Djibouti: Peut-on comparer la prison de Gabode de fosse commune à ciel ouvert ?
Partout où la démocratie peine à s’imposer, l’homme reste méprisé dans ses droits les plus fondamentaux sans que cela ne suscite aucune indignation. Livré à lui-même, il est dégradé de son statut d’homme.
Un détenu de droit commun vient de perdre la vie après quelques jours d’hospitalisation à Peltier. Sa fin a sonné naturellement, nous dira-t-on. Oui, mais comment ?
Nous sommes, conformément aux préceptes de l’islam, contre la fatalité. Rien n’arrive sans raison, sans condition. Certes, pour certaines choses, les raisons sont connues par l’homme. Pour d’autres, non.
Ce défunt partageait avec soixante autres détenus une chambre de 50m² où les uns dorment devant la porte des toilettes. Là-bas, la proximité fait la loi. Chacun a droit à un petit périmètre lui permettant à peine de dormir. Ni plus ni moins. Sans doute, dans des conditions pareilles, les pathologies de tout genre trouvent un milieu propice pour naître, se propager et s’installer définitivement.
Le défunt, dont nous communiquerons l’identité très prochainement, avait vomi du sang il y a quelques jours. Sans surprise, le diagnostic sommaire du service des urgences n’a rien révélé. Rentré bredouille à la sinistre taule de Gabode, le défunt agonisait parmi les soixante bonhommes, eux-mêmes, sans le savoir, candidats à la mort. Nous sommes dans un pays où tout est limité. A l’infirmerie de la prison, le médecin et les infirmiers constatent empiriquement la gravité de la maladie du défunt. Ils font, non pas un diagnostic, mais un constat puisqu’ils sont limités. Finalement, son hospitalisation s’est avérée nécessaire et comme Peltier manque de compétences et de moyens, le détenu nous a déplorablement quittés sous le regard impuissant du corps médical.
Nous tirons la sonnette d’alarme. C’est un appel aux vivants que nous lançons pour au moins secouer la conscience des citoyens.
A la prison de Gabode, il y a des chambres où logent soixante-dix détenus sans aucun suivi médical. Chaque jour, sont évacués à l’hôpital Peltier trois ou quatre d’entre eux pour subir un contrôle sommaire qui finit par s’avérer, dans l’erreur, le contraire de ce qu’éprouve le malade. En général, ces prisonniers, issus d’un milieu socioprofessionnel défavorisé, souffrent d’un dénuement extrême. Ils manquent de tout. C’est la désolation !
L’Etat, pour qui l’homme n’est point prioritaire, laisse mourir les détenus qu’il considère comme les déchets de la société. En fait, l’Etat n’est plus. Il s’agit d’un syndicat politique appuyé par l’armée, la police, la gendarmerie et les services de renseignements, destiné à piller le pays.
Sam Hassan


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