Erythrée: La «Petite Rome» de l’Erythrée

carte ErythréeSouvent associée à la répression politique en vigueur en Erythrée, la capitale érythréenne Asmara offre aussi une architecture raffinée, sur des avenues bordées de palmiers, héritage de son passé colonial italien

Parmi les bijoux de l’architecture moderniste de la capitale figurent une station-service futuriste, imaginée sur le modèle d’un avion prenant son envol, ou un bowling Art déco, paré d’une mosaïque de vitraux rectangulaires. «La ville est un musée grandeur nature d’architecture», résume Medhanie Teklemariam, urbaniste dans l’administration officielle.

Si nombre de ces bâtiments ont été épargnés par les trente ans de guerre d’indépendance contre l’Ethiopie voisine (1961-1991), leur sauvegarde, aujourd’hui, est menacée. Et avec elle, l’héritage culturel du pays. Selon l’expert en urbanisme, les fonds nécessaires aux rénovations manquent, tout comme l’expertise technique locale. L’Erythrée reste l’un des pays les plus pauvres du monde, isolé et fermé, ultra-réticent à toute aide extérieure.

«Entreprendre d’importantes rénovations de ces bâtiments est un grand, grand défi, en raison, d’une part, du problème de financement, et, d’autre part, des capacités techniques», dit-il, assis devant une carte du centre historique d’Asmara.

Asmara au patrimoine mondial de l’Unesco

Mais cela ne l’empêche pas de se battre pour que les choses changent: il milite pour une inscription du centre historique d’Asmara au patrimoine mondial de l’Unesco et pour une reprise de projets européens de restauration du cinéma Art déco de la ville. «Cet héritage […], c’est très important pour l’identité érythréenne», juge-t-il.

Une inscription du centre d’Asmara au patrimoine de l’Unesco permettrait aussi à l’Erythrée de gagner en visibilité à l’étranger, alors que ce pays de la Corne de l’Afrique fait surtout les titres pour sa politique répressive. «La réputation internationale […] y gagnerait», acquiesce Edward Denison, photographe et coauteur d’un livre sur l’architecture d’Asmara.

Une ville «figée» dans le passé

La plupart des bâtiments de la capitale de l’ancienne colonie italienne ont été construits entre 1936 et 1941: le dictateur fasciste italien Benito Mussolini cherchait alors à étendre son influence en Afrique.

lien: http://www.letemps.ch/Page/Uuid/04c563ec-0b05-11e3-b9d9-cb4614ba7c0c/La_Petite_Rome_de_lErythr%C3%A9e#.UhcaIn-ZG9w

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