Djibouti : Le président Djiboutien convoqué à témoigner devant les tribunaux du Royaume-Uni

IOG - justiceAbdouahman Boreh

Londres le 22 septembre 2015-

Le président de Djibouti, Ismail Omar Guelleh, est fixé à comparaître comme témoin dans une affaire de corruption au Royaume-Uni le mois prochain, selon des documents judiciaires, il devient ainsi le premier dirigeant africain à être convoqué devant un tribunal de UK en qualité de témoin.

Ce sera la prochaine manche du combat de poids lourds qui continue à Londres entre le gouvernement du président Guelleh et le multimillionnaire djiboutien, Abdourahman Boreh.

Le gouvernement de Djibouti avait réussi à extirper le tribunal londonien, sur des fausses preuves,  une décision de gel des actifs à travers le monde de M. Boreh, mais annulée par la Haute Cour du Royaume-Uni au début de cette année, et ce premier accuse maintenant l’homme d’affaires de corruption, ce qu’il nie.

Le tribunal a dégelé les actifs de M. Boreh quand il est devenu clair qu’il avait été injustement reconnu coupable des accusations de terrorisme à Djibouti, créant au passage beaucoup d’embarras pour le gouvernement de Guelleh.

En 2009, M. Boreh a été condamné à 15 ans de prison par contumace, par la justice du régime djiboutien, sur des accusations fallacieuses l’impliquant dans une attaque à la grenade à Djibouti, un prétexte que le gouvernement utilisé pour demander à la Haute Cour du Royaume-Uni de geler les avoirs globaux de M. Boreh valant des millions de livres.

Il s’est avéré finalement  au tribunal que les accusations ont été monté de toutes pièces par la police politique du régime de Guelleh. M. Boreh a déclaré de son côté que les accusations étaient politiquement motivés et le gouvernement de Djibouti et ses représentants légaux se sont excusés devant la cour.

Comme le deuxième round est sur le point de commencer, M. Justice Flaux, qui était le juge de la haute cour Britannique au moment de l’accusation du terrorisme, a insisté sur le fait que le président Guelleh doit comparaître devant le tribunal, en notant que les deux parties avaient fait des demandes fondées sur des «accords oraux».

Alors que M. Boreh a été présent à la cour, les membres du gouvernement de Djibouti ont été absents. Donc, M. Justice Flaux a fait valoir que si le gouvernement voulait «faire bonne sens» le président Guelleh aurait à être appelé comme témoin, à laquelle Dominic Kendrick, représentant M. Boreh, a répondu: «Certainement, notre position serait cela.’ Étayant ses raisons pour lesquelles le président Guelleh doit comparaître devant le tribunal, le juge Flaux dit: «… en termes d’une affaire qui tourne sur la preuve orale … il arrive un moment où les protagonistes disent vous

Prouvez votre cas; où votre cause a été conclue, etc…  tout cela était convenu oralement et on peut appeler à la barre les gens avec qui vous dites qu’il a été convenu oralement. »

«Alors non seulement il y a l’espoir de tout contre-interrogatoire qui peut prendre place et limitée la durée de la procédure, mais le résultat est  susceptibles de suivre une certaine ligne, est-ce pas, indépendamment du nombre de documents. » il y a ensuite, la question de savoir si M. Guelleh va participer aux contre-interrogatoires par liaison vidéo a été soulevée. Mais devant le tribunal, le 11 Septembre 2015, M. Justice Flaux dit: «Je vais avoir des preuves ou justifications convaincants qui prouvent que ce témoin, Ismaël Omar Guelleh,  ne pourra venir devant la cour. Donc, je ne suis tout simplement pas prêt à admettre des preuves par liaison vidéo. Cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas essayer de mettre en évidence ci-après pour démontrer qu’il est vraiment tout à fait impossible pour lui de venir. Mais pour le moment je ne suis pas prêt à le faire témoigner par liaison vidéo. »

Boreh est un ancien confident de M. Guelleh et, ce qui est typique dans un contexte africain, l’homme d’affaires a fructifié ses business, en une partie par le biais de sa connexion avec le président.

Maintenant, le gouvernement de Djibouti prétend que M. Boreh a acquis sa fortune par des moyens frauduleux et corrompus, accusations dont  nie l’homme d’affaires, affirmant que cela est encore un autre stratagème utilisé par le gouvernement pour le détruire politiquement.

Dans les années 1990 M. Boreh a été basée à Dubaï, d’où il a étendu son empire à l’échelle internationale. Entre 2003 et 2008, il était le président ou le président du conseil d’administration des ports de Djibouti et de l’Autorité du Zone franche. Pendant cette période, des ressources considérables ont été investies dans le développement des  ports et de la zone franche.

En 2008, M. Boreh a quitté Djibouti, avoir eu un différend avec le gouvernement sur les créances fiscales perçues contre lui et ses entreprises. Beaucoup d’observateurs considèrent le différend comme une lutte pour la présidence, soulignant que M. Boreh, en utilisant son énorme richesse, pourrait présenter un formidable défi pour le président Guelleh qui préparer à s’autoproclamer président de Djibouti pour un 4ème mandat en 2016 et ainsi de suite.

Dans une dépêche de l’ambassade américaine, révélée par Wikileaks, le Département d’Etat à Washington avait  dit: «Djibouti est un pays moins qu’un état de la ville commerciale contrôlée par un seul homme, Ismail Omar Guelleh. »

Ayant échoué à l’éliminer M. Boreh du paysage politique, le Président Guelleh est maintenant contraint à comparaître devant la Haute Cour du Royaume-Uni afin d’exposer son cas.

Source: GNA


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