Djibouti : l’assassinat du juge Bernard Borrel, Gouled le donneur d’ordre et Guelleh l’exécutant ?

Djibouti : l’assassinat du juge Bernard Borrel, Gouled le donneur d’ordre et Guelleh l’exécutant ?

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Bernard Borrel était un magistrat français, assassiné après avoir été battu à mort et son corps brûlé la nuit du 18 au 19 octobre 1995 à Djibouti, où il était détaché auprès du ministre de la Justice locale. Son corps avait été trouvé, en partie dénudé, en contrebas d’un ravin, dans une région désertique à 80 kilomètres de la capitale. Au début qualifié de suicide, un rapport daté du 26 juin 2017 a confirmé une expertise de 2007 qui avait déjà mis en lumière la nature criminelle du décès du magistrat. Dix ans plus tard, les experts, qui se sont fondés sur l’examen de photographies et l’étude des rapports incendies et médico-légaux, arrivent aux mêmes conclusions. Ils estiment que les fractures décelées sur le corps du magistrat au crâne et au bras gauche sont « compatibles avec des coups portés par un tiers ».

C’est la pertinence et le courage de la veuve du juge Borrel, Élisabeth Borrel, elle-même magistrate, qui ont fait que cette affaire évolue vers la reconnaissance de l’origine criminelle, l’assassinat du Juge Borrel.

Mais pourquoi l’omerta sur l’assassinat de juge Borrel 24 ans après sa disparition ?

1 — les liens étroits avec des organisations mafieuses et les trafics des déchets toxiques.

Au début de juillet 1977 ou deux semaines après que l’ancienne colonie française de Djibouti ait obtenu son indépendance, le maire de Djibouti — ville à l’époque française, D. Ornano a approché Hassan Gouled Aptidon, l’homme destiné à devenir le premier président du pays, lui demandant d’employer un M. Romani comme le conseiller du président pour les affaires financières. Romani qui se trouvait être le frère de la femme corse de D. Ornano vivait dans un exil auto-imposé dans l’île du Pacifique de Tahiti, après des allégations selon lesquelles il a été connecté à la fois la mafia corse et italienne en France, l’obligeant à fuir le pays.

Immédiatement après Djibouti est devenu indépendant, le président Hassan Gouled Aptidon a nommé Romani comme son conseiller aux affaires financières. Avec cette nomination, le Corse, puis la mafia italienne ont gagné une forte présence dans l’État de Djibouti, un port de la mer Rouge. Dans les années qui ont suivi, les deux branches de la mafia ont pu, sous la direction de Romani, établir une variété d’entreprises principalement dans les secteurs du tourisme (bars, boîtes de nuit, HÔTELS) le commerce de l’alcool et le tabac, les stupéfiants, la prostitution, le transport maritime et la construction. La contrebande et le commerce des armes, le blanchiment international d’argent de la drogue, déversement de déchets nucléaires et d’autres activités ont été ajoutés plus tard (dans les années 80 et 90) à la liste des entreprises illicites déjà bien établies.

Certaines des entreprises gérées par la mafia sont dans des endroits bien connus à Djibouti telles que de boîtes de nuit, Scottish Bar, Club Las Vegas et le Sheraton HÔTEL CASINO (géré jusqu’à il n’y a pas longtemps par deux mafieux nommés Luhetti et Pierre-Paul), les sociétés international Consulting — COMAD de monsieur SaadAhmed Cheik, Procureur Général — etc. Feu Hassan Gouled Aptidon et Idriss Omar Guelleh ont réussi à étendre les activités de la mafia à Djibouti, d’établir des liens avec des groupes de la pègre à Tahiti, les îles de l’océan Indien de la Réunion, les Seychelles et Madagascar, en plus de la Corse, l’Italie et le Liban. Tout au long, Djibouti a fourni la mafia non seulement de sanctuaire obscur, mais une protection complète.

Hassan Gouled Aptidon est le président de Djibouti, mais aussi le plus grand parrain de l’Afrique de l’Est et c’est à travers la franc-maçonnerie « DellaGran loggia del Gibuti » qu’il développe une relation discrète avec la plus grande organisation mafieuse de l’Italie, La » Ndrangheta. Hassan Gouled Aptidon était vu et devenu par tout le monde comme un doyen Issa avec une scolaire limitée gérant son pays avec des coopérants français, mais il avait une autre face cachée. Il a été le premier trafiquant des déchets toxiques en Afrique de l’Est. Le bateau nommé Lynx que la marine française avait empêché à accoster à Djibouti en 1987 en est la preuve. Et les deux activités qui lui rapportaient beaucoup sont les trafics des déchets toxiques avec la » Ndrangheta et les blanchiments d’argents dans les bars et night-club de la ville.

2 — les liens avec les groupes terroristes islamistes d’idéologie salafiste djihadiste et des attentats inexpliqués.

Très tôt, le régime de Hassan Gouled Aptidon tisse aussi des liens avec des groupes islamistes d’idéologie salafiste djihadiste. Vers 1981/82, imam Hassan Deheye, un religieux de l’ethnie Gadaboursi, se fait poignarder à Djibouti par des éléments appartenant au groupe salafiste connu sous le nom de Al-Jamaa Al-Islamiya qui a apparu à Mogadiscio vers 1977. Imam Hassan Deheye faisait partie du groupe dénommé Wahdat Al-shabaab Al-islamiya proche des frères musulmans de l’Égypte est créé au nord de la Somalie particulièrement à Burco. Ces deux groupes se sont fusionnés pour former Al-ithihat Al-islamiya. L’imam Hassan Deheye était de ceux qui fussent opposés à la fusion de deux groupes. Devant la tentative d’assassinat contre l’imam Hassan Deheye, le régime de Hassan Gouled Aptidon n’a pas levé le petit doigt comme si cet imam était un obstacle à leur projet. Pour sa sécurité, il a quitté Djibouti et s’est installé à Borama.

Dans les années 1990, une confrontation a opposé, au quartier 6 zone aménagée – derrière le restaurant bon coin, deux groupes somaliens membres d’Al-ithihar Al-islamiya. Un groupe était disposé à continuer à travailler avec Gouled/Guelleh et l’autre groupe voyait mal que leur idéologie converge avec eux du régime djiboutien. Un des groupes fut grièvement blessé avec couteau au moment de l’affrontement entre les deux tendances.

L’attentat terroriste à la grenade qui a visé le restaurant le Palmier en Zinc le 15 décembre 1977 à Djibouti a aidé Hassan Gouled Aptidon à assoir son régime. Cet attentat que beaucoup des choses attribuent aujourd’hui à Hassan Gouled Aptidon et à la mafia corse avait été utilisé pour casser et éloigner de la sphère décisionnelle du pays les afars opposés à la monopolisation des pouvoirs par le président Gouled.

Le 18 mars 1986, un engin explosif déposé, sous une table de la terrasse de ce café-restaurant « L’Historil », par un terroriste a fait onze morts et une cinquantaine de blessés. Parmi les morts figuraient cinq Français, trois Djiboutiens, trois Allemands de l’ouest. Quant aux blessés, une quinzaine de Français, douze djiboutiens, des Allemands et un Italien. Bien que cette action terroriste n’ait pas été revendiquée, le régime de Gouled/Guelleh a tout de suite attribué à un bouc émissaire de nationalité tunisienne, un dénommé Adouani Hamouda Hassan. Il sera condamné à la peine capitale, une peine de mort finalement commuée en prison à perpétuité avant d’être gracié en juillet 2000 par son ami Guelleh.

Le 27 sept 1990, un attentat à la grenade contre le « Café de Paris », un établissement fréquenté par des militaires français et leurs familles fait un mort — un enfant français de 9 ans — et 17 blessés, dont 15 Français. En 2001. Le régime de Gouled/Guelleh interpelle et torture dans un premier temps des membres de la communauté Gadaboursi. Puis, ils abandonnent brusquement la première piste avant d’incriminer un opposant djiboutien exilé en France, Aden Robleh Awaleh. Selon le pouvoir en place à Djibouti, Aden Robleh aurait donné instruction aux exécutants que sont Awaleh Guelleh, Mohamed Hassan Farah, Abdi Bouh Aden et Mohamed Ali Arreiteh de perpétrer ledit attentat. Une accusation farfelue, car Aden Robleh se trouvait au moment des faits en France et Awaleh Guelleh en Éthiopie. Ce qui ne va pas empêcher à la justice djiboutienne aux ordres de Gouled/Guelleh de condamner par contumace Awaleh Guelleh à la prison à vie, Mohamed Hassan Farah, Abdi Bouh Aden et Mohamed Ali Arreiteh, à de peines allant de 6 à 8 ans de prison. Quant à Aden Robleh, il va être condamné à six ans de prison avec sursis pour complicité.

En 2004, dans un café populaire situé à deux pas de la mairie de Djibouti, un ex-gendarme qui venait juste d’arriver à notre table participe à notre discussion qui portait sur l’attentat à la grenade contré le café de Paris. Il nous a dévoilé une chose qui nous semblait insignifiante à l’époque, mais qui commence à avoir une signification aujourd’hui. Le gendarme avait dit : « L’attentat contre le café de Paris fut perpétré par des éléments du groupe terroriste islamiste somalien d’idéologie salafiste djihadiste, Al-ithihat Al-islamiya, sur ordre du régime djiboutien. » Les membres du groupe anti-régime djiboutien sont arrêtés et remis au régime éthiopien du TPLF de Meles Zenawi.

Il existe aujourd’hui des rapports prouvant que le régime Gouled/Guelleh avait toujours eu des liens étroits avec les groupes terroristes islamistes d’idéologie salafiste djihadiste. Ce régime a même créé quelques-uns de ces groupes et finance et arme certains de ces groupes terroristes islamistes, tels qu’Al-shabab et le Daesh somalien.

Comme la France était opposée à la succession d’Ismaël Omar Guelleh à son oncle Hassan Gouled Aptidon, ce premier menaçait Paris de donner champs libres aux groupes terroristes islamistes pour destanlisser Djibouti et soulever le peuple contre le chrétien envahisseur, la France. Guelleh avait même d’ailleurs dit, en 1992, à un membre de l’opposition que si la France s’oppose à la succession à son oncle Gouled à la haute magistrature du pays, Djibouti ferait boum.

3 — La lutte interne du RPP pour la succession de Hassan Gouled.

Après Hassan Gouled Aptidon, la personnalité politique du régime djiboutien le plus en vue sur la scène politique nationale et internationale était Moumin Bahdon Farah, ministre des Affaires étrangères de 1978 à 1993 et ministre de la Justice de 1993 à 1996. Dès sa mutation au ministère de la Justice en 1993, feu Moumin Bahdon Farah comprend que Hassan Gouled Aptidon préparait son neveu Ismaël Omar Guelleh pour sa succession la tête du pays. Le coup bas commence entre Guelleh et Moumin. Bien que ce dernier a démenti le dimanche 15 juillet 2007 —, dans un communiqué rendu public le jour même, avoir chargé le juge français Bernard Borrel, d’une « enquête sur des personnalités politiques » du pays, il fort probable que le ministre de la Justice avait soufflé ou remis au juge Borrel des informations sensibles sur des sujets qui pouvaient intéresser la France et dont Ismael Omar Guelleh y est impliqué.

En conclusion.

Si feu le juge Bernard Borrel a été assassiné suite à une enquête secrète qu’il menait sur l’attentat contre le café de Paris c’est sûr qu’il avait découvert avant tout le monde les liens entre le régime de Gouled/Guelleh et les groupes terroristes islamistes d’idéologie salafiste djihadiste. Dans d’autres, ça peut être les trafics des déchets toxiques de Hassan Gouled Aptidon avec la « Ndrangheta.

Hassan Cher

Ps: Nous allons publier dans les jours à venir des articles sur les trafics des déchets toxiques de feu Hassan Gouled Aptidon.


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared