Djibouti: 3è partie – Début du conflit entre Abdourahman Boreh et Ismaël Omar ainsi que la mise sur écoute des sages, intellectuels et commerçants Yonis Moussa/Issa.

abdourahman-mohamed-mahamoud-boreh-ismael-omar-guelleh-_-debut-du-conflitÀ la fin 2008, Abdourahman apprend du cercle du président Guelleh que ce dernier veut modifier la constitution nationale afin de briguer un mandat présidentiel éternel.  Abdourahman M. M. Boreh commence à mettre en sécurité ses fonds placés à Djibouti et établie des procurations à certains de ses proches. Guelleh apprend à travers ses sources  que ce projet de modification de la constitution ne plaît pas à son confident des sous, Abdourahman, et les relations commencent à s’embrouiller entre Abdourahman d’un côté et Guelleh et son épouse Kadra de l’autre côté. Au début 2009, les problèmes deviennent publiques et tout le monde commence à parler de ça. Des  vieux du clan Yonis-Moussa, oncles lui rend visite à Abdourahman pour comprendre les motifs du conflit mais peine perdu parce que ce dernier ne leur donne aucune information claire. En fin de discussion, un vieux lui dit dans : « Tu finiras comme son ami d’enfance, Yacin Yabeh, le chef de la police. » Abdourahman lui répond : « Je serai loin avant que l’hyène n’écarte ses crocs pour me mordre ».

Dans la même année Abdourahman Mohamed Mahamoud Boreh s’enfuit vers la péninsule arabique.

Après la fuite de ce dernier, des sages, intellectuels et commerçants du clan Yonis Moussa se réunissent dans la résidence n° 4 sise à la cité Saoudien. Soit derrière la cité Engueila 1.  Ils ont discuté de deux points particulièrement :

1 – Savoir des motifs du conflit entre Abdourahman et Guelleh ;

2 – et comment préserver les biens de la famille Boreh de la rivalité entre les deux hommes.

Ils ont décidé de téléphoner d’abord à Abdourahman M. M. Boreh afin d’avoir la liste des biens de la famille de Boreh à protéger et ensuite de savoir sa position avant d’aller voir Guelleh. Abdourahman leurs répond sans détail : «  l’antagonisme entre moi Guelleh c’est la guerre des étoiles, vous ne pouvez rien il faut oublier ».

Mais, depuis la fuite d’Abdourahman tous les membres de son cercle proche étaient sur écoute téléphonique. Donc, ayant suivi la conversation téléphonique entre les Yonis Moussa réunies au cité Saoudien et Abdourahman Boreh, Guelleh y voit cette réunion comme une décision hostile de Yonis Moussa à son encontre.

Ismaël Omar Guelleh ordonne à la police politique – SDS – d’établir une liste des Yonis Moussa à réprimer pour proximités à Boreh. Le cas le plus populaire fut l’interdiction de rentrer sur le territoire Djiboutien, un citoyen djiboutien et grand commerçant Yonis Moussa, en l’occurrence Hassan Waiss.  Les licenciements, les arrestations et les blocages administratifs contre les Yonis Moussa augmentent et se répètent sous des prétextes fallacieuses.

De l’autre côté, Ismaël Omar Guelleh ordonne à des membres de son clan, les Mamasan, de faire la razzia sur les biens de la famille Boreh sous la protection de la garde républicaine dirigée par Mohamed Djama Doualeh, cousin de Guelleh. Ali Del Waiss et un autre connu sous le sobriquet de Nouméa, des neuves de Guelleh, ont carrément eu le choix de s’approprié des sociétés entiers de la famille Boreh avec matériels, fond de fonctionnement et titre de commerce. Ceci accroit la tension entre Yonis Moussa et Mamasan et devient une première atteinte grave à l’existence du Xeer Issa qui a evité aux issas de s’entretuer : En effet le Xeer protège la vie et les biens économiques. Sans loi il ne peut y avoir la prospérité. Ainsi la maxime suivante «Xeer la’aani wa xugun iyo xoolola’aan», sans loi il n’y a ni descendance ni richesse. Dans un monde ou règne la loi de la jungle, l’humanité risque de s’éteindre et aucun développement économique durable ne peut être envisagé.

Le 21 avril 2010  le président Guelleh promulgue la Loi Constitutionnelle n°92/AN/10/6ème L  portant révision de la Constitution nationale. Avec cette nouvelle loi Guelleh met à terme la limitation des mandats présidentiels à deux par une nouvelle disposition autorisant les mandats illimités.

Après avoir franchi l’étape de la modification de la constitution nationale, Ismaël Omar Guelleh se concentre sur le conflit déclaré avec son ancien ami  et financier de ses précédentes campagnes électorales  et n’a eu de cesse de tenter de le mettre à genoux. Le gouvernement djiboutien a engagé contre lui des procédures judiciaires pour corruption au Royaume-Uni, en Espagne, à Dubaï et dans plusieurs autres pays. Afin de criminaliser Boreh, la justice djiboutienne l’a également condamné par contumace en 2010 pour incitation au terrorisme. L’accusé semblait alors pris dans le filet, mais IOG avait connu un premier revers en ne parvenant pas à obtenir son extradition et en voyant Interpol le retirer de sa liste rouge.

La Haute cour de la justice britannique a quant à elle rejeté les accusations de terrorisme et ordonné la levée du gel des biens de Boreh. En cause, notamment, la falsification des retranscriptions de conservations téléphoniques censées avoir été enregistrées le lendemain de l’attentat. Me Peter Gray, avocat britannique associé au sein du cabinet Gibson, Dunn & Crutcher mandaté par le gouvernement de Djibouti pour mener les procédures devant les tribunaux britanniques, a reconnu avoir utilisé des preuves falsifié et parle d’une « erreur spectaculaire ». d’ailleurs ces fausses accusations de terrorisme fabriqués de tout pièce dans les locaux de la police politique djiboutienne – SDS -, sur ordre de Guelleh, avait couté la vie à Mahdi Ahmed Abdillahi, mort sous la torture du SDS et envoyé en prison pour 5 ans son frère Mohamed Ahmed Abdillahi.

Le gouvernement Guelleh avait mandaté ce cabinet américain de rang mondial pour sa présence dans plusieurs villes à l’international dont Paris, Londres et Singapour, où la République de Djibouti entendait entamer des procédures de gel des avoirs. En octobre 2015, la Haute cour de justice du Royaume-Uni souhaitait entendre le Président de Djibouti au sujet des accusations de corruption contre Abdourahman Boreh. Un retournement intéressant quand on sait les liens qui ont uni les deux hommes.

Ismaël Omar Guelleh refuse de répondre positivement à la convocation de la haute cour de la justice du Royaume-Uni parce qu’il risquait de connaître un sacre mésaventure en finissant devant la cour. Guelleh avait deux choix, rejeter la convocation ou se présenter devant la haute cour de la justice du Royaume-Uni  et de se retrouver accusé de corruption et de détournement des deniers publics à la place de l’accusé, Abdourahman M.M. Boreh.

D’ailleurs la justice londonienne avait trouvé surprenant que le gouvernement djiboutien avait découvert les fraudes d’Abdourahman Mohamed Mahamoud Boreh qu’après sa fuite et non au moment de la signature de l’accord, soit 6 ans après. Le magistrat Julian Martin Flaux de la justice Britannique a fait savoir son étonnement dans son jugement d’octobre 2015 mais publié le 02 mars 2016 (Case No: 2012 FOLIO 000537), dans les parties Conclusions au sous-titre portant sur les revendications individuelles de la république de Djibouti, au paragraphe 936 : « … En outre, le président était au courant de ces termes, lui et ses conseillers ayant examiné les accords. En particulier, il était conscient que DP World aurait un contrôle total sans ingérence du gouvernement et était au courant des questions réservées, dont Mme Ali et le Secrétaire général de la Présidence avaient exprimé leurs craintes. Malgré tout, le Président de la république a pris la décision commerciale d’approuver et de ratifier les accords… »

Et dans la conclusion général, au paragraphe 939, la justice britannique rejet tous les revendications de la république de Djibouti et déclare les accusations déposées contre Abdourahman Mohamed Mahamoud Boreh non justifiés.

Guelleh ne pouvant plus atteindre Boreh et ne pouvant plus récupérer les centaines de millions sur lesquels il comptait se faire une retraite dorée, il décide de faire payer l’affront judiciaire à la famille d’Abdourahman Boreh et le clan dont ce dernier appartient, le Yonis-Moussa.

À suivre …

Hassan Cher

Nous publierons une série d’article sur la manière dont le massacre prémédité de Buldhuqo, le 21 décembre 2016, découle d’une rancune contre un homme qui a su se transformer, au fil du temps, à une haine contre le Yonis-Moussa/ Issa :

1 – Début des relations entre Abdourahaman Mohamed Mahamoud Boreh et Ismaël Omar Guelleh.

2 – Coup de Poker pour le pouvoir et l’argent entre Abdourahman et Ismaël

3 – Début du conflit entre Abdourahman Boreh et Ismaël Omar ainsi que la mise sur écoute des sages, intellectuels et commerçants Yonis Moussa/Issa.

4 –   Organisation de l’Union Yonis Moussa et premier échec de la tentative de massacre par le biais d’un affrontement entre Mamasan et Yonis-Moussa fabriqué par le régime.

5 – La préparation du massacre prémédité de Buldhuqo le 21 décembre 2015 à Djibouti.

6 – Les forces en uniforme utilisés le jour du massacre, le 21 décembre 2015 à Djibouti.

7 – les témoignages des victimes et autres.

8 –  évolutions de l’affaire et actualités.


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