Soudan: Idriss Deby du Tchad s’apprête à envoyer ses soldats au Soudan

Omar Hassan Ahmed el-BechirToute l’Afrique suit avec inquiétude la crise sourde qui s’amplifie au jour le jour au Soudan. Partie d’une simple – et furieuse – revendication populaire orientée contre la hausse aussi brutale qu’indésirée du prix de l’essence à la pompe ainsi que du pétrole domestique, la grogne du peuple soudanais tourne inexorablement à l’insurrection, et aujourd’hui, ce n’est plus uniquement l’exigence de la baisse du prix de l’essence qui anime les soudanais, mais carrément le départ du pouvoir d’Omar el Béchir.
Manifestation au Soudan 2013 Conséquence: le dictateur a, sans la moindre hésitation, mobilisé sa soldatesque pour faire face de la plus énergique manière au mouvement d’humeur d’un peuple qui semble plus que jamais décidé d’en finir avec un régime essoufflé. Et du coup, ce sont tous les analystes politiques qui se demandent à juste titre si les émeutes permanentes à Khartoum – et un peu partout au Soudan pourraient aller jusqu’à l’éviction d’un autocrate que l’on a toujours cru indéracinable.

La messe serait-elle donc dite? Apparemment que nenni.

Car, de source proche – et même très proche – de la nomenklatura tchadienne, Idriss Deby, voisin du Soudan – et beau frère d’el Béchir – aurait proposé la mise en mouvement de son armée pour mater ce peuple qui est en train de faire monter les enchères chaque jour un peu plus.
En réaction, soutiennent les mêmes sources, Omar el Béchir, n’aurait pas repoussé cette offre.

Verra-t-on donc bientôt les militaires tchadiens, devenus – certainement malgré eux-mêmes – de véritables justiciers en Afrique, fondre bientôt sur le peuple soudanais pour mater ce qui n’est encore qu’une révolte et pourrait virer à une révolution?
La question il faut le dire, mérite bien d’être posée. Par contre, du côté de N’Djamena, des murmures moins enthousiastes incitent à penser que la propositiond’intervention du chef d’Etat tchadien serait moins innocente qu’elle n’y parait, et cacherait plutôt l’intention inavouée d’Idriss Deby de profiter de la présence de ses soldats au Soudan pour rééditer le coup de Jarnac dont l’accuse jusqu’à ce jour François Bozizé du fond de son exil en France.

Les uns et les autres perçoivent donc l’éventuelle intervention des soldats tchadiens au Soudan comme imminente et inévitable. Mais pour quelle portée, et pour quel résultat? La suite des événements nous le dira bien. Mais d’ici là, on se méfie d’Idriss Deby, et cette méfiance n’a rien de gratuite
Copyright © D.L – Ndjamena-matin, Ndjamena – Tchad  |  3-10-2013

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