Somalie: RSF demande la libération de trois journalistes arrêtés pour leur couverture du virus Ebola

carte liberté d'expression 2014Trois journalistes d’une radio indépendante ont été arrêtés de façon arbitraire le week-end dernier par les forces de sécurité à Mogadiscio après un reportage sur un possible cas de virus Ebola dans la région du Bas Shabelle. L’antenne a depuis été suspendue.

Les forces de sécurité somaliennes ont arrêté le 3 janvier 2015 Mohamed Abdiwahab Abdullahi, Mohamed Kafi Sheik Abukar et Mohamed Abdi Ali, respectivement directeur, rédacteur en chef et reporter de la radio indépendante Radio Risaala, et ordonné la fermeture de la station après la diffusion d’une interview d’un habitant de la ville de Mulo Sharay, dans la région du Bas Shabelle, au sujet d’un possible cas de virus Ebola. Le ministre de la Santé, Ali Mohamed Mohamud, a le même jour catégoriquement écarté l‘hypothèse de la présence du virus dans le pays lors d’une conférence de presse. Les trois journalistes sont toujours détenus alors qu’aucune charge n’a été retenue contre eux. Le lendemain, le directeur des programmes de la radio privée Goobjoog, Mohamed Salaad Osman et le journaliste Ibrahim Haji Yusuf ont à leur tour été arrêtés alors qu’ils couvraient un attentat-suicide qui a fait cinq victimes dans le quartier de Waberi à Mogadiscio, et détenus sans que la raison de leur arrestation ne leur soit signifiée. Ils ont été libérés quelques heures plus tard.

« Nous dénonçons ces cinq arrestations arbitraires et la fermeture d’un média indépendant qui constituent des violations flagrantes de la liberté de l’information et de la presse, déclare Virginie Dangles, adjointe à la Direction des programmes de Reporters sans frontières. Nous exhortons les autorités somaliennes à rendre leur liberté aux trois journalistes retenus sans charge et à permettre à Radio Risaala d’émettre à nouveau. Les journalistes devraient pouvoir exercer librement leur profession, informer leurs concitoyens et aussi faire part des préoccupations publiques sans être menacés d’emprisonnement dès lors qu’ils s’intéressent à des sujets certes sensibles mais d’intérêt public ».

Ces arrestations témoignent du climat très tendu pour les médias somaliens et arrivent au même moment que la nouvelle de l’ajournement du procès des journalistes de Radio Shabelle et Sky FM initialement prévu le 5 janvier, en l’absence des avocats de ces derniers. L’éditeur de Radio Shabelle Mohamed Bashir Hashi et le directeur de SKY FM, Mohamud Dahir demeurent emprisonnés depuis août 2014 pour « incitation publique », « infraction contre l’honneur et le prestige d’un chef d’Etat » et « attaque à l’intégrité, l’indépendance ou l’unité de l’Etat somalien » – cette dernière étant passible de la peine de mort. Le propriétaire de Shabelle Media Network, Abdiimalik Yusuf Mohamud, et le rédacteur en chef de Radio Shabelle, Ahmed Abdi Hassan, accusés d’ « incitation au crime » et d’ « incitation à désobéir à la loi » ont été remis en liberté provisoire le 21 octobre 2014.

La Somalie figure à la 176e position sur 180 pays dans le Classement de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

RSF


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