d’Etat djiboutienne. Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion de la Commission militaire mixte entre Djibouti et l’Éthiopie, qui s’est tenue jeudi, dans la capitale, Djibouti, avec la participation du chef d’état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, et son homologue éthiopien, le général Samora Younis. Dans son discours, au cours de la signature de l’accord précité, le chef d’état-major des forces djiboutiennes, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, dit clairement : « l’armée éthiopienne va nous aider à combattre des éléments indésirables à l’intérieur du pays et nos actions conjointes ne se limiteront pas à nos frontières mais là où il y aura besoin. » Les propos tenus par le général djiboutien sont très graves et surprenants parce qu’il déclare ouvertement que les soldats de l’armée éthiopienne en uniformes peuvent opérer librement sur le territoire djiboutien

12 décembre 2012.

En présence du nouveau Premier ministre éthiopien, Halié Mariam Desalegn,  le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a lancé, le 12 décembre 2012, les travaux d’un port en eaux profondes à Tadjourah. Le projet a bénéficié du Financement du Fonds arabe pour le développement économique et social (Fades) à hauteur de 61 millions de dollars, et le Fonds saoudien de développement (FSD) pour un montant de 25 millions.

15 juin 2017.

Le président Ismaïl Omar Guelle a inauguré le  jeudi 15 juin 2017 le nouveau port de Tadjourah dédié à l’exportation des minerais éthiopiens dont la construction a été confié à une société chinoise, Bao Ye Hubei Construction (DJI FU SARL). La cérémonie inaugurale a eu lieu en présence des sultans de Tadjourah et du Gobaad et des autorités politiques du pays. Le ministre éthiopien des Transports, M. Ahmed Chideh, était également présent. Désormais, Tadjourah est de nouveau l’une des portes d’entrée de l’Ethiopie. On peut étudier ces ports comme un signe possible d’une politique de décentralisation. Avec ces nouveaux ports, il s’agit de redonner aux régions des éléments d’attractivité. Cette décentralisation ne serait pas d’ordre politique mais économique. Enfin, l’établissement des ports dans les villes côtières secondaires vise à renforcer l’attraction de ces villes sur des populations en voie de sédentarisation.

28 octobre 2017.

Les jeunes chômeurs de Tadjourah ont manifesté pour protester contre le fait qu’ils ont tout simplement été interdits de concourir pour le recrutement du personnel devant travailler au nouveau port de Tadjourah.  L’Éthiopie réagit à la montée des tensions dans la ville blanche et à Guelleh de résoudre ces réclamations des jeunes par la voie pacifique.

28 avril 2018.

Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Meles Alem, a déclaré qu’Abiy Ahmed a fait son premier voyage à l’extérieur à Djibouti pour souligner que l’amitié de Djibouti avec l’Ethiopie était particulière. Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, et Abiy Ahmed ont eu des discussions sur des questions bilatérales, L’intégration économique entre les deux pays figurait parmi les points à l’ordre du jour de la discussion et un accord a été conclu pour le concrétiser. Les deux dirigeants ont également discuté des problèmes de sécurité dans la Corne de l’Afrique et de la meilleure façon de coordonner leurs efforts pour maintenir la sécurité dans la région, selon le rapport du porte-parole.

2 mai 2018.

Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed Ali, s’est rendu le mercredi  au Soudan, dans le cadre d’une visite officielle de deux jours. Il s’agit de sa deuxième visite à l’étranger, depuis son entrée en fonction début avril dernier. Selon l’agence de presse éthiopienne (ENA, Officiel), Abiy Ahmed discutera avec le président soudanais, Omar el-Béchir, des relations bilatérales ainsi que des questions régionales et internationales d’intérêt commun.

14 mai 2018.

La jeunesse Tadjourienne s’est de nouveau manifestée pour exprimer leur refus d’injustice lors de l’embauche au Port de Tadjourah.  La Police a usé de force pour réprimer cette manifestation. Sur 120 travailleurs recrutés pour le port de Tadjourah, la jeune tadjourienne ne représente pas 1% de l’effectif.

16 mai 2018.

Le ministère érythréen de l’Information, Yemane Gebre Meskel, a publié le mercredi 16 mai 2018 un communiqué de presse accusant ses pays voisins, le Soudan et l’Ethiopie, de conspirer pour soutenir les groupes rebelles érythréens. Le communiqué précisait que l’Ethiopie et le Soudan s’étaient mis d’accord pour déployer des groupes d’opposition armés érythréens le long de leurs frontières avec l’Érythrée afin de favoriser les attaques éclair contre ce pays de la mer Rouge. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères, Workneh Geneyehu, a qualifié le dimanche 20 mai 2018 d' »infondées »  les allégations de l’Érythrée selon lesquelles l’Ethiopie travaillait avec le Soudan pour soutenir les mouvements rebelles érythréens.

1 juin 2018.

L’Ethiopie enclavée envisage de construire une marine, a déclaré le Premier ministre Abiy Ahmed lors d’un briefing avec les chefs de la Force de défense nationale du pays suite à des tensions à caractères ethniques constatées entre les supérieurs de l’armée.

« Suite aux efforts déployés pour renforcer les capacités de notre défense nationale, nous avons construit l’une des forces terrestres et aériennes les plus puissantes en Afrique mais nous devrions aussi renforcer notre capacité de la force navale à l’avenir « , a indiqué vendredi 1 juin 2018 Abiy.

L’Ethiopie dispose actuellement d’une Institut de formation maritime civil éthiopien sur le lac Tana. Il forme plus de 500 ingénieurs et techniciens électromécaniciens chaque année et prévoit d’augmenter ce chiffre à plus de 1.000 officiers par an, selon son site internet.

En mai, le gouvernement d’Abiy a accepté de collaborer au développement du Port-Soudan sur la mer Rouge et a convenu avec Djibouti d’échanger des actions dans les ports en contrepartie des actions dans la compagnie aérienne et les télécommunications appartenant à l’Etat d’Addis-Abeba. Il a également acquérir des terrains au port de Lamu au Kenya pour « faciliter la logistique », selon un communiqué conjoint publié à l’issue d’une réunion entre Abiy et le président kényan Uhuru Kenyatta. Plus tôt au début de cette année, l’Éthiopie avait pris une participation dans le port de Berbera de la  Somaliland, une région semi-autonome de la Somalie qui aspire à un État.

En conclusion

Bien que l’Éthiopie diversifie ses points d’accès à la mer, deux pays peuvent servir de bases à la future force navales éthiopienne, Djibouti et le Soudan. Il n’est pas sûr que Khartoum accepte les bateaux de guerre éthiopiens au Port-Soudan tant que la tension sur l’eau du Nil persiste entre Addis-Abeba et le Caire. Des sources proches du régime djiboutien laissent entendre que Guelleh a déjà proposé à Abiy Ahmed d’utiliser le port de Tadjourah comme port commercial et militaire à la fois.

Si un port peut être commercial et militaire à la fois ?

La Mauritanie a posé la première pierre du port militaire et commercial  le mardi 6 décembre 2016 à l’embouchure du fleuve Sénégal. Ce projet stratégique pour le gouvernement de la Mauritanie, sera construit par la société chinoise Polytechnology, également connues pour ses activités dans l’industrie de l’armement. Le projet financé par le fonds propre de l’Etat mauritanien coûtera 325 millions de dollars, soit environ 125,7 milliards d’ouguiyas mauritaniens. La nouvelle infrastructure disposera d’un port militaire à quai accostable des deux bords, d’une base navale, d’un port de pêche d’une capacité de sept quais de débarquement, un chantier naval d’une capacité de 70 navires par an, un quai de commerce pouvant recevoir plusieurs bateaux de 180 mètres de long et un point de débarquement pour la pêche artisanale.

 

Hassan Cher

 


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Authored by: Hassan Cher Hared

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