Djibouti: élections présidentielles du 8 avril 2016, chronique d’une faillite annoncée
La république de Djibouti, un petit pays de la corne de l’Afrique, mon pays, s’apprête à passer aux urnes dans le cadre des élections présidentielles du 8 avril 2016. Depuis 1999, cette nation, petite par la taille mais grande par son histoire, est poussée dans un obscur précipice sans fond par son actuel président Ismaël Omar Guelleh (IOG) et sa cour. Bien que l’issue soit déflorée depuis belle lurette, le rendez-vous électoral du 8 avril s’annonce, encore une fois, des plus électriques avec son lot de brigandages, de forfaitures et de drames. Plus que jamais, les obligés du régime sont au taquet et prêts à lisser le terrain afin que la pilule passe d’elle-même. Comme on dit : Comme dans du beurre !
Cette fois-ci, le régime en place s’y est pris très tôt. Les menus larcins ont été initiés dès la fin des législatives de février 2013. Déjà, ils ont fait miroiter la lubie d’une coalition afin de bien cibler par un tir groupé en guise de bouquet final. En parallèle, ils ont accommodé le tout des habituelles arrestations des leaders de l’opposition ainsi que des militants. La jeunesse subversive est, tout aussi, particulièrement visée. Endiguer le mal à la racine, un credo bien senti. Demandez aux jeunes leaders du Mouvement des Jeunes de l’Opposition (MJO) qui en font les frais quotidiennement. Permettez-moi de profiter du présent billet afin de saluer leur dévouement à mettre leur vitalité au service de la liberté et de la démocratie. Nous pensons à vous.
Au rayon des gens qui ont passé les fêtes de fin d’année 2015 dans les geôles du régime, je demande, d’abord, le Secrétaire de l’USN, Abdourahman TX. Voilà plus de 3 mois à croupir dans un trou sans nom. Son crime : AVOIR PENSER. Au même rayon, je demande, également, Hamoud SULTAN, ancien ministre et membre du Haut Conseil de l’USN. Lui aussi encapsulé après les tragiques évènements du 21 décembre 2015. Puisque lui aussi a osé, ils lui ont pratiqué la sanction à une échelle. J’imagine la scène : « Puisque les temps sont à l’économie collaborative, il n’y pas de raison : nous aussi, on va se mettre au niveau et pratiquer le tir groupé ». Paroles de fieffés.
Les évènements du 21 décembre dernier sonnent le glas et résonnent, avec le recul, comme l’apothéose de la décomposition mise en place au sortir des législatives de février 2013. Ce travail de sape de longue haleine accomplie aujourd’hui son œuvre. Un champ libre et lubrifié. Un champ de ruine ensanglanté ! Par sa politique de tir groupé, IOG a jonché de cadavres les ruelles de Djibouti. Le collectionneur macabre a, comme à son habitude, frappé par boulimie du pouvoir. Mais cette nouvelle incartade ne passera pas. Celle de trop. Sans aucun doute.
#we the people. #we the horn. #we the republic of djibouti.
Houssein Hassan


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