Kenya: l’UA demande que la CPI soit le dernier recour

drapeau kenya01Le bras de fer se poursuit entre l’Union africaine et la CPI. L’organisation continentale conditionne, la présence du président Kenya Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale

où son procès doit s’ouvrir le 12 novembre, à la réponse d’une requête d’ajournement formulée par elle.

Un Sommet extraordinaire de l’UA, réuni samedi à Addis Abeba pour examiner les liens entre l’organisation panafricaine et la CPI, a décidé de demander au Conseil de sécurité de l’ONU de décider – comme le lui permet le Statut de Rome, fondateur de la CPI – un ajournement des poursuites en cours à La Haye contre les dirigeants en exercice.

L’Union africaine (UA) veut aussi des tribunaux assez compétents, pour que la CPI reste une juridiction de dernier ressort.

L’Afrique doit « renforcer la capacité de (ses) systèmes judiciaires, nationaux et continentaux (…) afin que la CPI devienne en réalité une Cour de dernier ressort », a dit, samedi à Addis Abeba (Ethiopie), Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente sud-africaine de la Commission de l’UA.

Elle intervenait à l’ouverture du sommet extraordinaire de l’UA sur ses relations avec la Cour.

La CPI est une juridiction compétente pour juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de génocide. Trente-quatre pays africains ont signé le Statut de Rome, qui est fondateur de la CPI.

Selon son règlement, la CPI est compétente seulement lorsque les juridictions nationales des pays d’où viennent les personnes mises en cause déclarent être incapables de les juger. La Cour a démarré ses activités en 2002.

Uhuru Kenyatta

A Addis Abeba, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA ont examiné une résolution demandant l’ajournement des procédures ouvertes par la CPI contre des dirigeants en exercice.

L’examen des liens entre l’UA et la CPI a été réclamé par le Kenya, dont le président Uhuru Kenyatta et le vice-président William Ruto, élus en mars dernier, sont poursuivis depuis 2011 pour crimes contre l’humanité par la Cour, qui siège à La Haye (Pays-Bas).

Les violences pour lesquelles les dirigeants kényans sont poursuivis avaient fait un millier de morts et plus de 600.000 déplacés, après l’élection présidentielle au Kenya, en 2007.

La CPI a en outre délivré un mandat d’arrêt international contre le président soudanais Omar el-Béchir. Il est accusé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide dans le conflit du Darfour, région de l’ouest du Soudan.

L’UA va demander à la CPI d’ajourner les procédures en cours contre Kenyatta et Ruto, ainsi que les poursuites contre le président soudanais Oumar El Béchir, selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, le ministre éthiopien des Affaires étrangères.

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