Djibouti : Combat discret entre les colonels Abdillahi Abdi et Mohamed Djama pour le contrôle de l’armée nationale et la limitation de la coopération avec les forces occidentales.

Djibouti : Combat discret entre les colonels Abdillahi Abdi et Mohamed Djama pour le contrôle de l’armée nationale et la limitation de la coopération avec les forces occidentales.

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MOHAMED DJAMA – ABDILLAHI ABDI – ZAKARIA CHEIKH IBRAHIM

Deux hommes semblent d’affronter derrière le rideau pour placer chacun son homme à la bonne place afin que leur protégé soit le futur général de l’armée nationale djiboutienne. Celui qui détiendra le monopole de l’armée nationale djiboutienne sera l’homme fort du pays.

Le premier est le colonel Mohamed Djama Doualeh, Commandant de la Garde républicaine, du clan Mamasan/Issa. Il s’est marié, sans fanfaronnade, à Ali-Sabieh, une fille du clan Yonis-Moussa qui est aussi une capitaine de la garde républicaine.

Craignant que son neveu, le président Guelleh, dédaigne de l’ajuster à la tête de l’armée, le colonel Mohamed Djama Doualeh tente d’installer en pole position son ami, le colonel Osman Doubad Sougouleh, ex-commandant du contingent Hiil déployé en Somalie. Le colonel Osman Doubad Sougouleh est du clan Yonis-Moussa et vu que le colonel Mohamed Djama Doualeh s’est marié avec une militaire proche cousine du colonel Osman Doubad, dans les calculs du chef de la garde républicaine, placer ce dernier à la tête de l’armée lui assurera un double garanti en cas ou le choix de Guelleh ne se portera pas sur lui pour le remplacement du vieux général Zakaria Cheikh Ibrahim consenti à la retraite dans quelques mois.

Le colonel Mohamed Djama Doualeh a senti que son protégé, son neveu, le président Guelleh commençait à douter sur la capacité de ce dernier à commander l’armée nationale depuis qu’il s’était rendu à Dire Dawa sans respecter les protocoles entre les deux états. Dès son arrivée à Dire Dawa, le 30 octobre 2018, le colonel a créé une tension et l’insécurité s’est aggravée. Le lendemain matin, le mercredi 31 octobre 2018, le corridor Djibouti/Addis-Abeba s’enflamme et l’axe routier prenne feu, le rail risque d’être saboté, etc.

Le deuxième homme est le directeur de la police nationale, le colonel Abdillahi Abdi Farah, du clan Ourweyne/Issa.

Le colonel Abdillahi Abdi est devenu un bon ami du général Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major général des forces armées Djiboutiennes. Le vieux général qui perd petit à petit son esprit se laisse dorloter par les bonnes paroles d’Abdillahi Abdi et la silhouette gracieuse des jeunes filles d’origine yéménite pratiquant avec élégance la danse de ventres livrée au salon lascif du camp militaire cheikh Osman. Abdillahi Abdi offre des boites contenant des colliers, boucles d’oreilles et des bracelets en Or et argent massif à l’épouse du général Zakaria Cheikh Ibrahim.

Ainsi, il tient en lèse le vieux général Zakaria Cheikh Ibrahim qui, de l’autre côté, ne s’entend pas avec son neveu, le commandant de la garde républicaine, personnalité militaire qui a aussi des litiges avec le colonel Abdillahi Abdi Farah. Dans cette relation des deux chefs, de la police et militaire, la citation « L’ennemi de mon ennemi est mon ami » semble faire son effet.

Le colonel Abdillahi Abdi Farah profite de cette situation pour placer ses cousins à des postes intéressantes dans l’armée nationale : un ancien professeur d’histoire-géographie passe comme un éclair du poste de chef du Bureau des Operations d’Instruction — BOI — au chef du corps de l’école militaire de Hol-Hol avec le grade de lieutenant-colonel au colonel à un intervalle de quelques jours. Un autre devient chef de corps du CESAO. Le bureau de recrutement fut fermé et c’est le nouveau chef de corps de la CESAO qui recrute directement au choix. Le commandant Dahir Abadid, un Ourweyne/Issa, qui tient en main la totalité des chars et des blindées de l’armée nationale (chars lourds et VBL) dans le camp Cheikh Osman — CCO. 

La distribution des grades ne suit plus les critiques règlementaires en vigueur dans les corps militaires et policiers. C’est en fonction des liens ethniques et d’intérêt avec certains responsables du système clanico-mafieux de Guelleh que les avancements sont octroyés.

Le 6 juillet 2019, le général Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major général des forces armées Djiboutiennes, avait invité le colonel Abdillahi Abdi à un évènement militaire alors que le colonel Mohamed Djama n’y a pas été confié.

L’anti occidentalisme grandissant dans les cercles dirigeants des hommes en uniformes à Djibouti.

Ce qui est surprenant, comme si les chefs des hommes en uniformes cachaient des projets compromettants à la sécurité régionale et aux intérêts pays occidentaux, ces chefs font tout pour limiter la coopération avec les forces armées occidentaux.

Le colonel Mohamed Djama Doualeh a clairement démontré qu’il était disposé à partager les plus intimes secrets de la garde républicaine et d’ignorer les relations avec les forces occidentaux (USA, France, etc.). Le général Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major général des forces armées djiboutiennes, ne pas en reste bien qu’il ne dévoile pas clairement son vrai visage aux occidentaux. Le directeur de la police nationale, le colonel Abdillahi Abdi Farah, ordonne à ses subalternes de limiter leurs échanges au strict minimum avec les forces françaises stationnées à Djibouti.

Quant au président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, le chef des armées, a formellement ordonné aux chefs militaires du pays de rejeter la proposition américaine qui consistait à remettre en marche la force navale du pays. Washington était disposé à fournir les matériels nécessaires et les formations utiles pour faire revivre ce corps essentiel à la sécurité du pays et de Bâb-el-Mandabe. Ismaël Omar Guelleh a dans son tiroir un projet déjà préparé avec les Chinois sur la réactivation de la marine djiboutienne. Ce projet fait avec les Chinois sera réalisé après sa réélection pour un cinquième mandat à la tête du pays.

Le cinquième mandat d’Ismaël Omar Guelleh réserve des surprises fades, graves et inquiétantes aux dirigeants occidentaux qui croient aux assertions du parrain Guelleh et de son club qui ne font que répéter à la lettre ses ordres.

Hassan Cher

Annonce :

Comme le jeune officier, contributeur de cet article, nous appelons les membres des forces armées djiboutiennes et les citoyens djiboutiens à envoyer les informations ou documents sensibles que vous détenez sur le régime clanico-mafieux de Djibouti. Sauvons notre nation, Djibouti ! Vous pouvez nous joindre par l’e-mail « uddesc@yahoo.fr ». Merci d’avance.


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Authored by: Hassan Cher Hared

Hassan Cher Hared