Djibouti : la grogne sociale monte discrètement chez les travailleurs en particulier et le peuple en général

iog et sa gestion du paysLe ressenti est le même à Djibouti. « En 1995, on a connu les annonces dans des grandes établissements étatiques, où le mécontentement s’exprime toujours dans un cadre plus intime, entre des confidents du lieu de travail ou de son intérieur personnel. Mais ces derniers mois, on connaît des petits grèves ou mécontentements exposés parfois sur la place publique indépendamment par les travailleurs ou avec la main mise théâtrale du régime de Guelleh, notamment sur la question des salaires et des conditions de travail. Les salariés de la banque BCIMR, qui n’avaient jamais revendiqué, viennent de faire quelques heures de grève le 30 juin 2016, avec 80 %.

Et ce que l’on constate, c’est que les salariés exposent plus lentement qu’avant. J’avoue qu’avant 2008 l’on a parfois été débordé par des réactions dures, avec des blocages de sites. Ce que l’on sent remonter chez tous nos compatriotes travailleurs, c’est qu’ils ne peuvent plus avaler leurs mécontentements devant les injustices criantes, comme les retards injustifiés de salaires aux employés alors que les rémunérations et les villas  de la mafia dirigeante ne cessent d’augmenter en flèche.

Ce qui est grave c’est que l’incendie social n’aura pas de pompier comme en 1995 car trop peu de gens sont syndiqué, et le ras-le-bol ne facilitera pas la canalisation des mouvements sociaux.

La grogne a atteint à un niveau dont l’abcès va exploser au visage du régime de Guelleh insouciant des demandes du peuple mais plutôt tourné vers politique extérieur dont il n’a la compétence, l’envergure et ni le moyen pour jouer ce n’est qu’un rôle soit minimum.

Les travailleurs du service de la voirie de la capitale, ceux de l’hôpital Peltier, de l’université et des employés du camp militaire des forces japonaises d’autodéfense risquent de partir dans les prochaines semaines à la grève ou protestation.

Le développement économique d’IOG n’est qu’un leurre.

Cet extrait tiré d’un article du journal en ligne, Contrepoints, datant du 1er juillet 2016 et qui l’œuvre de Paul Laroche confirme et prouve les réels préoccupations de Guelleh. « Quel plan de bataille prévoit le nouveau gouvernement ? Aucune piste n’a encore été dévoilée mais le chef de l’État a affirmé sa détermination de sortir sa population du chômage. Vu l’économie chancelante du pays, c’est l’arbre qui cache la forêt. Les priorités d’IOG semblent être ailleurs. Le chef de l’État n’a pas hésité à engager 90 millions de fonds publics dans la poursuite de ses opposants. Les quatre ans de procédures acharnées contre Abdourahman Boreh n’auront mené à rien d’autre qu’à la condamnation des autorités poursuivantes djiboutiennes pour falsification de preuves dans un procès considéré par le juge britannique saisi lui-même comme étant « motivé politiquement ». Ce n’est pas un fait isolé et IOG est connu pour son autoritarisme et sa volonté de museler l’opposition.

Il a notamment sommé Facebook de lui communiquer le nom d’internautes qui l’avaient critiqué sur le réseau social. Il s’est également engagé dans une nouvelle bataille judiciaire, impliquant des millions de dollars, contre une nouvelle chaîne de télévision financée par l’opposition et établie à Londres. Un acharnement judiciaire qui laisse penser que ce quatrième mandat sera lui aussi émaillé de poursuites contre les opposants.

Alors que le pays s’enlise dans l’endettement et que des mesures de restrictions budgétaires devraient être sérieusement envisagées, le chef de l’État multiplie les dépenses en suivant son propre agenda. Le nouveau gouvernement d’IOG, pourtant prometteur, semble avoir placé ses objectifs ailleurs malgré les ambitions affichées de lutter contre le chômage. »

Hassan Cher

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