Djibouti : risques d’attentats terroristes fomentés à Djibouti dans le 2 mois à venir…

explosionSi l’on se réfère aux attentats qui ont visés des cafés-restaurants djiboutiens : Palmier en Zinc, 1978; Historil, 1987; Café de Paris, 1990. Les auteurs et commendataires n’ont jamais été retrouvés. A chaque fois, le pouvoir local djiboutien en charge de l’enquête en a profité pour stigmatiser une communauté spécifique ou des opposants politiques. En 1978 ce sont les Afars qui ont été visés provoquant la démission d’Ahmed Dini. En 1987, Aden Robleh Awaleh, opposant en exil de la première heure l’a été à son tour. En 1990, ce sont les Gadaboursis qui ont été ciblés par les services de sécurités djiboutiens.

Hier : Les Afars ensuite les Gadaboursis comme bouc émissaire. Une centaine de personnes torturés (voir plus), sans que personne ne dénonce rien (ni Djiboutien, ni occidentaux).

En suite l’attentat qui a eu lieu samedi soir 24 mai 2014, aux alentours de 20 h, heure locale, dans le restaurant La Chaumière, à Djibouti, un établissement fréquenté par des Occidentaux.  : C’est au tour des Fourlabeh, çà pouvez être une autre tribu mais non, ce choix n’est pas anodin. En effet hormis la femme Kamikaze, toutes les personnes qui ont été détenues ou recherchées dans le cadre de l’enquête ont tous été des Fourlabeh (15 à 20 personnes).

Dernièrement, la Haute Cour du Royaume-Uni (UK) s’est interrogé sur une accusation de terrorisme faite par le gouvernement de Djibouti contre l’homme d’affaire djiboutien, Abdourahman Boreh, qui avait conduit au gel de ses actifs dans plusieurs pays.

Boreh, un ancien confident du président Ismail Omar Guelleh, a été condamné par contumace à 15 ans de prison ferme pour actes de terrorisme suite à une explosion des grenades dans le supermarché Nougaprix à Djibouti, qui avait lieu le 5 Mars 2009 et le 8 mars 2009 contre la Brigade de Gendarmerie de Cheikh Moussa à Balbala. Le régime prétend être l’acte d’une organisation qui avait été engagé dans des activités subversives contre le gouvernement.

Les poursuites contre M. Boreh s’articulaient sur deux conversations téléphoniques qu’il avait eues avec deux frères qui ont parlé d’un «acte» étant «Terminé» à Djibouti. Sans oublier que l’ainé de deux frères, Mahdi Ahmed Abdillahi, est mort sous la torture pour avoir refusé d’appuyer un faux témoignage fabriqué contre Boreh en échange des millions de FDJ.

En conséquence M. Boreh a été reconnu coupable par la justice de Guelleh et le régime de Djibouti avait cherché à l’extrader de Dubaï.

Mais M. Boreh, qui s’était embrouillé avec le président Guelleh, a déclaré que la charge était basée sur des motifs politiques.

Néanmoins, le gouvernement de Djibouti continue ses acharnements et demande le 11 Septembre 2013 à la Cour commerciale, une sous-division de la Haute Cour de justice d’UK, le gel des actifs de M. Boreh.

L’injonction a été accordée par le juge Flaux sous les arguments juridiques des avocats mandatés du cabinet Gibson, Dunn et Crotcher, représentant le gouvernement de Djibouti, et les avocats chargé par Byrne et Partenaires, représentant M. Boreh.

Toutefois, les choses ont pris une tournure différente récemment, lorsque l’affaire a été traitée officiellement devant le juge Flaux qui a découvert qu’il avait été induit en erreur sur la date des conversations entre M. Boreh et les frères, que le gouvernement disait qu’il avait eu lieu le 5 Mars 2009.

Il s’est avéré que les conversations ont eu lieu le 4 Mars 2009, avant l’attaque à la grenade, et donc ne pouvait pas se rapporter à l’’acte terroriste. En effet, les discussions codées faisaient référence à la distribution de tracts anti-gouvernementaux à Djibouti.

Le juge Flaux a reconnu que les avocats du gouvernement Djibouti ont induit délibérément en erreur le tribunal mais s’est demandé, à la lumière de la nouvelle information, le bien-fondé de la condamnation de M. Boreh à Djibouti. Me Peter Gray, avocat britannique associé au sein du cabinet Gibson, Dunn & Crutcher mandaté par le gouvernement de Djibouti pour mener les procédures devant les tribunaux britanniques, a reconnu avoir falsifié ces preuves et parle d’une « erreur spectaculaire », comme le rapporte The Lawyer.

Des hauts responsables de la sécurité et de la justice à Londres ont déclaré que cette affaire avait clairement exposé comment le gouvernement djiboutien utilise cyniquement de la lutte contre le terrorisme pour réprimer ses adversaires politiques et les défenseurs des droits humaines.

Ces attentats terroristes devenus des moyens spectaculaires et humains usés dans l’unique but d’anathématiser des communautés, des tribus, des personnalités ou des organisations de la civiles semblent se perfectionner et suivre l’actualité.

La preuve :

Un décret instaurant l’état d’urgence pour préparer le terrain

Le président Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, songe à se représenter en 2016 même si la Constitution le lui interdit. Cela ne saurait être un obstacle insurmontable pour cet homme qui avait déjà fait modifier la Constitution en avril 2010 pour pouvoir postuler à un troisième mandat l’année suivante. Il avait promis à l’époque qu’il quitterait le pouvoir en 2016, mais semble être en train de retourner sa veste pour y rester.

Ainsi, pour légitimer le coup d’état constitutionnel de Guelleh de Djibouti   le gouvernement djiboutien a approuvé à la 24ème séance du Conseil des Ministres de mardi 24 novembre 2015 un projet de décret portant sur la mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité.

Selon un communiqué publié à l’issue de ce conseil, cette décision vise à assurer la protection des biens et des personnes dans une situation de risques terroristes pesant sur l’ensemble de la communauté internationale.

Ces mesures exceptionnelles de sécurité seront applicables sur l’ensemble du territoire de Djibouti y compris dans les eaux territoriales et l’espace aérien, et ce durant 2 mois, note par ailleurs le document.

Dans l’état actuel à Djibouti, le Projet de Décret portant mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité n’a nullement exposé  ou justifié une situation grave mettant en danger l’existence de la nation. L’unique but motivant ce projet du gouvernement djiboutien est le souhait de bafouer, sous couverture de la loi affublée, les droits fondamentaux du peuple et particulièrement l’article 23 – aliéna 5 de la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, la liberté de mouvement (art.12) et la liberté de réunion (art.21) défendu dans le pacte international relatif aux droits civils et politiques de l’ONU, ainsi que les articles 11, 12 et 13 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Quel que soit l’expression utilisée et l’objectif visé par le gouvernement djiboutien, il est indiscutable que ce Projet de Décret portant mise en place des mesures exceptionnelles de sécurité  n’est autre qu’un état d’urgence camouflant un coup d’Etat constitutionnel.

Des attentats terroristes sous-traités  à des milices pros régime

Des sources activent dans le milieu de la police politique du régime djiboutien, dépassée par la prolifération des milices pros-régime, nous ont informé, via Viber, de l’existence d’information sérieuse et grave en circulation dans le milieu du renseignement depuis 2 jours. Il s’agit en effet des attentats terroristes sous-traités à des groupes de milices pros-régime. Les sources racontent que ses attentats pourront être exécutés dans le 2 mois à venir sans préciser les cibles et les lieux visés.

Des fonctionnaires de la police avancent que 3 cibles potentielles sont sous les viseurs de Guelleh. Le premier sont les meetings de l’USN, plateforme de l’opposition ; la deuxième est le Ziyara de la tribu Yonis-Moussa ou Odahgobe prévu le 23-24 et 25 décembre 2015 dont assisteront sûrement des milliers de membres et d’invités des différents communautés du pays ; et la dernière des bases ou des individus occidentaux résident à Djibouti.

Ces attentats seront des justificatifs pour prolonger l’état d’urgence à la fois et l’éliminer de la scène politique des organisations ou des personnalités que Guelleh ne portent pas dans son cœur.

Plus surprenant, les choses semblent se dérouler de la manière dont nous avions relaté dans un article daté du 11 juillet 2015 – lien : http://www.hch24.com/actualites/07/2015/djibouti-affrontement-inter-clanique-programme-et-etat-durgence-sur-le-pays-le-projet-diog-pour-une-presidence-2016-sans-election/.

À suivre…

Hassan Cher Hared


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