Éthiopie / Égypte : L’accroissement par l’Éthiopie de la capacité de production du barrage du Nil déclenche une alarme en Égypte.

Les autorités éthiopiennes ont annoncé qu’elles avaient augmenté de 450 mégawatts la capacité de production du barrage de la Renaissance éthiopienne (RGO) sur le Nil, déclenchant une certaine alarme en aval en Égypte.

Le barrage devait avoir la capacité de produire 6.000 mégawatts d’électricité, et les autorités du RGO ont déclaré à l’Agence de presse éthiopienne lundi 27 février 2017 que la capacité accrue est due à l’augmentation de nombre des turbines du barrage de 14 à 16.

Debretsion Gebremichael, membre du comité exécutif du GERD, également ministre éthiopien de la communication, des technologies et de l’information, a loué ce nouveau développement.

Les travaux sur le barrage ont commencé en 2011, avec des plans initiaux pour une capacité de 5.250 mégawatts. Cela a été portée en mars 2012 à 6.000 mégawatts.

Les autorités égyptiennes et soudanaises concernés par le projet du barrage disent ne pas être informées de la capacité additionnelle de 450 mégawatts du barrage, selon le journal Al-Akhbar, qui a ajouté que les deux pays demanderaient à l’Éthiopie des détails supplémentaires dans les prochains jours.

Une fois achevé, le barrage sera la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique et l’un des plus grands barrages du genre au monde. On estimait en 2016 que le processus de remplissage du barrage avec de l’eau du Nil bleu (environ 74 milliards de mètres cubes) peut prendre entre cinq et 15 ans.

Les derniers développements ont causé une certaine alarme en Égypte. L’écrivain pro-gouvernemental Mostafa al-Fiqi a écrit un article d’opinion dans le journal Al-Ahram, dans lequel il affirme que le barrage transformerait une part de l’eau égyptienne en électricité pour d’autres pays, ce qui aurait une incidence sur la production agricole. Alors que Fiqi a clairement indiqué qu’il ne s’oppose pas aux ambitions éthiopiennes de développement, cela « ne doit pas porter préjudice aux droits historiques de l’Égypte à sa part des eaux du Nil », a-t-il ajouté.

Cependant, Gebremichael, a souligné que l’accroissement de la capacité de production d’électricité du barrage n’aurait pas d’incidence sur le débit d’eau du fleuve. « Il n’y aura aucun mal infligé aux pays en aval », a-t-il dit.

Bien que l’Éthiopie ait accepté de partager tous les projets du barrage avec l’Égypte et le Soudan en 2011, il est clair qu’il y a eu des courts-circuits dans les échanges d’information.

Une entreprise française a été engagée pour évaluer l’impact du barrage sur tous les pays concernés et doit présenter son rapport au comité tripartite fin mars 2017 avant leur réunion tripartite d’avril 2017.

Tandis que la nouvelle sur le barrage a créé une inquiétude parmi certains égyptiens, d’autres soulignent la nécessité de regarder au-delà du barrage pour assurer le besoin d’eau l’Égypte à l’avenir.

« Nous devons chercher des alternatives et d’autres méthodes pour sortir de la pénurie d’eau et de la pauvreté », a déclaré  le ministre égyptien de l’Irrigation et des Ressources en Eau, Mahmoud Abu Zeid.

Selon les analystes mondiaux de la pénurie d’eau, l’Égypte est déjà classée comme étant un pays stressé par l’eau, tandis que l’Éthiopie est classée comme étant au bord du stress hydrique.

Hassan Cher


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