Ethiopie : le régime d’Addis-Abeba déclenche un conflit sans précèdent entre les deux communautés Afars et Issas de l’Ethiopie

Massacres de l'armée éthiopienneNous nous rappelons qu’en juillet dernier le gouvernement fédéral éthiopien avait tenté, unilatéralement et en violation flagrante de la constitution éthiopienne, d’attribuer les villes et villages de Cadaytu, Madane, Gadhmale et Xundhufo à l’Etat Afar. Ces villes et villages, habités depuis des temps immémoriaux par des populations somalis appartenant majoritairement à l’ethnie issa, sont situés sur le territoire de l’Etat fédéré Somalie d’Ethiopie.

Le gouvernement fédéral éthiopien du premier ministre Hailemariam Desalegn avait envoyé l’armée avec pour mission de procéder à un nettoyage ethnique en règle visant à déplacer par la force les paisibles populations civiles issas. Ainsi les troupes fédérales éthiopiennes se sont-ils installées dans ces localités depuis juin 2014 et se livrent depuis à des graves exactions contre les citoyens issas vivant dans cette zone loin des médias internationaux : arrestations arbitraires des leaders traditionnels et des responsables administratifs, exécutions extrajudiciaires, confiscation illégale et abattage de cheptel, destruction de maisons et d’installations, intimidation et humiliations gratuites de toutes sortes.

Apres d’intense pression des politiciens Issas sur les institutions fédérales à Addis-Abeba, l’état fédéral éthiopien organise des pourparlers entre la région Somalie de l’Ethiopie, Kiliil 5, et la région Afar le Dimanche 23 novembre 2014.

Les pourparlers se tenaient à Dire-Dawa et avait regroupé des politiciens, intellectuels et sages des communautés Afar et Somalis de l’Ethiopie. Dès l’ouverture de la réunion, une mésentente s’y est installée et portée sur l’ordre du jour du rencontre.

Cette rencontre organisée par les fonctionnaires du ministère des affaires fédéral de l’état éthiopien n’avait pas au préalable tenue compte des points de vue et des propositions des deux partis mais avait imposé un ordre de jour unilatéralement préparé par le ministre des affaires fédéral d’Addis-Abeba.

Les deux partis, Afar et Issa, avant l’ouverture de la réunion, reçoivent du ministère précité des ordres de jour différents de celui des fonctionnaires de l’état fédéral éthiopien. En fait, la réunion devait se tenir, d’après le ministre des affaires fédérales de l’Ethiopie, avec trois ordres du jour uniformes au niveau des dispositions et des sujets à traiter. Mais, la réunion finisse de la manière dont avait prévu le ministre des affaires fédéral, par un échec avant même de débuter.

Suite à des médiations officieuses des politiciens issas et afars, une nouvelle réunion se tient à la zone Awash la semaine dernière. Dans cette dernière réunion la population issa de quatre régions litiges acceptent d’intégrer dans l’état Afar. En contrepartie l’état fédéral leur promet aux issas de ceux 4 régions le poste de vice –président de l’état Afar ainsi que d’autres postes et avantages.

Tout s’est bien terminé et tout le monde espérer une paix durable.

Mais voilà que hier, dimanche 14 décembre 2014, des dizaines des voitures bourrés des policiers de l’état Afar, agissant sur ordre du ministre des affaires fédéral éthiopien, arrivent à Gadhmale, tirent sur les civils, tuent 4 personnes, blessent une trentaine et kidnappent une dizaine d’autres.

Le régime éthiopien dirigé par Hailemariam Desalegn avait un objectif bien précis derrière cette tension ethnique montée et préparée à Addis-Abeba, relancer la guerre entre les deux communautés Afar et Issa de l’Ethiopie pour à la fin profiter des terres cédés ou perdus au cours de cette guerre.

Hassan Cher


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