Soudan: le président Béchir attendu mardi à Juba
Le président soudanais Omar el-Béchir doit se rendre mardi à Juba pour s’entretenir avec son homologue sud-soudanais Salva Kiir, a annoncé samedi l’agence officielle Suna après l’exacerbation des tensions sur la région disputée d’Abyei.
Ce sommet est le deuxième en moins de deux mois. Le précédent s’était tenu le 3 septembre à Khartoum.
M. Béchir répond à une invitation de M. Kiir et « sera accompagné de plusieurs ministres et hauts responsables pour discuter de questions importantes et qui inquiètent les deux pays », a précisé Suna.
En septembre, M. Béchir avait accepté de ne pas interrompre le transit du pétrole sud-soudanais, mettant fin à trois mois d’incertitude, et s’était engagé à appliquer tous les accords, plusieurs fois reportés, entre les deux pays.
Khartoum et Juba s’accusent mutuellement de soutenir des rebelles de part et d’autre de la frontière, ce que chacun dément.
Des heurts frontaliers l’an passé avaient fait craindre une reprise du conflit entre le Soudan et le Soudan du Sud, devenu indépendant il y a deux ans à l’issue d’un référendum organisé dans le cadre d’un traité de paix ayant mis fin à plus de deux décennies de guerre civile dévastatrice.
En dépit d’une amélioration des liens entre les deux pays, la tension reste vive sur la question d’Abyei, une petite région aux terres fertiles revendiquée par les deux pays.
Cet l’intérêt est surtout symbolique et affectif: une bonne partie des actuels dirigeants du Sud comme du Nord en sont originaires.
Un référendum d’autodétermination aurait dû se tenir à Abyei en 2011. Mais il n’a toujours pas eu lieu, faute d’accord sur les listes électorales.
La population sédentaire d’Abyei est essentiellement sud-soudanaise, issue de l’ethnie Dinka Ngok, une branche des Dinka dont fait partie M. Kiir. Mais de nombreux semi-nomades arabophones du Nord, les Misseriya, viennent y faire paître leurs bêtes.
« La situation sécuritaire et le statu quo à Abyei sont de plus en plus intenables », estimait en septembre le patron de l’ONU, Ban Ki-moon.
L’Union africaine avait proposé que le référendum d’autodétermination se tienne en octobre. Mais l’échéance ne sera pas tenue.
Le risque est aujourd’hui de voir les Dinka Ngok ou les Misseriya déclarer allégeance, unilatéralement, soit à Juba soit à Khartoum, provoquant un nouveau conflit Nord-Sud.
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