Djibouti : 6ème partie_Les forces en uniforme utilisées le jour du massacre, 21 décembre 2015 à Djibouti.

Comme nous l’avions relaté dans nos précédents épisodes, le crime contre l’humanité commis contre la communauté Yonis Moussa (clan numériquement le plus important au sein des Issas) a été minutieusement préparé.

Les membres de la communauté Yonis Moussa ont commencé à mettre en place les préparatifs de la cérémonie 2 jours avant le 21 décembre 2015 et distribuaient régulièrement les trois repas de la journée pour tous les nécessiteux (des indigents des quartiers avoisinants le lieu de la cérémonie, des travailleurs diminues des environs, etc…) pour bénéficier, aussi, des invocations des personnes qui sont pas du clan organisateur.

A – Les forces de la police préparent le terrain pour le massacre.

Sans crier gare, la police à fait irruption tôt le matin vers 5h et a déferlé sur les lieux alternant usage de gaz lacrymogènes et balles réelles, tirant dans le tas sur des civils sans défense qui n’ont porté atteinte à aucune loi du pays. A moins que la loi-non écrite- à Djibouti c’est l’obligation pour chaque citoyen Djiboutien à soutenir Ismaël Omar Guelleh à l’occasion de chaque élection jusqu’à mort s’ensuive…Surpris par l’usage d’armes à feu et la douleur des premiers morts et blessés, certains participants ont répliqué par des jets de pierre ce qui a eu pour effet de provoquer l’ire du chef de la police Abdillahi Abdi Farah.

B – Arrivé sur le lieu des forces armées pour finaliser la tuerie.

Vers la fin de la matinée, des gendarmes équipés des fusils d’assaut arrivent sur le lieu via la cité Hodan et le Phare situé au Nord-Est de Buldhuqo. Des tireurs se positionnent à des collines dominant le lieu de la cérémonie et tirent sur les civils. Les gens se cachent derrière des collines et des gros cailloux afin d’éviter les tirs des snipers de la gendarmerie.

Quelques minutes après les gendarmes, des chars de l’armée et des véhicules à hautes mobilités utilisées normalement pour les missions en terrain difficile et armé d’une mitrailleuse de 12.7 en provenance du camp cheik Osman (principale garnison de l’armée) sont arrivés à Buldhuqo.

Positionnés en haut du col surplombant la scène, les rafales des chars ont rapidement déblayé la scène laissant sur place plus de 30 morts et près de 40 blessés. Les gens sont tombés comme des mouches et à l’ère des smartphones, certaines images glaçantes de corps gisants dans le sang ont pu être publiées sur les réseaux sociaux, ce qui a attiré immédiatement l’attention des médias internationaux.

Parmi les morts, une jeune fille de 7 ans prénommée Soumaya est devenue l’icône de ce massacre abject et prémédité. La publication de sa photo par le journal de l’opposition « Aurore » a entraîné aussitôt son interdiction et l’incarcération de son directeur.

Le massacre soigneusement ourdi par Ismaël Omar Guelleh s’est déroulé comme prévu.

C – la succession des ordres et la préparation du terrain pour le massacre.

Le directeur général de la police, le colonel Abdillahi Abdi Farah, du clan Ourweyne/Issa, n’a jamais été convié à la réunion secrète de juin 2005 tenue au palais d’Haramous par Ismaël Omar Guelleh. Comme il n’est pas du clan régnant, Abdillahi Abdi ne devait pas savoir le projet caché de Guelleh. Il a reçu, à travers le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Hassan Omar Mohamed Bourhan, l’ordre de Guelleh. Sans le savoir, il devait semer le chaos pour faciliter le travail du général Zakaria Cheikh Ibrahim.

Abdillahi Abdi s’est exécuté avec outrance et engendre d’importantes morts et blessés. Avec les policiers tout autour qui tiraient sur les civils, les participants à la cérémonie culturelle se sont vus bloquer sur un terrain à découvert et limité.

Malgré, cette situation d’encerclement les gens tentaient de quitter le lieu mais l’arrivée de la gendarmerie a compliqué les choses. Les snipers de ce dernier corps ont réduit les déplacements des personnes pressent sur le lieu et les premiers secours organisés par la population.

Le chef d’état-major général des forcés armées djiboutiennes (FAD), général de division Zakaria Cheikh Ibrahim, absent du pays, a été appelé à retourner au pays la veille du massacre. Sans informer, le général Osman Nour Soubagleh, son remplaçant ou le plus haut gradé de l’armée, Zakaria Cheikh Ibrahim prend le commandement des forces armées le soir du 20 décembre 2016.

Les officiers chargés d’exécuter le massacre suivaient pas à pas la situation et avaient préparé leur intervention sur le terrain, à Buldhuqo.

Le matin du 21 décembre 2016, dès que arrive le feu vert de Guelleh, le général Zakaria Cheikh Ibrahim et ses officiers exécutants se déplacent à Buldhuqo et commencent à tirer à l’armement lourde dès qu’ils s’approchent du lieu de la cérémonie culturelle Yonis-Moussa comme s’ils avaient la mission de faire le plus de mort.

Avant la sortie des chars et voitures blindés de l’armée du camp Cheikh Osman, à Balbala, le général Soubagleh, un Yonis-Moussa, a été mandaté par Ismaël Omar Guelleh auprès des sages du clan Yonis-Moussa afin d’éviter des vengeances sur le clan du président Guelleh, le Mamasan.

L’objectif était d’éloigner le général Soubagleh afin qu’il s’interfère pas à la mission des forces armées conduits par le général Zakaria Cheikh. Certains militaires disent aujourd’hui que la présence du général Soubagleh camp militaire Cheikh Osman pourrait éviter la sortie des forces armées et le massacre en suite.

D – les survols sur le lieu des hélicoptères des forces américains et françaises stationnées à Djibouti.

Plusieurs blessés et des badauds avaient constaté que des hélicoptères ont commencé à survoler le lieu du massacre vers la fin de la matinée. Ces hélicoptères appartenaient aux forces américaines et françaises stationnées à Djibouti. Ils prenaient des photos et des vidéos de la scène du massacre.

Il y avait aussi un hélicoptère de l’armée djiboutienne qui supervisait le massacre et des membres du régime djiboutien affirment, dans l’anonymat, la présence d’Ismaël Omar Guelleh à bord de cet hélicoptère.

Hassan Cher

Nous publierons une série d’article sur la manière dont le massacre prémédité de Buldhuqo, le 21 décembre 2016, découle d’une rancune contre un homme qui a su se transformer, au fil du temps, à une haine contre le Yonis-Moussa/ Issa :

1 – Début des relations entre Abdourahaman Mohamed Mahamoud Boreh et Ismaël Omar Guelleh.

2 – Coup de Poker pour le pouvoir et l’argent entre Abdourahman et Ismaël

3 – Début du conflit entre Abdourahman Boreh et Ismaël Omar ainsi que la mise sur écoute des sages, intellectuels et commerçants Yonis Moussa/Issa.

4 –   Organisation de l’Union Yonis Moussa et premier échec de la tentative de massacre par le biais d’un affrontement entre Mamasan et Yonis-Moussa fabriqué par le régime.

5 – La préparation du massacre prémédité de Buldhuqo le 21 décembre 2015 à Djibouti.

6 – Les forces en uniforme utilisés le jour du massacre, le 21 décembre 2015 à Djibouti.

7 – les témoignages des victimes et autres.

8 –  évolutions de l’affaire et actualités.


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