Djibouti : 5ème partie – La préparation du massacre prémédité de Buldhuqo le 21 décembre 2015 à Djibouti.

A – la réunion secrète chez Guelleh et son projet machiavélique

La dernière idée des barons du régime est la plus perfide et le plus dangereux tant au niveau national que régional.

À la dernière semaine du mois de juin 2015 s’est tenu une réunion secrète dans le palais de Guelleh à Haramous, résidence située au Sud-Est de la capitale. Ce rassemblement avait regroupé autour d’Ismaël Omar Guelleh des absolutistes du régime en uniforme et en civil. Vu que la date fatidique du mois d’avril 2016 s’approche gravement, dans cette réunion le groupe a débattu de toutes les options possibles afin de crédibiliser le 4ème mandat de Guelleh devant l’internationale et le peuple djiboutien. La plupart des intervenants parlent des candidats mercenaires financés avec les deniers publics et gracieusement recomposés après l’élection en fonction de la vraisemblance de leur rôle théâtral au cours de la compagne électorale.

Nonobstant, comme toujours l’esprit pernicieux d’Ismaël Omar Guelleh ne manque pas d’idée chthonien et lugubre. Il propose la mise en place d’un état d’urgence pour ainsi annuler toute élection sous prétexte d’assurer la sécurité et l’existence de Djibouti.

Comment justifier cet état d’urgence et en plus dans un pays où presque les forces de tous les pays démocratiques de la planète sont présents?

Ismael Omar Guelleh veut faire d’une pierre deux coups. Il compte déclencher une guerre civile entre deux clans Issa : les Mamasans et les Yonis Moussa (Odahgobes). D’après son esprit limité il pense de cette manière à la fois justifier son état d’urgence et saper l’union clanique Odahgob.

  1. Les noms des participants de la réunion

Cette assemblée clanique déguisée en séance gouvernementale qui avait lieu dans le palais d’Haramous d’Ismaël Omar Guelleh a regroupé que des dirigeants du clan Mamasan, en partant du président de la république jusqu’au directeur de l’établissement de l’électricité public :

Ismaël Omar Guelleh, président de Djibouti – Ismaël Houssein Tani, secrétaire général du gouvernement – Hassan Saïd Khaireh, directeur de la sécurité nationale – Colonel Mohamed Djama Doualeh, commandant de la garde républicaine – Générale Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major de la Défense Djiboutienne – Colonel Wais Omar Bogoreh, Commandant des gardecôtes djiboutiens – Saad Omar Guelleh, directeur du port de Djibouti – Djama Ali Guelleh, directeur de l’électricité de Djibouti – etc…

B – : Guelleh, président tribaliste ou maniaque obsédé par les affrontements interclaniques.

Suite aux affrontements interclaniques du samedi 10 octobre 2015 dans les quartiers Hayabley de la commune de Balbala qui avaient opposés le clan du président Guelleh, le Mamasan, et l’autre clan issa, Yonis Moussa (Odahgob), ce dernier a eu la visite des sages Mamasans que Saad Omar Guelleh et Le commandant de la Garde Républicaine(GR), le colonel Mohamed Djama Doualeh,  avaient sélectionné en fonction de leur degré de collaboration avec le régime clanico-mafieux de Guelleh.

La réunion précitée avait lieu au palais présidentiel d’Haramous et a regroupé Ismaël Omar Guelleh, Saad Omar Guelleh, Mohamed Djama Doualeh et des vieux de l’ethnie Mamasan. Il a été décidé au cours de la réunion de venger le clan en faisant usage des moyens étatiques qui sont aujourd’hui totalement dans les mains d’un seul homme, Guelleh, président de la république et chef du clan Mamasan.

Le lendemain, Saad Omar Guelleh, frère du président Guelleh, et le commandant de la Garde Républicaine(GR), le colonel Mohamed Djama Doualeh, ont rendu visite au colonel Abdillahi Abdi Farah, directeur général de la police, afin de lui exposer l’ordre du président Guelleh et la manière de l’exécuter.

Le colonel Abdillahi Abdi Farah, directeur général de la police, accompagné du frère du président de Djibouti, Saad Omar Guelleh, se déplacent à deux reprises dans les quartiers Hayabley de la commune de Balbala et tentent d’obliger les dirigeants de la cellule Hayabley de l’union du clan Yonis-Moussa (Odahgob) à se présenter devant la télévision nationale-  RTD, le jeudi 22 octobre 2015, pour reconnaître leur faute en public et s’excuser auprès de l’ethnie du président Guelleh en général et au passage le Boss lui-même.

Mais, les dirigeants de la cellule Hayabley de l’union Odahgob rejettent les recommandations du colonel Abdillahi Abdi. Confronté  d’un coté à la colère de Guelleh et de l’autre côté de la ténacité des dirigeants de la cellule de Hayabley, le directeur général de la police adresse aux Yonis-Moussa (Odahgobs) des quartiers Hayabley des menaces des arrestations, emprisonnements et licenciements sous les chefs d’accusation « atteinte à la sureté de l’Etat».

Dans le but de comprendre la position des odahgobs, nous avons joint au téléphone trois sages résident dans deux communes de Djibouti-ville et l’interview s’est passé comme suit :

uddesc : « pourquoi avez-vous refusé de passer à la télévision de l’état – RTD – suite à la demande du président Guelleh ? »

Trois sages odahgobes : « passer à la télévision et s’excuser est une autoaccusation tacite qui ouvrira droit à l’ethnie Mamasan d’engager des poursuites judiciaires et des répressions au régime de Guelleh. »

uddesc : «  mais si le directeur général de la police nationale met à exécution ses menaces que comptez-vous faire ? »

Trois sages odahgobes : «  la défense est un droit reconnu tant dans les droits modernes que par la loi de la jungle. »

Dans la crainte d’un échec du projet du président Guelleh, le directeur général de la  police, le frère du président et le commandant de la Garde Républicaine(GR) se retrouvent dans une séance d’échange d’idée. « le plus intelligent de trois« , le colonel Mohamed Djama Doualeh de la garde républicaine propose l’idée de faire intervenir dans l’affaire le jeune ministre de l’éducation, Djama Elmi Okieh. D’après Mohamed Djama Doualeh, il doit s’arranger à faire passer à la télévision des sages de l’ethnie Saad-Moussa qui sont de toute façon les frères des Yonis-Moussa.

Hier le régime avait mystifié les afars et manipulait la population somali afin que cette dernière leur fasse la guerre. S’en est suivi les hostilités entre Gadaboursis et Isaak que des éléments du régime déclenchaient sur ordre de la présidence.

La police politique avait plusieurs fois crée des tensions entre Fourlaba et Odahgob à Ali-Sabieh, entre Ourweyne et Fourlaba à Djibouti-ville, entre Horone et Fourlaba dans différents localités du pays. En dégringolant sur  l’échelle de la médiocrité, le président Guelleh a presque touché le fond cette fois en déclenchant une guerre entre deux Eeleye, c’est-à-dire Mamasan et Odahgob.

Guelleh va toujours vers le pire. Temps qu’on le laissera aller seul, la nation va vers la destruction.

Un proverbe latin de 1757 dit : « Commander les autres quand on ne sait pas se commander à soi-même est une folie. »

C –Ismaël Omar Guelleh persévère dans son projet d’affrontement interclanique

à la journée du lundi 14 septembre 2015, dans la grande salle de l’état-major de l’armée nationale djiboutienne, s’est tenue une réunion dont presque tous les officiers et sous-officiers de l’armée nationale djiboutienne ont été convoqué. Il s’agissait d’une réunion « d’extrême importance » organisée sur ordre du chef suprême de l’armée nationale, monsieur Ismaël Omar Guelleh, actuel président de Djibouti mais ce dernier n’y pas participé.

Comme à l’accoutumé, la réunion débute par la récitation d’une sourate du Saint Coran. Ensuite le Général Zakaria Cheikh Ibrahim (de l’ethnie Mamasan comme Guelleh), chef d’état-major de la Défense Djiboutienne, prend la parole et psalmodie devant les officiers et sous-officiers  des propos haineux que son maitre lui a fait boire comme de l’eau, et il dit : « chers officiers et sous-officiers, je vous ai appelé ici aujourd’hui pour vous annoncer que la nation est en danger, nous devons nous souder pour faire face à une tribu qui a décidé de déstabiliser le pays. Les Yonis-Moussa (Odahgobs) se sont constitués en union non pas pour subvenir ou remédier aux problèmes sociaux de leur clan mais plutôt pour chasser du pouvoir son Excellence Ismaël Omar Guelleh. L’armée doit se préparer à les mater les armes à la main et votre chef suprême vous remerciera généreusement. »

Certains officiers commencent à rire et d’autres laissent apparaître des visages inquiets devants ses propos irresponsables et sectaires venant de leur chef, le Général Zakaria Cheikh Ibrahim.

Mais, le Général Osman Nour Soubagleh (de l’ethnie Yonis-Moussa), réagit et s’en prend au Général Zakaria en s’adressant aux invités : «  n’écoutez pas ce vieux qui délire. Nous sommes une armée nationale formée pour protéger la nation de l’ennemi extérieur et pour défendre notre peuple. Nous ne devons pas nous mêler dans les affaires internes du pays qui relève de la compétence d’autres institutions. En acceptant de jouer le jeu de général Zakaria Cheikh Ibrahim. Je vous garantis que l’armée partira en vrac. »

Et en quelques heures l’information dépasse nos frontières et le Gande (une institution de l’ethnie Issa du genre Sénat), dont leur résidence principale est Dire-Dawa, tienne une réunion d’urgence sur la situation le lendemain même.

Le Général Osman Nour Soubagleh qui avait demandé audience le même jour au président Guelleh tente de lui exposer son point de vue sur la situation et sa colère à l’égard de Général Zakaria Cheikh Ibrahim. Comme dit un proverbe somalien « Doofar waligii madaahiro ooma daayo dabeecadiisa » Ismael Omar Guelleh coule des larmes de crocodile et traite de tous les noms d’oiseaux le General Zakaria. Il rajoute que sa propre famille et ses proches travaillent à sa perte et s’engage auprès du général Soubagleh à trouver une solution aux dérives sectaires de certains militaires de sa famille. C’est à la fois comique et bête quand l’ordonnateur se déclare victime !

D – La question qui se pose est : Que gagnera Guelleh en déclenchant des affrontements interclaniques ?

1 – La haine destructrice de Guelleh à l’encontre de toute organisation non soumise.

« La souffrance émotionnelle, également la principale cause de la souffrance et des maladies corporelles. Le ressentiment, la haine, l’apitoiement sur soi, la culpabilité, la colère, la dépression, la jalousie, ou même la plus petite irritation sont sans exception des formes de souffrance.
Il existe deux types de souffrance : celle que vous créez présentement et la souffrance passée qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre mental.

La plus grande partie de la souffrance humaine est inutile. On se l’inflige à soi-même aussi longtemps que, à son insu, on laisse le mental prendre le contrôle de sa vie.

La souffrance que vous créez dans le présent est toujours une forme de non-acceptation, de résistance inconsciente à ce qui est. Sur le plan de la pensée, la résistance est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel, c’est une forme de négativité. L’intensité de la souffrance dépend du degré de résistance au moment présent. Le mental cherche toujours à nier le moment présent et à s’en échapper et tant que vous êtes incapables d’accéder au pouvoir de l’instant présent, chaque souffrance émotionnelle que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu. Cette souffrance accumulée est un champ d’énergie négative qui habite votre corps et votre mental. C’est une névrose obsessionnelle qui s’installe avec une haine consciente ou  inconsciente envers le rival. Cette dimension « négative » connote une névrose plus difficile à traiter parce que plus tournée vers les désirs inconscients de destruction ou d’élimination. »

Cette théorie relative décrit mot à mot une grande partie de la personnalité de Guelleh qui est régulièrement animé d’une haine à l’égard de tout pensé, individu ou organisation vu comme rival ou non soumis à ses exigences. Il peut, sans s’y lasser une seconde, travailler à sa destruction pendant des générations. Le cas du syndicat en ait une preuve révélatrice de la personnalité d’Ismaël Omar Guelleh.

À la fin des années 80 et au début des années 90, Guelleh, préparé à succéder son oncle Hassan Gouled Aptidon, devait se surpasser et faire face à deux rivaux plus expérimentés et plus talentueux  que lui (Ismail Guedi Hared  et  Moumin Bahdon Farah).  Et chacun, de son côté, rassemble sous son aile toutes les organisations existantes. L’UGTD dirigée par Kamil Diraneh Hared, cousin germain de Guedi, a été automatiquement taxé de supporter son cousin. Ismaël Omar Guelleh se rabat sur l’UDT qui a vu le jour en 1992 et y investit à sa manière. Les dirigeants de l’UDT, n’ayant pas compris l’attente de Guelleh ou n’ayant pas voulu jouer son jeu, quel qu’en soit la raison, pour Ismael Omar Guelleh ils demeurent des ennemies éternels. La preuve, deux générations et 20 ans après il ne manque aucune occasion pour nettoyer l’UDT et l’UGTD du paysage associatif et sociale de Djibouti et internationale avec ses clonages, ses corruptions des fonctionnaires internationaux, licenciements abusifs, emprisonnements arbitraires, etc…

D’après son esprit limité Guelleh pense de cette manière, sous la couverture de son état d’urgence, se venger d’Abdourahman Mohamed Mohamoud Boreh à travers le massacre des Yonis-Moussa, le clan le plus important numériquement dans l’ethnie Issa et à Djibouti. Mais il pourra aussi avec la pression des Yonis-Moussa prouver aux autres clans qu’il est l’homme fort du pays et qu’il est disposé à faire usage des tous les moyens possibles pour rester au pouvoir.

E – Attaque armé du Régime de Guelleh contre le Ziyara de Yonis Mousse (Odahgob).

Cette haine contre les Yonis Moussa a ensuite dégénéré à la suite de la victoire d’Abdourahman Boreh à Londres le mois d’octobre 2015 dans le litige commercial entre lui et Ismael Omar Guelleh consécutif au partage des royalties tirées du Port International de Djibouti géré par DP World. Un litige ou plutôt un voleur (Ismael Omar Guelleh) escroqué par un receleur (Boreh) plus fin que lui et que nous avons évoqué en détail dans une de nos précédentes publications.

Cette aversion pour les Yonis Moussa avait aussi une part d’ombre politique.

Ismael Omar Guelleh et le cercle réduit de son clan emmené par le chef d’état-major le général Zakaria Cheik Ibrahim et le chef des services secrets Hassan Said ont décidé de faire d’une pierre deux coups : monter une tuerie contre les Yonis Moussa et accuser ensuite les leaders politiques appartenant à cette communauté d’en être les instigateurs.

Pour les lecteurs qui n’ont pas suivi les événements les 3 derniers mois de l’année 2015, nous leur rappelons que deux autres clans des Issas avaient organisées pacifiquement des cérémonies cultuelles à Djibouti en hommage à leur ancêtre : il s’agit des Mamassans et des Saad Moussa. Ces deux dernières fêtes culturelles ont été organisées de bout en bout par l’actuel ministre de la santé Djama Elmi Okieh dit speed, gendre d’Ismaël Omar Guelleh et furent spécialement « montées » pour soutenir la candidature Guelleh à la présidentielle. Elles furent pacifiques et financièrement sponsorisées par le régime de Guelleh.

La cérémonie cultuelle de commémoration de l’ancêtre Yonis Moussa a d’emblée déclarée sa neutralité quant à l’élection présidentielle à venir et à toutes activités politiques.

Les organisateurs avait informé par courrier, deux mois en avance, le ministère de l’intérieur et la commune de Hodan responsable du secteur Buldhuqo. Tous les deux administrations publiques n’ont fait aucune opposition de la demande et ont même rappelé aux organisations qu’un tel événement culturel ne nécessite jamais d’autorisation de l’état.

Les responsables de l’organisation de la fête furent approchés par le régime qui a envoyé un de ses sbires sans foi ni loi qui sévissent ces dernières années à Djibouti à savoir Abdillahi Abdi, le chef d’état-major de la police. Après le refus de toute allégeance et de tout sponsoring financier, Abdillahi Abdi, qui a des liens de parenté avec le clan Yonis Moussa à travers sa mère, a commencé à tergiverser sur l’octroi d’une place pour organiser la cérémonie cultuelle. Après divers pourparlers, la police et les organisateurs se sont mis d’accord pour le lieu-dit « Buldhuqo » un endroit dans la périphérie de Balbala excentré et isolé, loin de tout trouble à l’ordre public.

De la philanthropie au sectarisme clanique, Guelleh progresse dans le développement du chaos.

Hassan Cher

Nous publierons une série d’article sur la manière dont le massacre prémédité de Buldhuqo, le 21 décembre 2016, découle d’une rancune contre un homme qui a su se transformer, au fil du temps, à une haine contre le Yonis-Moussa/ Issa :

1 – Début des relations entre Abdourahaman Mohamed Mahamoud Boreh et Ismaël Omar Guelleh.

2 – Coup de Poker pour le pouvoir et l’argent entre Abdourahman et Ismaël

3 – Début du conflit entre Abdourahman Boreh et Ismaël Omar ainsi que la mise sur écoute des sages, intellectuels et commerçants Yonis Moussa/Issa.

4 –   Organisation de l’Union Yonis Moussa et premier échec de la tentative de massacre par le biais d’un affrontement entre Mamasan et Yonis-Moussa fabriqué par le régime.

5 – La préparation du massacre prémédité de Buldhuqo le 21 décembre 2015 à Djibouti.

6 – Les forces en uniforme utilisés le jour du massacre, le 21 décembre 2015 à Djibouti.

7 – les témoignages des victimes et autres.

8 –  évolutions de l’affaire et actualités.


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