Éthiopie : Addis-abeba utilise l’état d’urgence pour mieux cibler l’opposition et les contestations populaires.
Le 8 octobre 2016, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence après que les protestations se sont intensifiées en réaction à la répression musclée du gouvernement lors d’une fête religieuse Oromo le 02 octobre 2016. Les forces gouvernementales ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles dans la foule réunie pour la célébration.
Les Oromo ont protesté pendant des mois, en disant qu’ils sont persécutés et marginalisés par le gouvernement dirigé en sous-main par une élite Tigray du TPLF.
L’opposition parle de plus de 500 personnes tuées dans la bousculade, mais le gouvernement estime à environ une cinquantaine de décès.
L’opposition s’inquiète du marge de manœuvre que donne cette dernière décision imposant l’état d’urgence aux forces de sécurité qui réprimeront, assassineront et tortureront sans incrimination.
« Les forces de sécurité ont maintenant le droit d’arrêter quelqu’un sans mandat. Ils peuvent arrêter les médias. Ils ont déjà coupé l’Internet pour les 10 derniers jours. Cela signifie simplement qu’ils peuvent tuer sans aucune question, et dans l’impunité totale dans le pays. Au cours des 10 derniers jours, la situation a été vraiment épouvantable. Les gens sont terrifiés. », disent les intervenants dans un débat organisé par le biais des réseaux sociaux.
L’inquiétude se constate dans toutes les régions de l’Éthiopie, mais les oppossants répètent que la survie de la population se trouve dans la continuation des protestations de masse parce que le gouvernement n’aura que deux possibilités dont aucune n’est de son intérêt: continuer à faire des massacres de masse ou faire place libre devant les protestataires.
Hassan Cher
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