Soudan : De grandes manifestations contre la vie chère éclatent au Soudan et risquent de faire vaciller le pouvoir d’Omar Al-Bashir.

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Des manifestations populaires ont éclaté depuis mercredi 19 décembre 2018 dans un certain nombre d’États soudanais contre les hausses de prix et la détérioration des conditions économiques dans un pays où le prix d’une miche de pain est passé de 1 livre à 3 livres soudanaises en quelques mois.

Dans la ville d’Atbara dans l’État du Nil, au nord-est du Soudan, dans l’État du Kordofan-Nord et la ville de Port-Soudan, capitale de l’État de la mer Rouge, les manifestants qui sont descendus dans les grandes artères des villes précitées, scandaient : « Non à une austérité programmée ! Non un système qui nous étouffe ! Oui pour une économie plus ouverte !… »

La situation est très grave et le nombre de manifestants augmente depuis. La plus grande manifestation est prévue pour le vendredi 21 décembre 2018 et beaucoup des politiciens craignent que ces manifestations ébranlent le pouvoir d’Omar Al-Bashir de plus en plus affaibli par la situation économique du pays et la géopolitique mouvante de la région de la Corne.

Cette fois, la police et l’armée ne s’étaient pas interposées pour disperser ou arrêter les manifestants alors qu’en septembre 2013, pour apaiser les manifestations anti-austérité à Khartoum, les forces de sécurité soudanaises ont procédé à une répression brutale de la manifestation pacifique, tuant près de deux cents manifestants, selon des responsables gouvernementaux et des groupes de défense des droits de l’homme.

D’autre part, le siège du parti du Congrès national (NCP) au pouvoir à Atbara a été incendié par des manifestants qui cherchaient à détruire les locaux de la localité d’Atbara, mais la police les en avait empêchés.

Plus tard, le comité de sécurité a déclaré une situation d’urgence et un couvre-feu de 18 h à 6 h dans la ville troublée.

Les forces de l’opposition attribuent la détérioration des conditions de vie et la crise économique à la corruption, au manque de politique de production et au manque de vision en matière de réforme économique à la suite de la sécession du Soudan du Sud.

Le Soudan a perdu 75 % de ses réserves de pétrole après que le sud du pays est devenu un pays indépendant en juillet 2011, privant le Nord de plusieurs milliards de dollars de revenus. Les recettes pétrolières constituaient plus de la moitié des recettes du Soudan et 90 % de ses exportations.

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared