Éthiopie : vidéo détaillant comment les Liyu Police violent, massacrent à grande échelle sur ordre formel de l’état régional et fédéral de l’Éthiopie.

ONLFUn objecteur de conscience qui a fui et abandonné les rangs de Liyu Police, une milice circonscrite dans la région somalie de l’Ethiopie.

Le statut d’objecteur de conscience n’étant pas reconnu en Éthiopie, un déserteur peut avec son refus de rester dans l’armée subir des persécutions qui vont au-delà de la peine de prison ou d’un renvoi de l’armée.

Monsieur Abdulqader, le jeune déserteur des Liyu polices de Jigjiga, la région somalie de l’Ethiopie, a accordé une interview, dans un lieu tenu secret, à un des médias en langue somali de l’Ethiopie actif sur les réseaux sociaux et connu sous le nom de « Qorahay Web TV».

L’interview se passe comme suit :

Qorahay Web TV : Abdulqadir svp plait quand est-ce que tu as été recruté aux Liyu police?

Le déserteur de Liyu Police: je suis devenu membre des Liyu police le mois d’Aout 2009.

Qorahay Web TV : Dans quel camp de l’armée ou de la police aviez-vous fait votre formation de militaire ?

Le déserteur de Liyu Police: j’ai fait ma formation militaire dans camp militaire situé à Jigjiga et dénommé Garalasé.

Qorahay Web TV : De quel district êtes-vous originaire et d’où les Liyu police vous ont recruté ?

Le déserteur de Liyu Police: je suis originaire de Gedo et c’est de là-bas qu’ils m’ont embrigadé.

Qorahay Web TV : quelle information vous a-t-on donné pour vous recruter? Vous ont-ils dit que vous seraient des simples policiers de la circulation, des militaires engagés pour la défense de la nation, des paramilitaires qui combattront les rebelles ou des milices chargés de violer, massacrer et de faire la terre brûlée chez les civils innocents ?

Le déserteur de Liyu Police : dans notre premier entretien, les recruteurs nous ont fait croire que nous serons des policiers municipaux dans nos districts d’origines mais qu’avant tout nous sommes obligés de suivre une formation paramilitaire vu la situation d’insécurité qui prévaut dans la partie Sud de la région somalie de l’Ethiopie. Quand Nous avons fini la formation, on nous a appris notre réelle mission qui est loin du rôle d’un policier municipal.

Qorahay Web TV : Peux-tu nous dire les noms des officiels de la région et de l’état fédéral qui vous ont rendu visite dans le camp de la fin de votre formation?

Le déserteur de Liyu Police: Bien sûr, je peux vous citer leurs noms. Il y avait Abdi Iley, le président de la région somalie, monsieur Daoud, un membre important de la région, et plusieurs hauts responsables militaires et civils Tigrés.

Qorahay Web TV : Pouvez-vous nous dire les discours que ces officiels ont tenu devant les nouveaux recrus des Liyu police ?

Le déserteur de Liyu Police: Oui, ils nous disaient qu’on avait l’embarra du choix sur une palette d’atrocité inimaginable qui va du viol au massacre de masse à l’égard de la population civile et des membres de l’ONLF, Front National pour la Libération de l’Ogaden.

Qorahay Web TV : c’est les civils que les responsables vous ont dit formellement de massacre?

Le déserteur de Liyu Police: Oui c’est les civils qu’on devait cibler en priorité.

Qorahay Web TV : Où aviez-vous été affecté de votre première mission?

Le déserteur de Liyu Police: J’appartenais au 8 e bataillon des Liyu police.

Qorahay Web TV : je vous demande votre lieu d’affectation.

Le déserteur de Liyu Police: dans la ville de Jigjiga, la capitale de la région.

Qorahay Web TV : Quelles étaient vos actions dans Jigjiga?

Le déserteur de Liyu Police: On réalisait des fouilles individuels ciblés des personnes et des maisons ou par quartier sur simple ordre d’un responsable militaire ou civil. On devait aussi faire des tabassages sur la place publique pour terroriser les civils.

Qorahay Web TV : Vous nous dites que vous aviez déserté le rang des Liyu police quand vous aviez compris que votre mission ne collait pas avec les droits de l’homme. Pouvez nous citer un exemple concret d’exaction que vous aviez assistée ?

Le déserteur de Liyu Police: Celle qui m’a touché et poussé à fuir les Liyu police fut la bataille, qui a opposé les Liyu police et l’armée éthiopienne d’un côté et l’ONLF de l’autre, à Malqaqa.

Qorahay Web TV : Peux-tu me répéter?

Le déserteur de Liyu Police: Dans cet affrontement  de Malqaqa l’ONLF avait largement vaincu les Liyu Police et l’armée éthiopienne. Pour se venger, les Liyu police et l’armée nationale ont massacré la population civile de la ville de Malqaqa.

Qorahay Web TV : à combien estimez-vous les civils Ogaden exterminés à Malqalqa ?

Le déserteur de Liyu Police: j’ai arrêté de compter les civils massacrés sur le lieu quand je suis arrivé à plus de 200 victimes.

Qorahay Web TV : les victimes civiles étaient des citadins ou des nomades?

Le déserteur de Liyu Police: il n’y avait aucune distinction. Les Liyu police devaient tuer le maximum des civils pour décourager nous dit-on les soutiens de la rébellion ONLF.

Qorahay Web TV : pendant votre passage dans les Liyu police aviez-vous été affecté à Jigjiga et Malqaqa simplement?

Le déserteur de Liyu Police: j’étais aussi à Dheeghbur.

Qorahay Web TV : Dans la ville ou les villages avoisinants?

Le déserteur de Liyu Police: Dans la ville jusqu’à une localité connu sous le nom de Burqod. On nous demandait de faire des rafles ou des arrestations ciblés sur la gente féminine seulement. On les gardait dans les camps militaires et la nuit c’était les viols collectifs ou des tournantes sur les filles Ogaden.

Qorahay Web TV : Est ce qu’il était possible de voir des viols collectifs dans les villes comme dans les villages?

Le déserteur de Liyu Police: les viols collectifs des filles Ogaden n’avaient pas des limites.

Qorahay Web TV : vous nous aviez dit que Abdi Iley et Daoud vous ont ordonné de massacrer et de violer sans sourciller les supposés soutiens de l’ONLF, aviez-vous revu ces responsables ?

Le déserteur de Liyu Police: Oui, nous avions eu l’occasion de les rencontrer à plusieurs reprises. Chaque fois qu’il y avait eu des massacres des civils, des viols collectifs des filles et des destructions par le feu des biens de la population proche des lieux de combats avec le rebelle, ces responsables précités nous tenaient des discours d’encouragement, nous distribuaient de l’argent et nous incitaient à persévérer dans la politique de la terre brûlée.

D’après les dernières informations que nous avions eu, Abdi Iley a mis un prix sur la tête du déserteur apparaissant dans ce vidéo et monsieur Abdulqadir a été rapidement infiltré vers la Somalie semble-t-il.

Hassan Cher

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