Djibouti/Éthiopie : Guelleh accuse indirectement l’Égypte et l’Érythrée d’être responsable du trafic d’armes à destination de l’Éthiopie.

Djibouti/Éthiopie : Guelleh accuse indirectement l’Égypte et l’Érythrée d’être responsable du trafic d’armes à destination de l’Éthiopie.

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Jeudi 30 janvier 2020, le Liyu police de la région somalie de l’Éthiopie a arrêté un pick-up bourré des armes des petits calibres. Ces pistolets TT et leurs étuis sont sortis du dépôt d’arme de la garde républicaine. Le commandant de la garde républicaine, le colonel Mohamed Djama Doualeh, avait fait des commandes d’armes en Europe de l’Est. En 2016, dix (10) conteneurs contenant ces pistolets TT, des étuis et d’autres armes sont arrivés à Djibouti. Deux des conteneurs sont tombés dans la mer pendant leurs déchargements du bateau qui les transportaient. Les dix conteneurs étaient entreposés dans la caserne de la garde républicaine et les soldats étaient obligés de nettoyer les pistolets mouillés avec l’eau salée de la mer. Une partie des frais d’achats de ces armes sont passés au ministère du Budget et l’autre partie a été payée via la caisse noire de la présidence de Djibouti.

L’homme chargé des achats de ces armes était Moussa Rayaleh Waberi qui avait fondé la compagnie de transport aérien « Puntavia » en 1991 avec des vieux avions russes qui faisaient des vols « spéciaux » en Somalie, Addis-Abeba, Hargeisa, etc. La compagnie avait été déclarée en faillite en 1996.

Le pick-up Toyota transportant les armes saisies en Éthiopie était immatriculé à Djibouti (678D61) et appartient à un monsieur Oromo éthiopien qui vit longtemps à Djibouti sous des documents d’identités djiboutiennes qui ont appartenus à un jeune djiboutien de l’ethnie afar, né en 1985 et originaire de Tadjourah. Ce jeune étant décédé depuis longtemps, ces documents ont été octroyés à ce trafiquant oromo qui travaille pour la mafia djibouto-somalienne.

Le trafiquant oromo possède une boutique et un petit restaurant au cité Wadajir de la commune de Boulaos en face de la quincaillerie de l’établissement Abdi. Il ne gagne pas sa vie avec ces petits commerces, mais il les utilise comme couverture. Comme il fait les va-et-vient régulièrement entre Djibouti et l’Éthiopie, il fait croire aux gens qu’il part acheter des légumes, fruits et céréales à bas prix en Éthiopie pour sa boutique et son restaurant.

Le trafiquant d’armes oromo est passé par le frontière djibouto-somalienne de Lowyada ou Loyada sans que son passeport ne reçoive le tampon « sortie » de la part de la police de frontière de Djibouti qui se défende avoir reçu l’ordre de la part de Haramous. La voiture du trafiquant a continué son chemin vers l’Éthiopie en passant par Caasha — Cado, Jidhi, Xariirad, Borama, Awbere et Jigjiga où son interpellation a lieu. Ce qui confirme que cette voiture avait une autorisation spéciale de la présidence de Djibouti, c’est pourquoi elle a eu un traitement particulier. Depuis l’attentat terroriste de 2014 qui avait visé le restaurant LA Chaumière, un décret présidentiel ordonne que sur le laissez-passer de la voiture soit mentionné la frontière de sortie, or pour cette voiture c’était indiqué Kalafi, et que les charges des voitures soient déchargées à Loyada pour des fouilles profondes, ce qui ne fut pour cette voiture encore.

Ces armes étaient destinées aux rebelles oromo de l’Éthiopie et particulièrement aux miliciens oromo connu sous l’appellation de Qeerroo, mouvement de jeunes Oromos en Éthiopie pour le changement politique. Ce mouvement Qeerroo a déjà reçu des machettes provenant des dépôts des armes de la garde républicaine de Djibouti qui avait réceptionné il y a quelques mois deux conteneurs bourrés des armes blanches.

L’autorité éthiopienne a demandé des explications au régime djiboutien. N’ayant aucune explication plausible à donner, Guelleh ordonne aux enquêteurs de mentionner dans le rapport de l’enquête que le trafiquant oromo travaillait avec des réseaux des services de renseignement égyptien et érythréen qui alimentent les opposants et les rebelles en Éthiopie. Ainsi, Guelleh se déclare lui-même victime dans cette affaire alors que ces armes sont sorties des dépôts d’armes de la garde républicaine de Djibouti.

La gendarmerie nationale djiboutienne qui a eu la responsabilité de mener l’enquête a mis sous scelle la boutique et le restaurant du trafiquant oromo et les enquêteurs ont commencé à ralentir leurs investigations parce qu’ils ont compris que l’affaire avait des ramifications jusqu’à Haramous pour deux raisons :

1 — des éléments trouvés les lieux perquisitionnés ;

2 — le président Guelleh qui suit en personne les investigations ?

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared