Djibouti: Le despote Guelleh fait gueuletonner « Jeune à fric » sur le dos du peuple djiboutien

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IOG & SOUDAN – Jeune à fric

« Amaan ninka xoola sistay » entonne la diva djiboutienne, notre compatriote Nima Djama, dans une de ses chansons engagées pour railler une des lubies du dictateur Guelleh, le recours à l’apologie tarifée. A l’instar de son oncle Gouled qui lui a filé le fauteuil présidentiel comme un bien personnel en 1999 (nous avons tous en mémoire la tristement célèbre chanson « aabo gouled »), le despote de Haramous a instauré une monocratie fondée sur le culte de la personnalité et l’adoration du chef. C’est la raison pour laquelle il adore être flatté, adoré. Ce besoin excessif d’être adulé n’est-t-il pas le principal trait caractéristique du trouble de la personnalité narcissique. Son profil psychologique sera d’ailleurs peigné dans un prochain post.

A Djibouti, en plus des médias nationaux toute une flopée de griots sont constamment mobilisés pour vanter le « génie » d’IOG, l’encenser et le glorifier. En dehors du territoire, une certaine presse spécialisée dans le genre est sollicitée ponctuellement pour la ponte d’une propagande mettant en exergue, entre autres, « l’intelligence hors du commun » et « l’extraordinaire leadership » du personnage. Ce travail est dévolu à « Jeune Afrique », un hebdomadaire panafricain que les Djiboutiens connaissent très bien, non pas pour sa soi-disant objectivité mais plutôt pour son rôle de porte-voix appointé de celui qui occupe Beit-el-Wali. Inutile de préciser que cet autocrate s’offre tout ce dithyrambe avec les deniers publics. Un dépouillement de plus des maigres ressources de l’Etat.

Non content de maintenir la petite République de Djibouti sous un régime de kleptomanie généralisée, d’institutionnaliser le vol de deniers publics, de mettre en coupe réglée l’économie, de confisquer le peu de richesses nationales, de gueuletonner depuis plus de 37 ans aux frais de la princesse, voilà que le despote de Haramaous se permet d’accorder des largesses à sa caisse de résonnance « Jeune Afrique », aux frais des contribuables djiboutiens. Lui comme son porte-voix appointé gueuletonnent sur le dos du peuple djiboutien. S’agissant de Guelleh, le sens de gueuletonner est double : le tyran est à la fois porté sur la gueule, autrement dit très gourmand (sens propre du  terme), et grand adepte devant Iblis de « Casho », une cupidité sans bornes (au sens figuré).

Cela n’a échappé à personne : IOG faisait la Une du « Jeune Afrique » de la semaine dernière (JA n°2776 du 23 au 29 mars 2014), avec une interview fleuve très complaisante dans les pages intérieures. Mais, ce que  le Djiboutien non-initié ignore c’est que le dictateur IOG a dû casquer pour cette sortie médiatique. Cette interview dite exclusive a sans doute été payée rubis sur l’ongle si l’on croit la révélation de Gri-gri international, un quinzomadaire satirique panafricain, qui avance la rondelette somme de 800 000 euros pour « la grande interview-propagande politique d’un Président ». Pour une simple publication certes laudatrice à son égard, IOG a intimé le trésor public djiboutien à décaisser la somme exorbitante de 200 millions de francs djibouti, soit l’équivalent du salaire de 7000 soldats ou de la masse salariale mensuelle des instituteurs avec en bonus une prime exceptionnelle de 35 000 Fdj pour chaque enseignant. Cet argent aurait dû également servir à d’autres fins, plus appropriées, notamment la lutte contre le chômage. On pourrait par exemple l’utiliser comme enveloppe financière dans le cadre d’un projet de microcrédit. Avec cette manne, plus de 1000 micro-entrepreneurs (à raison de 200 000 fdj par bénéficiaire) pourraient créer leur propre emploi, concrétiser une activité génératrice de revenus (boutiquières, marchandes, commerçantes, agricultrices, etc.) permettant à la fois de nourrir leur famille et d’améliorer leurs conditions de vie. En somme, on pourrait garantir, avec l’argent octroyé à ce journal, une vie décente à plusieurs milliers de nos compatriotes. Mais, force est de constater que l’autocrate Guelleh n’a cure du sort de sa population, il est seulement obnubilé par le confort de sa petite personne et de celui d’une petite poignée de ses affidés.

« Amaan ninka xoola sistay », ce refrain est donc la triste réalité. Pour flatter son égo surdimensionné, Guelleh enrichit un torchon aussi crédible et impartial que le journal de Haramous « La Nation », et ce au détriment de sa population qui vit dans des conditions infra-humaines.

Il convient de souligner que l’histoire d’amour tarifée entre le despote IOG et le magazine panafricain ne date pas d’hier. Bien avant son avènement au pouvoir, il avait l’habitude de « faire un détour pour saluer JA », il a toujours été un visiteur assidu de la rue d’Auteuil (siège parisien de l’organe de presse). Une visite à chaque fois chèrement monnayée. Parmi les papiers laudateurs de ce journal à l’égard du fils de Moumina Rirache, on pouvait lire dans le JA n° 1544 du 1er août 1990, ce passage qui se passe de commentaire : Ismail Omar serait « plus politique que Mohamed Djama Elabé et très apprécié dans les pays africains et arabes. Parlant couramment le français, l’arabe et le somali, il est ancré dans le contexte régional et possède un sens aigu de la diplomatie ». A chaque fois que ce journal glose sur le personnage, la prose est du même tonneau, une flagornerie qui frise le ridicule.

Depuis 1999, pas un trimestre ne passe sans que ce journal ne nous impose en couverture la gueule du « glouton » Guelleh et dans les pages intérieures une interview fleuve dite « exclusive » et/ou d’un publi-reportage sur son royaume.

Pour mieux connaître ce journal qui participe au dépouillement de nos biens publics, voici un extrait très intéressant tiré d’un livre sous-titré « enquête sur les faux amis français de l’Afrique » dans lequel tout un chapitre y est consacré, un chapitre intitulé « médias sans foi ni loi »: « Navire amiral de la flottille panafricaine, l’hebdomadaire Jeune Afrique, fondé en 1960, doit sa longévité à un pragmatisme commercial qui confine au cynisme. Car « JA » monnaie volontiers ses pages auprès des présidences. En contrepartie de l’achat d’espace publicitaire par les ministères ou les entreprises publiques, on obtient un cahier spécial à la tonalité bienveillante, voire un de ces longs entretiens censés asseoir votre stature d’homme d’Etat. En revanche, gare aux candidats qui ont l’outrecuidance de décliner « le plan de communication » qu’on a la bonté de leur offrir. Tout se paie, surtout quand on ne paie pas. A la clé, un singulier patchwork que le lecteur un tant soit peu initié ne parvient plus à lire au premier degré. Des reportages ou des analyses d’excellente tenue – pour un peu, on écrirait « de bonne facture – y côtoient des papiers flagorneurs et de portraits affligeants de déférence ».

Il convient d’apporter quelques précisions à cette description : le journal panafricain « Jeune Afrique » rebaptisé « Jeune à fric » par la jeunesse africaine consciente est dirigé, depuis sa création, par un franco-tunisien, un certain Béchir Ben Yahmed. Avant de fonder ce journal, ce monsieur a été un temps ministre de l’information de l’autocrate tunisien Bourguiba.

«  Arrogant, despote, imbu de lui-même, sans scrupules », tel est le portrait sans concession du propriétaire de « Jeune à fric », dépeint par une journaliste qui a officié sous sa férule. D’aucuns soupçonnent son organe de presse d’être le bras armé de la françafrique, le système mis en place par le sinistre Foccart. Accusation parfaitement crédible si l’on croit les confessions de ce dernier qui a révélé dans ses mémoires avoir été très proche de Béchir Ben Yahmed et qu’ils dinaient ensemble au moins une fois par mois. A sa mort, le chantre de la françafrique désigne son ami tunisien comme son légataire testamentaire universel. Drôle d’exécuteur testamentaire ce Béchir !

Lorsque deux personnes se font mutuellement de concessions et complaisances motivées uniquement par l’intérêt, on emploie l’expression « passe moi la rhubarbe, je te passe le séné ». Transposée à « Jeune à fric », cela deviendrait « Passe-moi le fric, je te passe la brosse à reluire ». A ce propos, selon les indiscrétions des visiteurs de la rue d’Auteuil, l’on a souvent entendu Mme Danielle Ben Yahmed, épouse de Béchir et directrice de DIFCOM (régie publicitaire de l’organe de presse), s’exclamer « Aboule le flouze » (apporte le fric) lorsqu’elle concocte pour ses clients un plan « de communication ». A « Jeune à fric », on aime les espèces sonnantes et trébuchantes. Et gare au potentat qui refuse de casquer, sinon le griot patenté qui était jusqu’alors bienveillant retournera sa veste et n’hésitera pas à tremper sa plume dans le fiel. Un lynchage médiatique s’ensuivra et ne pourra s’arrêter que si l’on s’acquitte de l’obole.

Bien qu’ils soient las de ployer sous la dictature de Sy Béchir, certains potentats africains continuent de courber l’échine et préfèrent « payer le pizzo » afin de ne pas s’attirer l’ire de ce maître-chanteur. Du pur chantage, du racket digne de la mafia Calabraise !

Dire que ce torchon n’ait pas encore eu maille avec la justice pour ses pratiques pour le moins douteuses, c’est vraiment scandaleux. Il est grand temps que la France si prompte à blacklister à tort et à travers dénonce sans ambages ce gangstérisme médiatique et la saignée des pays pauvres, opérés en toute impunité sur son territoire par « Jeune à fric ».

 

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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared

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