Éthiopie :Du 30 août au 2 septembre 2016 la situation s’est aggravée du Sud au Nord et de l’Ouest à l’Est du pays.

Attaques des hélicoptères de combat de l’armée à Gondar, destruction des biens et massacres d’Amhara- 1 septembre 2016 - EthiopieAu Sud-Ouest de l’Ethiopie :

Les Konsos réclament leur autonomie.

Le 2 septembre 2016, au Sud-Ouest de l’Ethiopie,  le peuple Konso s’est joint aux manifestations  antigouvernementales qui touchent la presque totalité du territoire éthiopien. Les protestataires Konsos se sont retrouvés dans la ville d’Arba-Minch et Ganta-Garo.
Jusqu’en 2011, les Konso, un peuple d’environ 300 000 habitants, avaient le droit de s’autoadministrer, comme le permet la Constitution éthiopienne. Le texte, qui date de 1994, a instauré un système fédéral fondé sur l’ethnicité, censé reconnaître la diversité culturelle et linguistique de plus de quatre-vingts groupes ethniques qui composent le pays. Dans le Sud-Ouest du pays, la région dite « des peuples, nationalités et nations du Sud » est une mosaïque qui compte plus d’une quarantaine d’ethnies.

Les Konso font partie de ceux qui bénéficiaient d’un statut administratif dit de « district spécial » compte tenu de leur nombre. Cela leur permettait entre autres d’avoir plus d’autonomie et un budget raisonnable. Il y a cinq ans, les autorités ont décidé de réunir cinq districts de cette région en une seule « zone », une subdivision administrative, appelée « zone Segen ». De là est née la grogne des Konso, qui ont, de fait, perdu leur statut. Aujourd’hui, ils réclament une zone à part entière pour leur communauté et veulent profiter des protestations et révoltent qui secouent l’Ethiopie pour faire entendre leurs réclamations tant auprès de l’état fédéral qui s’était opposé à leur referendum et à l’internationale qui suit la situation éthiopienne.
Au Nord-Ouest :

Les Agaw de l’Ouest sont connus comme les  Kamante, autour de Gondar se soulèvent à leur tour. Leurs manifestations ont débuté le 31 août 2016 et semblent suivre les mouvements amharas dont ils partagent la région. Les Agwas sont devenus la troisième communauté à se révolter publique contre le pouvoir de l’EPRDF qui est sous la mainmise des tigrés.

Des réfugiés tigrée au Soudan.

Mékélé accuse les Amharas d’avoir massacrés et pillés des tigrés qui vivaient dans la ville de Metemma, du district de Gondar, ville située à la frontière avec le Soudan. Des centaines des réfugiés tigrés fuyant la ville de Metemma sont arrivés l’après-midi du 02 septembre 2016 au poste frontalier soudanais et l’autorité locale soudanaise de la ville de Gallabat leur ont fourni les premiers secours humanitaires. Ils seront rapatriés dans cette semaine dans la région Tigré.

Attaques des hélicoptères de combat à Gondar.

L’après-midi  du 1er septembre 2016, l’armée éthiopienne va utiliser des hélicoptères de combat contre les forces amharas d’autodéfense à majorité composée des fermiers. Ces attaques aériennes ont spécialement ciblé les  districts de Welkayt et Armachiho à Gondar.

Destruction des biens amharas

Des forces de l’armée éthiopienne majoritairement composée ont massacré, les 30 août et 1er septembre 2016, des civils dans les villes de Metemma, Amba-Giorgis et Abraha-Jira tous situées dans le district de Gondar.

Dans la ville de Metemma, l’armée a incendié plusieurs maisons, véhicules  et commerces appartenant à des amharas parce que la population cloîtrée dans les maisons depuis deux jours a refusé de suivre les ordres de l’armée qui leur recommandait de reprendre les activités et de faire revivre la ville. Mais certains Agaws et amharas définissent cette action de l’armée comme une vengeance suite à des voitures appartenant à des commerçants tigrés brulés il y a 4 jours dans la ville d’Injibera, la capitale des districts d’Agaw située au Nord-Centre de l’Ethiopie en région Amhara.

Au Nord-Est de l’Ethiopie :

Guerre entre Afar et Tigré.

Le 30 et 31 août 2016 des combats intenses ont opposé les forces de la police militaire de la région Afar et ceux de la région Tigré. Dans ces combats dont les belligérants ont utilisé les armes lourdes et légères  découlent d’une tension née il y a plus de 10 ans quand la région Tigrée, avec l’appui de l’EPRDF/TPLF défini en état fédéral, s’est approprié un territoire appartenant la région Afar. À l’époque, pour atténuer la tension et détourner le regard du peuple Afar,  l’EPRDF/TPFL  avait créé une tension entre les Issas et Afars sur les régions Cadytu, Cundhufo et Gadhmalu.

À suivre

Hassan Cher


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