Érythrée : Les Nations Unies comptent lever les sanctions contre Asmara le 14 novembre 2018 et Guelleh se démène pour leurs maintiens.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’apprête à lever les sanctions contre l’Érythrée après que les Etats-Unis aient cessé d’insister sur le prolongement des sanctions malgré un accord de paix avec l’Éthiopie. La Grande-Bretagne a distribué jeudi le 1 novembre au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution appelant à la levée de l’embargo sur les armes et à toutes les interdictions de voyager, gels d’avoir et sanctions ciblées contre l’Érythrée, selon un diplomate africain des pays francophones qui a rajouté que Ismaël Omar Guelleh avait engagé des lobbys américains dans le but de convaincre les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne à rester fermes à l’égard des souhaits d’Asmara.

Le conseil doit voter sur le projet de résolution le 14 novembre. Des diplomates ont déclaré s’attendre à ce que la levée des sanctions soit adoptée après le changement de position des États-Unis surement résultant de la découverte du principal trafiquant d’arme de la Corne de l’Afrique. Plusieurs sources locales et internationales avaient publiés des rapports détaillants la manière dont Ismaël Omar Guelleh et plusieurs autres dirigeants militaires et politiques du régime clanico-mafieux de Djibouti étaient derrière la vente d’arme à destination d’Al-shabab, Houthi du Yémen et d’autres organisations de la région.

L’Érythrée et l’Éthiopie ont signé un accord de paix en juillet, mais les États-Unis, soutenus par la France et la Grande-Bretagne, ont insisté sur le fait que l’Érythrée devrait d’abord faire des progrès en matière de respect des droits de l’homme avant que les sanctions ne puissent être levées. Cette position a toutefois récemment changé.

Le conseil a imposé des sanctions à l’Érythrée en 2009 pour son soutien présumé aux djihadistes Al-Shabab en Somalie, mais le projet de résolution a reconnu que les observateurs de l’ONU n’avaient « pas trouvé de preuve concluante que l’Érythrée soutenait Al-Shabaab ».

Le gouvernement érythréen a longtemps nié avoir soutenu le groupe et le ministre des Affaires étrangères, Osman Mohammed Saleh, a qualifié les sanctions de « injustifiées » dans son discours à l’Assemblée générale en septembre.

La déclaration de paix signée en juillet par les premiers ministres de l’Érythrée et de l’Éthiopie a mis fin à deux décennies d’hostilité et a déclenché un dégel des relations avec Djibouti et la Somalie qui ont permis de stabiliser la Corne de l’Afrique.

Dans son discours à l’ONU, le ministre des Affaires étrangères de l’Érythrée avait déclaré qu’il était « étonnant » que certains pays du Conseil de sécurité veulent prolonger les sanctions « à la lumière de la paix largement saluée ». Les sanctions ont causé « un préjudice économique considérable » à l’Érythrée et des « difficultés inutiles », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, qui a appelé à leur fin immédiate.

L’Éthiopie et la Somalie ont soutenu l’appel lancé par l’Érythrée pour que l’ONU mette fin aux sanctions mais Ismaël Omar Guelleh, président de Djibouti, a remué terre et ciel pour que les sanctions soient maintenus.

Le projet de résolution de l’UK appelle l’Érythrée et Djibouti à continuer d’améliorer leurs relations après la réunion de deux dirigeants en Arabie saoudite en septembre afin de résoudre le différend frontalier. Il demande instamment à l’Érythrée de fournir des informations sur le sort des soldats djiboutiens portés disparus depuis les affrontements de 2008, un point sensible dans les relations.

D’autre part, le projet de résolution maintiendra l’embargo sur les armes imposé à la Somalie en 1992.

Hassan Cher


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