Somalie : Les élections somaliennes ne sont pas crédibles, selon la vérification générale faite au niveau du pays

vote-en-somalieLes élections législatives en cours en Somalie n’ont pas de crédibilité en raison de l’achat de votes, de la fraude, de l’intimidation et de la violence, a déclaré le vérificateur général du pays dans une interview exclusive accordé à VOA Somali.

Nur Jimale Farah a déclaré que les délégués du Collège électoral, qui élisent des députés, votent pour le plus offrant.

« Certains votes ont été achetés à 5.000 $, certains avec 10.000 $ et d’autres à 20.000 $ ou 30.000 $, mais tous les sièges ne sont égaux, certains sont des sièges influents et ont beaucoup de candidats en compétition.

Il a dit que deux sièges ont coûté à leurs gagnants respectifs $ 1.3 million chacun. Il a dit que son bureau a enregistré qu’un des sièges a été gagné à Galmudug et l’autre à Hirshabelle.

Menaces, exclusions

Farah a déclaré que certains délégués ont été menacés, certains sont restés à l’écart parce qu’ils avaient peur, et d’autres n’ont pas été autorisés à accéder dans les salles de vote tandis que d’autres personnes ont usurpé des noms pour voter.

« A Baidoa, certains délégués ont été gardés à l’extérieur, un candidat a été bloqué volontairement à l’extérieur, le candidat qui est rentré à l’intérieur a été élu. L’autre a été obligé d’abandonner, bien qu’il soit gardé à l’extérieur, a-t-il dit.

C’était la première preuve de l’achat de voix allégué dans les élections de la Chambre basse et de la Chambre haute, qui ont lieu dans cinq grandes villes en Somalie.

Plus de 14.000 délégués du Collège électoral votent pour les 275 membres de la Chambre basse du Parlement, et jusqu’à présent, moins de la moitié des membres ont été sélectionnés. Les parlements régionaux élisent également la Chambre haute de 54 membres, où 80% des sièges ont été pourvus.

Farah a déclaré que certains candidats ont été élus sans opposition, bien que leurs challengers fussent présents et ont été maintenus en dehors des salles d’élection.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi les sièges sont si chers, Farah a déclaré que certains candidats, parmi lesquels des dirigeants d’entreprises et des personnalités bien connues, pensent que le fait d’entrer au Parlement leur donnera l’immunité et la protection.

« Ils utilisent les sièges comme un sanctuaire », a-t-il dit.

Plusieurs anciens chefs de guerre ayant du sang sur  les mains ont cas même été élus aux deux chambres du parlement

Beaucoup de blâme

Abdirashid Hashi, directeur de l’Institut du patrimoine, un groupe de réflexion à Mogadiscio, a déclaré que les responsables régionaux se faisaient élire et gagnaient avec des marges de vote plus élevées. dit-il.

Hashi a déclaré quiconque pensant que cette élection est légitime est « en porta faux à la réalité. »

Il a dit que les candidats qui payaient de l’argent et les délégués qui l’acceptent sont tous à blâmer.

Contrairement aux règles de l’élection, Farah a dit que certains candidats occupent des postes officiels au gouvernement et ont commis des «abus de pouvoir» pour obtenir des sièges.

Farah a déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité que l’argent des contribuables avait été utilisé dans l’achat de votes et que les fonctionnaires essayaient de déterminer si l’argent prélevé sur les comptes du gouvernement central avait été utilisé.

« S’il y a abus de pouvoir, il n’y a rien qui les empêche d’utiliser l’argent du gouvernement », a-t-il dit.

Tirs à l’arme à feu à Jowhar

La commission électorale a suspendu vendredi soir les élections dans la ville de Jowhar où le ministre de la jeunesse, Mohamed Hassan Noah, était en compétition contre un nouvel adversaire et des tirs ont éclaté entre les gardes du corps des rivaux politiques. Quatre personnes ont été blessées.

Un ancien du clan responsable de la sélection des délégués du Collège électoral a été abattu à Adado. Il y a deux semaines, un différend entre deux délégués du Collège électoral s’est soldé dans la violence lorsque l’un d’entre eux a poignardé l’autre.

La communauté internationale, y compris l’U.N., reconnaît les pratiques d’achat de vote. Michael Keating, Représentant spécial de l’ONU pour la Somalie, a déclaré que l’achat de voix et les pots de vin étaient une « réalité ».

« Je pense que l’important, c’est que le vote, ait lieu et au secret », a déclaré M. Keating dans une vidéo de l’U.N.

Mais Farah a dit que l’argent se traduisait en votes parce que, pour certains sièges, le vote était à main levée, contrairement aux règles électorales, et dans d’autres cas les candidats ont pris leurs propres faux délégués dans la salle des élections pour le faire voter.

L’élection présidentielle est prévue pour le 30 novembre, après l’élection du parlement.

Hashi a déclaré que les dirigeants actuels du gouvernement veulent revenir au pouvoir, alors que d’autres nouveaux candidats veulent les écarter du pouvoir par la voix des urnes.

« Quand nous aurons une liste finale des 275 députés et des 54 sénateurs, il sera plus clair de prédire qui a la chance de gagner le présidentiel a-t-il dit.

Hassan Cher


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