Djibouti/France//Égypte/Éthiopie : en 2021, l’actuel accord de défense avec la France sera-t-il remplacé par un accord de défense avec Addis-Abeba ?

Djibouti/France//Égypte/Éthiopie : en 2021, l’actuel accord de défense avec la France sera-t-il remplacé par un accord de défense avec Addis-Abeba ?

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Haile Selassie en uniforme de la marine éthiopienne

Une source très proche de la présidence djiboutienne nous a annoncé que des discussions secrètes et très avancées existent entre Djibouti et l’Éthiopie depuis quelques années.

Ces discussions portent sur la création de la marine éthiopienne et avec comme base principale la République de Djibouti, mais aussi un accord de défense avec Addis-Abeba qui va remplacer celui conclu avec la France le 21 décembre 2011 (traité de coopération en matière de défense avec 3 annexes, du 21 décembre 2011, JORF16 mai 2014, en vigueur depuis le 1er mai 2014 et qui vient remplacer l’accord de défense conclu lors de l’indépendance de Djibouti).

C’est le président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, qui mène directement et en cachette ces discussions avec le pouvoir éthiopien. Aucun ministre, aucun parlementaire et même aucun fonctionnaire ou militaire de Djibouti ne connaissent rien de ces accords que Guelleh prépare en catimini avec Addis-Abeba.

Ces accords militaires avec l’Éthiopie m’inquiètent pas simplement le peuple djiboutien, mais le monde arabe aussi et particulièrement l’Égypte qui a un litige avec Addis-Abeba sur l’exploitation de l’eau du Nil, la seule ressource d’eau du Caire. Ismaël Omar Guelleh avait fait savoir, l’époque même, à feu Meles Zenawi qu’il n’y avait aucune raison qui obligeait Djibouti à rester dans la ligue arabe et qu’une pression d’un de ces pays serait une occasion de la quitter définitivement.

Ismael Omar Guelleh avait mis en marche ce projet qui consiste à soumettre Djibouti sous une occupation militaire éthiopienne depuis le 4 décembre 2010. Il avait à l’époque anéantie la marine djiboutienne afin de prépare le terrain à la future marine éthiopienne.

D’autre part, hier, le ministre éthiopien de la Défense a affirmé que son pays enclavé dispose désormais d’une marine.

Le ministre éthiopien de la Défense, Lema Megersa, a déclaré que son pays disposait d’une marine pour la première fois depuis 1991, lorsque l’indépendance de l’Érythrée l’a privé de ses côtes en mer Rouge.

« Nous avons mis en place une marine », a-t-il annoncé à la télévision éthiopienne le dimanche 19 janvier 2020. Il n’a pas dit où les navires de la marine seraient basés, mais a noté l’importance de Djibouti, qui est le principal entrepôt de son pays en raison du conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

« Les superpuissances et les nations puissantes de notre monde se précipitent pour établir des bases militaires à Djibouti. Cela présente des avantages et des inconvénients. Notre seul port d’importation et d’exportation se trouve dans la région. Il est important pour nous d’assurer notre sécurité et de surveiller ce que chacun fait dans la région », a-t-il déclaré.

En cas de tension ou de conflit entre l’Égypte et l’Éthiopie, Djibouti servira de base d’attaque à la marine éthiopienne et ce qui obligera Le Caire de cibler Djibouti.

Sans oublier que le président égyptien, Abdel-Fattah El-Sisi, a inauguré, le mercredi 15 janvier 2020, la plus grande base militaire de la mer Rouge alors que les exercices d’entraînement qui ont commencé la semaine d’avant se sont terminés.

Située sur la côte de la mer Rouge, près de la frontière sud du pays, à deux pas de la frontière avec le Soudan, la base avancée de Bérénice ou Barnis a pour but de « sécuriser les côtes sud du pays, de protéger les investissements économiques et les ressources naturelles et de faire face aux menaces à la sécurité en mer Rouge », a déclaré le porte-parole Bassam Rady dans un communiqué.

La base, qui abrite des forces terrestres, aériennes et navales, est également conçue pour sécuriser la navigation mondiale s’étendant de la mer Rouge au canal de Suez et aux zones économiques associées, poursuit le communiqué.

Le président El-Sisi a assisté à la conclusion des manœuvres Kader de la région militaire du Nord qui ont impliqué les forces aériennes et navales lors d’une cérémonie à laquelle ont participé des dirigeants arabes et étrangers, dont le prince héritier d’Abou Dhabi, le cheikh Mohamed bin Zayed Al-Nahyan, le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman bin Abdulaziz, et le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov.

La base de 63 hectares abrite des bases navales et aériennes, un hôpital militaire et un certain nombre d’unités de combat et administratives ainsi que des champs de tir et d’entraînement pour toutes sortes d’armes. Elle comprend également un aéroport international, une usine de dessalement d’eau de mer et des parcs de stockage de conteneurs.

« La base de Bérénice ou Barnis a été établie en un temps record, en quelques mois, pour être l’une des forteresses militaires égyptiennes stratégiques sur le Sud, avec une force militaire de frappe sur terre, sur mer et dans les airs pour faire face aux développements régionaux et internationaux », ajoute la déclaration.

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared