Éthiopie : à Gondar, les massacres ciblés des tigrés s’intensifient.

une-femme-tigree-accusee-dincendie-criminel-dans-la-region-amhara-21_9_2016Derrière une façade économique plutôt alléchante, l’Éthiopie est en fait traversée par de multiples tensions, principalement politiques et ethniques. Depuis novembre 2015, ces fissures sont devenues plus visibles. Les Oromo  qui constituent un tiers de la population éthiopienne ont exprimé leur colère dans les rues du pays. Une terrible répression (dénoncée par Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International) s’en est suivie. Selon HRW, 400 personnes auraient été tuées en un peu moins d’un an, des dizaines de milliers d’autres auraient été arrêtées.

Plus récemment, en mai 2016, c’est une deuxième ethnie, les Amharas, qui a rejoint la contestation. Au point qu’en septembre 2016 on peut compter officiellement quatre ethnies éthiopiennes dans la masse des protestateurs.

Du côté des oromo, la population n’a pas beaucoup fait usage ou recouru à la lutte armée contre le pouvoir centrale qui est dans la main d’une minorité d’élite tigréenne. Or du côté de la région amhara les paysans ont formé des forces d’autodéfense et cette situation a donné l’armée éthiopienne l’occasion de massacrer la population Amhara en faisant usage des armes lourdes, tels que des hélicoptères de combat et des voitures blindés.

Cette situation a créé une déchirer profonde entre les peuples Amhara et Tigrée. Les premiers vagues des réfugiés tigrées fuyant la région Amhara arrivent dans les villes frontalières du Soudan et depuis c’est la chasse aux sorcières et sorciers qui continue dans la région Amhara et particulièrement à Gondar.

La femme apparaissant sur les photos publiées dans cet article est la deuxième tigréenne, à l’intervalle de deux semaines, accusée de tentative d’incendie criminel contre des quartiers et des commerces de la ville.

Les forces d’autodéfense Amharas pourchassent les rares tigrées restés dans leur région et ne manque pas de l’accuser de tous les maux afin de les lyncher en publique ou les bouter hors de l’état Amhara.

La vengeance des Amharas se transforme en guerre des lâches contre les plus diminués.

Hassan Cher


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