Djibouti–USA–Iran : Des propagandes pro-iraniennes et anti-americaines dispatchées par les réseaux du régime d’Ismail Omar Guelleh.

Sous couvert de neutralité diplomatique et de « multi-alignement », le régime d’Ismaïl Omar Guelleh s’est progressivement mué en relais actif de narratifs pro-iraniens et anti-occidentaux dans la Corne de l’Afrique. Derrière les formules protocolaires et les alliances militaires officielles, une autre réalité se dessine : celle d’un pouvoir qui joue un double jeu, entre coopération stratégique avec Washington et proximité politique, idéologique et opérationnelle avec l’axe Téhéran–Houthis–mouvements islamistes armés (Al-shabaab).
I. Une vidéo mensongère fabriquée à Djibouti, maquillée en « info éthiopienne »
Le 2 mars 2026, plusieurs comptes Facebook liés à l’appareil présidentiel djiboutien diffusent une vidéo de 52 secondes affirmant que l’Iran a frappé une base militaire américaine à Djibouti avec quatre missiles. La séquence, attribuée à « Djibouti Today », affiche une surimpression en amharique censée lui donner une origine éthiopienne, alors que la fabrication est de Djibouti.[ Perma | Iran hits US Military Base in Djibouti #ethiopian_tik_tok #habeshatik… | TikTok]
Relayée ensuite par la page Facebook proche de Naguib Abdallah « Afar Time » et le compte TikTok « AliHusseinofficial », la vidéo montre une forte explosion dans une infrastructure portuaire, accompagnée d’un commentaire triomphal sur une prétendue riposte iranienne contre les États-Unis. Plusieurs internautes prennent l’information pour argent comptant, certains saluant l’attaque, d’autres exprimant leur inquiétude pour la base américaine. [Perma | Iran hits US Military Base in Djibouti #ethiopian_tik_tok #habeshatik… | TikTok]-[Perma | Facebook]
Encadré – Ce que montre réellement la vidéo
Une enquête de fact-checking conduite par des médias internationaux a permis de remonter à la source réelle des images.
- La vidéo originale a été publiée le 6 mai 2025 par l’agence Anadolu et documente des explosions et incendies survenus au port de Port-Soudan, au Soudan, à la suite d’une attaque contre un dépôt de carburant.
- Les caractéristiques visuelles (grues bleues, configuration du port) ont été géolocalisées et confirmées comme correspondant à Port-Soudan, non à Djibouti.
- Aucune source crédible ne mentionne une attaque iranienne contre Camp Lemonnier, la base américaine située à Djibouti.
La mention « Djibouti today » et le texte en amharique affirmant une frappe iranienne contre une base américaine constituent donc une manipulation, destinée à faire croire à une action militaire iranienne directe sur le sol djiboutien.
II. De la désinformation à l’alignement politique : un continuum pro-iranien
Cette opération de propagande ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une trajectoire de longue durée, marquée par une convergence politique explicitement assumée entre Djibouti et l’Iran depuis le milieu des années 2000.
En septembre 2006 (14 shahrivar 1385), lors d’une visite officielle à Téhéran, Ismaïl Omar Guelleh rencontre le Guide suprême Ali Khamenei. Selon le compte rendu officiel iranien, publié sur le site du Guide, Guelleh déclare que « les points de vue des deux pays sur les questions régionales et internationales sont communs » et présente la République islamique comme le « porte-drapeau du véritable islam » et le « seul pays résistant aux ennemis de l’islam ». [https://farsi.khamenei.ir/news-content?id=1413 (Djibouti : En 2006, Guelleh dit à Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad partager les mêmes positions sur les questions régionales et internationales – HCH24).]
À cette date, l’Iran est déjà au centre de tensions internationales liées à son programme nucléaire et à son rôle régional, ce qui confère à ces déclarations une portée politique claire. En validant publiquement les positions iraniennes, Guelleh place Djibouti dans une proximité assumée avec un régime alors engagé dans un bras de fer stratégique avec les États-Unis et leurs alliés.
III. Le rôle trouble de la présidence djiboutienne dans les flux d’armes vers les Houthis
La question de la propagande ne peut être dissociée des pratiques matérielles qui accompagnent ce rapprochement. Le rapport final du Panel d’experts de l’ONU sur le Yémen (S/2017/81), transmis au Conseil de sécurité en janvier 2017, documente minutieusement les circuits d’approvisionnement en armes du mouvement Houthi malgré l’embargo international. [securitycouncilreport.org/atf/cf/%7B65BFCF9B-6D27-4E9C-8CD3-CF6E4FF96FF9%7D/s_2017_81.pdf – (Djibouti, le Brésil et les Houthis : quand les achats d’armes de la présidence djiboutienne nourrissaient déjà les réseaux clandestins du terrorisme – HCH24).]
Ce rapport met en évidence l’usage de réseaux régionaux et de montages commerciaux sophistiqués permettant aux Houthis de se procurer des armements, notamment des armes légères et des équipements qui n’étaient pas présents dans les stocks yéménites d’avant-guerre. Des investigations journalistiques ultérieures ont relié ces flux à des achats officiels d’armes réalisés par la présidence djiboutienne auprès du fabricant brésilien Taurus, acheminés ensuite dans des circuits parallèles exploitables par les structures houthis.
Même si le rapport onusien ne cite pas publiquement tous les États par leur nom dans les sections les plus sensibles, il décrit un schéma typique : acquisitions légales par des États tiers, puis réacheminement illicite vers des entités sous sanctions, dont des acteurs houthis. Dans ce cadre, Djibouti apparaît comme une plateforme de transit et de détournement, profitant de sa position stratégique et de la faiblesse des contrôles effectifs sur certains flux militaires.
IV. Rhétorique anti-américaine et brouillage des alliances
Sur le plan discursif, Guelleh a progressivement durci sa posture à l’égard des États-Unis, tout en se présentant comme partenaire indispensable de la lutte antiterroriste dans la région.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique (n°3158, mars 2026), le président djiboutien adopte un ton particulièrement offensif sur deux dossiers :
- les frappes américaines contre les combattants d’Al-Shabaab en Somalie, qu’il accuse de provoquer des pertes civiles ;
- la reconnaissance du Somaliland par Israël, qu’il condamne fermement.[ Corne de l’Afrique : Ismaïl Omar Guelleh face aux frappes américaines et à la question du Somaliland – HCH24]
Ce discours s’aligne sur une rhétorique familière de Téhéran et de ses alliés : dénonciation des « agressions » occidentales, mise en avant des victimes civiles et délégitimation des initiatives diplomatiques perçues comme favorables à Israël.
Encadré – Camp Lemonnier : vitrine américaine, vulnérabilité djiboutienne
Camp Lemonnier, seule base militaire américaine permanente en Afrique, est régulièrement présentée dans les médias internationaux comme un pivot des opérations américaines dans la Corne de l’Afrique et au-delà.
- Elle sert de point d’appui pour des opérations de renseignement, de surveillance et de frappes ciblées, notamment en Somalie.
- La présence américaine s’accompagne de contreparties financières importantes pour Djibouti, ainsi que d’une coopération sécuritaire et logistique.
Ce dispositif fait de Djibouti un partenaire clé de Washington, mais aussi une cible symbolique pour les adversaires des États-Unis, notamment pour les réseaux alignés sur l’Iran et pour les mouvances jihadistes régionales.
V. Houthis, Al-Shabaab, réseaux transnationaux : un terreau explosif
Le risque ne se limite pas au champ informationnel. La présence à Djibouti de combattants houthis et d’éléments liés à Al-Shabaab, signalée par plusieurs sources et recoupée par des analyses d’experts onusiens, pose la question d’une infiltration durable des circuits locaux.
Le Panel d’experts sur le Yémen souligne la montée en puissance des capacités militaires des Houthis grâce à des armes plus sophistiquées, souvent obtenues via des réseaux transnationaux passant par des pays tiers de la région. En parallèle, Al-Shabaab, actif en Somalie voisine, a régulièrement ciblé des intérêts occidentaux et des forces régionales engagées contre le jihadisme. Dans ce contexte, l’existence de circuits d’armes liés à la présidence djiboutienne et la tolérance de facto envers certains réseaux sur le territoire djiboutien créent un environnement propice à la préparation d’actions hostiles, y compris contre les installations occidentales stationnées dans le pays.
VI. De la désinformation aux risques d’attaques : un continuum de menaces
La vidéo mensongère sur une prétendue attaque iranienne contre une base américaine à Djibouti ne relève pas seulement d’un exercice cynique de propagande : elle teste aussi les réflexes de l’opinion publique et sert de ballon d’essai pour un narratif où Djibouti devient un théâtre assumé de la confrontation entre l’Iran et les États-Unis.
En fabriquant et en relayant ce type de contenu, les réseaux proches de la présidence :
- normalisent l’idée d’une frappe iranienne contre des intérêts américains à Djibouti ;
- contribuent à présenter une telle attaque comme une réponse légitime à l’« agression » occidentale ;
- renforcent les sentiments anti-américains dans une partie de l’opinion locale et régionale.hch24+2
Or, ce travail de sape informationnelle survient dans un contexte où des groupes armés hostiles à l’Occident sont physiquement présents dans la région, et parfois en lien avec des circuits économiques et sécuritaires tolérés, voire instrumentalisés, par le régime.
VII. Un double jeu stratégique aux conséquences imprévisibles
Deux lectures non exclusives émergent de l’ensemble de ces éléments.
- La première met en avant un pragmatisme extrême : Guelleh exploite la position géostratégique de Djibouti pour maximiser les rentes provenant de toutes les puissances (États-Unis, Chine, pays du Golfe, Iran), tout en gardant un discours adaptable selon l’interlocuteur.
- La seconde souligne une véritable convergence politique et idéologique avec l’axe anti-occidental, attestée dès 2006 par les déclarations à Ali Khamenei, puis renforcée par des pratiques concrètes (flux d’armes, tolérance de réseaux, narratifs de propagande).
Dans les deux cas, le résultat est le même :
- Djibouti accueille des bases occidentales tout en laissant se développer un environnement favorable aux intérêts iraniens et aux groupes armés alliés ou apparentés.
- Les installations militaires occidentales stationnées dans le pays deviennent des cibles potentielles d’actions hostiles, qu’elles soient directes (attaques terrestres) ou indirectes (attentats par procuration, sabotages).
Conclusion : Djibouti, maillon faible ou relais assumé de l’axe pro-iranien ?
En revendiquant une convergence de vues avec Téhéran, en fermant les yeux sur des réseaux d’armement destinés aux Houthis, en laissant se déployer des narratifs anti-américains au sein de sa propre sphère de communication, le régime d’Ismaïl Omar Guelleh contribue à fragiliser l’architecture de sécurité qu’il prétend pourtant incarner.
Djibouti n’est plus seulement l’« allié stratégique » des puissances occidentales dans la Corne de l’Afrique ; il est en train de devenir un terrain d’ambiguïtés dangereuses où les intérêts de Washington, Téhéran et des groupes armés transnationaux se croisent, se superposent et parfois se confondent.
Dans ce jeu à haut risque, la récente campagne de désinformation sur une fausse attaque iranienne contre une base américaine à Djibouti apparaît moins comme un accident que comme un symptôme : celui d’un régime qui flirte désormais ouvertement avec une logique de confrontation, au risque d’embraser le théâtre djiboutien lui-même.
Hassan Cher
The English translation of the article in French.
Djibouti–USA–Iran: Pro-Iranian and Anti-American Propaganda Disseminated Through Networks Linked to the Regime of Ismail Omar Guelleh
Under the guise of diplomatic neutrality and “multi-alignment,” the regime of Ismail Omar Guelleh has gradually evolved into an active relay of pro-Iranian and anti-Western narratives in the Horn of Africa. Behind the protocol language and official military alliances, another reality is emerging: that of a government playing a double game—between strategic cooperation with Washington and political, ideological, and operational proximity to the Tehran–Houthis–armed Islamist movements axis (Al-Shabaab).
I. A False Video Produced in Djibouti and Disguised as “Ethiopian Information”
On March 2, 2026, several Facebook accounts linked to the Djiboutian presidential apparatus circulated a 52-second video claiming that Iran had struck a U.S. military base in Djibouti with four missiles. The clip, attributed to “Djibouti Today,” contains an Amharic caption designed to suggest Ethiopian origin, although the production itself originated in Djibouti. .[ Perma | Iran hits US Military Base in Djibouti #ethiopian_tik_tok #habeshatik… | TikTok]
The video was subsequently relayed by the Facebook page “Afar Time,” close to Naguib Abdallah, and by the TikTok account “AliHusseinofficial.” It shows a major explosion at a port facility, accompanied by a triumphant commentary describing an alleged Iranian retaliation against the United States. Many users accepted the information as genuine, with some praising the supposed strike while others expressed concern about the U.S. base. [Perma | Iran hits US Military Base in Djibouti #ethiopian_tik_tok #habeshatik… | TikTok]-[Perma | Facebook]
What the Video Actually Shows
A fact-checking investigation conducted by international media traced the real origin of the footage.
- The original video was published on May 6, 2025 by the Anadolu news agency and documents explosions and fires at the port of Port Sudan following an attack on a fuel depot.
- Visual characteristics—including blue cranes and the port layout—were geolocated and confirmed as belonging to Port Sudan, not Djibouti.
- No credible source has reported an Iranian attack against Camp Lemonnier, the U.S. military base located in Djibouti.
The “Djibouti Today” label and the Amharic text claiming an Iranian strike against a U.S. base therefore constitute a deliberate manipulation designed to create the impression of a direct Iranian military action on Djiboutian territory.
II. From Disinformation to Political Alignment: A Pro-Iranian Continuum
This propaganda operation did not emerge in a vacuum. It fits into a long-term trajectory marked by an openly acknowledged political convergence between Djibouti and Iran since the mid-2000s.
In September 2006 (14 Shahrivar 1385), during an official visit to Tehran, Ismail Omar Guelleh met Supreme Leader Ali Khamenei. According to the Iranian official account published on the Leader’s website, Guelleh stated that “the views of the two countries on regional and international issues are common,” presenting the Islamic Republic as the “standard-bearer of true Islam” and the “only country resisting the enemies of Islam.” [https://farsi.khamenei.ir/news-content?id=1413 (Djibouti : En 2006, Guelleh dit à Ali Khamenei et Mahmoud Ahmadinejad partager les mêmes positions sur les questions régionales et internationales – HCH24).]
At the time, Iran was already at the center of international tensions related to its nuclear program and regional activities, giving these remarks clear political significance. By publicly endorsing Iranian positions, Guelleh placed Djibouti in overt proximity to a regime then engaged in a strategic confrontation with the United States and its allies.
III. The Djiboutian Presidency’s Troubling Role in Arms Flows to the Houthis
The issue of propaganda cannot be separated from the material practices accompanying this rapprochement. The final report of the UN Panel of Experts on Yemen (S/2017/81), submitted to the Security Council in January 2017, carefully documents the supply chains used by the Houthi movement to obtain weapons despite the international embargo. [securitycouncilreport.org/atf/cf/%7B65BFCF9B-6D27-4E9C-8CD3-CF6E4FF96FF9%7D/s_2017_81.pdf – (Djibouti, le Brésil et les Houthis : quand les achats d’armes de la présidence djiboutienne nourrissaient déjà les réseaux clandestins du terrorisme – HCH24).]
The report highlights the use of regional networks and sophisticated commercial arrangements allowing the Houthis to acquire arms, including small weapons and equipment not present in Yemen’s pre-war stockpiles. Subsequent journalistic investigations linked some of these flows to official weapons purchases made by the Djiboutian presidency from the Brazilian manufacturer Taurus, which were later redirected into parallel channels accessible to Houthi structures.
While the UN report does not publicly name all states in the most sensitive sections, it describes a typical pattern: legal acquisitions by third-party states followed by illicit transfers to sanctioned entities, including Houthi actors. In this framework, Djibouti appears as a platform for transit and diversion, benefiting from its strategic position and the weakness of effective oversight over certain military flows.
IV. Anti-American Rhetoric and the Blurring of Alliances
Discursively, Guelleh has progressively hardened his stance toward the United States while continuing to portray himself as an indispensable partner in the regional fight against terrorism.
In an interview with Jeune Afrique (No. 3158, March 2026), the Djiboutian president adopted a particularly confrontational tone on two issues:
- U.S. strikes against Al-Shabaab fighters in Somalia, which he accused of causing civilian casualties;
- Israel’s recognition of Somaliland, which he strongly condemned. [ Corne de l’Afrique : Ismaïl Omar Guelleh face aux frappes américaines et à la question du Somaliland – HCH24]
This rhetoric aligns with narratives commonly promoted by Tehran and its allies: denunciation of Western “aggression,” emphasis on civilian victims, and delegitimization of diplomatic initiatives perceived as favorable to Israel.
Camp Lemonnier: American Showcase, Djiboutian Vulnerability
Camp Lemonnier, the only permanent U.S. military base in Africa, is frequently described in international media as a cornerstone of American operations in the Horn of Africa and beyond.
- It serves as a hub for intelligence, surveillance, and targeted strike operations, particularly in Somalia.
- The U.S. presence is accompanied by substantial financial compensation for Djibouti, as well as security and logistical cooperation.
This arrangement makes Djibouti a key partner for Washington—but also a symbolic target for U.S. adversaries, including Iranian-aligned networks and regional jihadist movements.
V. Houthis, Al-Shabaab, and Transnational Networks: An Explosive Environment
The risk extends beyond the informational domain. The presence in Djibouti of Houthi fighters and individuals linked to Al-Shabaab—reported by several sources and corroborated by analyses from UN experts—raises the question of long-term infiltration of local networks.
The UN Panel of Experts on Yemen highlights the growing military capabilities of the Houthis thanks to increasingly sophisticated weapons, often obtained through transnational networks passing through third countries in the region.
At the same time, Al-Shabaab—active in neighboring Somalia—has repeatedly targeted Western interests and regional forces engaged in counter-terrorism operations.
In this context, the existence of arms circuits linked to the Djiboutian presidency and the de facto tolerance of certain networks on Djiboutian territory create an environment conducive to the preparation of hostile actions, including against Western installations stationed in the country.
VI. From Disinformation to the Risk of Attacks: A Continuum of Threats
The false video claiming an Iranian attack on a U.S. base in Djibouti is not merely a cynical propaganda exercise. It also tests public-opinion reflexes and serves as a trial balloon for a narrative in which Djibouti becomes an explicit theater of confrontation between Iran and the United States.
By producing and amplifying such content, networks close to the presidency:
- normalize the idea of an Iranian strike against U.S. interests in Djibouti;
- frame such an attack as a legitimate response to Western “aggression”;
- reinforce anti-American sentiment within segments of local and regional public opinion.
This informational erosion occurs at a time when armed groups hostile to the West are physically present in the region and, in some cases, linked to economic and security circuits tolerated—or even instrumentalized—by the regime.
VII. A Strategic Double Game With Unpredictable Consequences
Two non-exclusive interpretations emerge from these developments.
- The first emphasizes extreme pragmatism: Guelleh exploits Djibouti’s geostrategic position to maximize rents from all major powers (the United States, China, Gulf states, and Iran), maintaining adaptable rhetoric depending on the interlocutor.
- The second points to a genuine political and ideological convergence with the anti-Western axis, already evident in the 2006 statements to Ali Khamenei and reinforced by concrete practices (arms flows, tolerance of networks, and propaganda narratives).
In both cases, the outcome is similar:
- Djibouti hosts Western military bases while allowing an environment favorable to Iranian interests and allied or affiliated armed groups to develop.
- Western military installations stationed in the country become potential targets for hostile actions, whether direct (ground attacks) or indirect (proxy attacks or sabotage).
Conclusion: Djibouti—Weak Link or Deliberate Relay of the Pro-Iranian Axis?
By claiming convergence with Tehran, turning a blind eye to arms networks supplying the Houthis, and allowing anti-American narratives to circulate within its own communication sphere, the regime of Ismail Omar Guelleh is contributing to the erosion of the very security architecture it claims to embody.
Djibouti is no longer simply the “strategic ally” of Western powers in the Horn of Africa. It is increasingly becoming a space of dangerous ambiguity, where the interests of Washington, Tehran, and transnational armed groups intersect, overlap, and sometimes converge.
In this high-risk environment, the recent disinformation campaign about a supposed Iranian attack on a U.S. base in Djibouti appears less as an isolated incident than as a symptom: that of a regime now openly flirting with a logic of confrontation—at the risk of igniting the Djiboutian theater itself.
Hassan Cher


Next Article
Somaliland/Taïwan : Aurait-il bientôt une reconnaissance mutuelle entre Hargeisa et Taipei ?
Djibouti/Occidentaux : Projet des manifestations anti-occidentales maquillées en soutien à Hamas.
Djibouti : Quelle est l’origine du nom — DJIBOUTI — qui désigne la République de Djibouti ?
Amazing Nature Photography by Matt Tucker
Djibouti/Chine : Y’aura-t-il un projet de base de lancement des missiles balistiques à moyenne et longue portée chinois à Obock ?
Djibouti / Érythrée : le Rassemblement Populaire pour le Progrès – RPP – reconnait tacitement la souveraineté d’Asmara sur Ras-Doumeira.
Kenya: BRAND AFRICA 100: AFRICA’S BEST BRANDS 2018/19 – KENYA’S BEST BRANDS
Djibouti/France : Le vol Air France départ Djibouti vers Paris de ce samedi soir 1er février 2020 a-t-il échappé à un attentat ?