Kenya : Au nom de la lutte antiterroriste, le parlement adopte des lois dignes de l’ère stalinienne

TorturesLe Kenya adopte une loi controversée sur la sécurité pour lutter contre le terrorisme. Une loi kényane donnant des pouvoirs à la police de détenir des suspects de terrorisme pendant un an sans procès est passée au Parlement à une majorité écrasante, mais les partis d’opposition promettent de se mobiliser contre sa mise en œuvre.

La Coalition pour la réforme et la démocratie (Cord), une alliance de partis d’opposition sous la direction de l’ancien Premier ministre, Raila Odinga, a déclaré qu’elle appellera à des manifestations contre la nouvelle loi sur la sécurité qui propose des modifications de sécurité radicales pour faire face à une série d’attaques terroristes.

Le nouveau projet de loi transmis à un comité du parlement après son adoption par les 93 membres du Parlement, contre 45, donne au président de la République les pouvoirs de nommer des chefs de la sécurité et réclame des modifications à 20 autres lois pour améliorer la gestion de la sécurité par l’Etat.

Ceux qui s’opposent à la nouvelle loi ont déclaré qu’elle donne le registre aux personnes et aux hautes autorités de l’immigration le droit d’annuler la citoyenneté, propose des changements radicaux dans le code pénal et introduit des amendes contre les journaux et les individus publiant des photos de victimes du terrorisme.

Les responsables de Cord ont déclaré que le projet de loi portant modification des lois de sécurité 2014, est «draconien» et est une atteinte flagrante à la liberté d’expression.

Le Président Uhuru Kenyatta, qui a exhorté les membres du Parlement à passer de toute urgence la loi, a déclaré vendredi que les députés ont adopté la loi pour ‘aligner les besoins de sécurité du Kenya aux normes requises par la Constitution.

‘Avec la création d’une nouvelle loi, nous avons rationalisé la législation existante pour permettre au pays de relever le défi de notre temps’, a déclaré Kenyatta, alors qu’il présidait vendredi le 51ème anniversaire de l’indépendance à Nairobi. ‘Aucune liberté n’a été restreinte. Aucune partie de notre Constitution n’a été violée’.

La nouvelle loi propose la création d’un Centre de lutte contre le terrorisme et des lois plus sévères pour régir l’exploitation des vols vers la nation d’Afrique orientale.

La loi propose également d’exempter la police de divulguer la preuve aux suspects accusés de terrorisme au motif qu’une telle mesure violerait les besoins de sécurité de l’Etat et est nécessaire pour servir l’intérêt public, un argument que l’opposition a rejeté.

Les responsables de Cord ont déclaré que la loi exige également la ‘charge de la preuve’ sur les citoyens dont les documents de nationalité sont annulés et avertit que ces exigences ne serviront pas les intérêts de la sécurité de l’Etat.

Le nouveau projet de loi a été critiqué pour avoir proposé de limiter les manifestations publiques à certaines zones et de tenir les dirigeants de ces manifestations et protestations responsables de toute destruction de propriété survenant lors de ces manifestations. Les opposants ont déclaré que ces propositions n’étaient pas conformes aux principes du droit.

Alors que l’opposition a critiqué les nouvelles propositions de loi comme un recul, les partisans de la loi sur la sécurité ont déclaré que c’était une autre forme de la législation appliquée dans d’autres démocraties.

Pana 13/12/2014


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