Djibouti : affrontement inter-clanique programmé et état d’urgence sur le pays, le projet d’IOG pour une présidence 2016 sans élection.

IOG _ 2016 - affrontement interethnique - Djibouti

 

 

 

 

Union Djiboutienne pour les Droits Economiques, Sociaux et Culturels

 

UDDESC
&Civils et Politiques
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Réf. : 02/C/AN2015

 

Constat sur le Projet caché d’Ismaël Omar Guelleh afin de briguer un 4ème mandat en 2016 : affrontement inter clanique programmé et état d’urgence sur le pays.

 

  • L’impact des injonctions de la communauté internationale au Burundi sur le 4ème Mandat d’Ismaël Omar Guelleh.

Le 30 décembre 2014 depuis qu’IOG a réussi à se mettre sous les dents la plateforme de l’opposition, l’USN, avec un accord-cadre anecdotique dont les points abordés ont tous été dicté par le parrain du système mafieux travesti en parti politique dès sa création, le Rassemblement Pour le Peuple, groupuscule clanico-mafieux qui monopolise le pouvoir du peuple par la terreur et la force, les parades anticonstitutionnelles pour un 4ème mandat à la haute magistrature du pays vont bon train.

Mais, les injonctions de la communauté internationale à l’encontre du président de Burundi qui pense briguer un 3ème mandat semble avoir un peu refroidit les ardeurs de Guelleh. Donc, toutes les solutions secourant son projet d’usurpation de pouvoir sont les bienvenues.

2 – la réunion secrète chez Guelleh et son projet machiavélique

La dernière idée des barons du régime est la plus perfide et la plus dangereuse tant au niveau national que régional.

À la dernière semaine du mois de juin 2015 s’est tenu une réunion secrète dans le palais de Guelleh à Haramous, résidence située au Sud-Est de la capitale. Ce rassemblement avait regroupé autour d’Ismaël Omar Guelleh des absolutistes du régime en uniforme et en civil. Vu que la date fatidique du mois d’avril 2016 s’approche gravement, dans cette réunion le groupe a débattu de toutes les options possibles afin de crédibiliser le 4ème mandat de Guelleh devant l’internationale et le peuple djiboutien. La plupart des intervenants parlent des candidats mercenaires financés avec les deniers publics et gracieusement recomposés après l’élection en fonction de la vraisemblance de leur rôle théâtral au cours de la compagne électorale.

Nonobstant, comme toujours l’esprit pernicieux d’Ismaël Omar Guelleh ne manque pas d’idée chthonien et lugubre. Il propose la mise en place d’un état d’urgence pour ainsi annuler toute élection sous prétexte d’assurer la sécurité et l’existence de Djibouti.

Comment justifier cet état d’urgence et en plus dans un pays où presque les forces de tous les pays démocratiques de la planète sont présents?

IOG veut faire d’une pierre deux coups. Il compte déclencher une guerre civile entre deux clans Issa : les mamasans et les odahgobes. D’après son esprit limité il pense de cette manière à la fois justifier son état d’urgence et saper la plateforme clanique Odahgobe.

  1. Les noms des participants de la réunion

Cette assemblée clanique déguisée en séance gouvernementale qui avait lieu dans le palais d’Haramous d’Ismaël Omar Guelleh a regroupé que des dirigeants de la tribu Mamasan, en partant du président au directeur de l’électricité :

Ismaël Omar Guelleh, président de Djibouti – Ismaël Houssein Tani, secrétaire général du gouvernement – Hassan Saïd Khaireh, directeur de la sécurité nationale – Colonel Mohamed Djama Doualeh, commandant de la garde républicaine – Générale Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major de la Défense Djiboutienne – Colonel Wais Omar Bogoreh, Commandant des gardecôtes djiboutiens – Saad Omar Guelleh, directeur du port de Djibouti – Djama Ali Guelleh, directeur de l’électricité de Djibouti – etc…

3 – des actions préliminaires pour justifier le projet de guerre clanique

Le jeune ministre de l’éducation national et de la formation professionnelle, Djama Elmi Okieh, marié il y a environ une année à la fille du président Guelleh, a été mandaté à Ali-sabieh pour réunir 11 des 12 tribus qui composent l’ethnie Issa. Ce jeune de la tribu Saad-moussa – ethnie Issa – a voulu faire avaler aux sages des 11 tribus présents le projet diabolique de Guelleh. Il raconte aux sages que la plateforme odahgobe a été créé dans le point de déstabiliser le régime et pourchasser du pays leurs cousins mamasans. Un ministre qui propage de la haine clanique en direct, on peut tout voir avec le régime de Guelleh !

La réaction des sages ne se fait pas attendre, un vieux de la tribu Wardiiq lui répond comme suit : « quand une tribu se verra agresser par une autre plus puissant, nous avons le xeer-issa pour juger la chose et définir les dommages-intérêts. Mais, toi si tu aimes vraiment ton ethnie et que tu es là parce que tu t’inquiètes pour son avenir, de la commune de Balbala à Assamo il y a la pauvreté. Aides les à sortir de la précarité, sans quoi ne nous casse pas la tête avec des discours haineux». Et un second sage, cette fois, de la tribu Hole ou Fourlaba prend à son tour la parole et met le point sur le i au jeune ministre : « écoutes, tu violes le xeer-issa en n’invitant pas l’ainé de notre ethnie, les odahgobes, à cette réunion et en plus tu comptes tenir des propos fielleux à leurs égards et en leur absence. Laisses nous tranquille et dis à ceux qui t’ont envoyé que nous ne voulons pas d’affrontement clanique à Djibouti ». Le jeune ministre prend ses jambes sur son coup et rentre à Haramous exposer sa mésaventure à Ali-sabieh à son parâtre.

Le deuxième cas est l’œuvre d’Hassan Saïd Khaireh, directeur de la sécurité nationale et le Colonel Mohamed Djama Doualeh, commandant de la garde républicaine. Ils ont monté un dossier contenant une plainte, protestation et demande de protection adressé au régime et signé par douze sages de douze tribus de l’ethnie Issa. Ce dossier est déposé au ministère de l’intérieur qui doit engager des actions de répressions policier à ciblage clanique et si possible des poursuites judiciaires devant la justice convertir en appareil d’expiation. Le plus cocasse fut les signatures apposées sur les documents contenus dans le dossier qui ne sont pas ceux des sages des tribus mais des collaborateurs connus de la police politique.

Le dossier précité accuse gratuitement la plateforme odahgobe parce qu’elle n’est pas du relent de Guelleh en personne et des sbires du régime.

Le régime compte impliquer le jeune Ugaas de l’ethnie dans cette mascarade à la senteur de poudre noire. Une délégation a été envoyée à Dire-Dawa afin de convaincre l’Ugaas à le suivre dans son projet démoniaque.

La plateforme odahgobe a reçu une ultime menace de la part du régime et à travers le Ministre des Affaires Musulmanes, de la Culture et des Biens Wakfs, M. ADEN HASSAN ADEN, de la tribu odahgobe, il y a moins de deux semaines.

4 – la plateforme clanique odahgobe qui dérange

Communément, les clans sont formés selon le principe de l’héritage, le tol. Les clans sont constitués en fonction des liens de parenté entre les membres des clans. Ils peuvent être restreints ou plus larges. Les groupes restreints peuvent être intégrés dans des groupes plus larges, ayant des liens de parentés relativement évidents. Parfois, ces clans ne sont pas très grands, à cause de l’absence de liens de parenté avec les autres clans ou la faible croissance démographique au sein du clan.

Afin d’être capable de payer les dédommagements ou prix du sang, les clans doivent être relativement larges, pour ne pas être défavorisés et se faire manipuler par les groupes plus grands. Si le nombre de personnes dans un clan composé selon le principe héréditaire n’est pas suffisant pour payer le dédommagement, il faut avoir recours à des contrats avec d’autres clans pour élargir le clan. Les clans établissent alors des alliances selon le principe contractuel du heer : les membres de chaque groupe ont un contrat informel et oral et doivent se soutenir les uns les autres et partager le paiement du dédommagement lorsqu’un délit est commis envers un autre clan. Les familles du groupe ont donc une responsabilité collective. Pendant les périodes de crise, les membres du groupe doivent partager leurs ressources avec ceux qui subissent des pertes, ce qui limite les risques individuels et facilite la réhabilitation après les périodes de crise.

La réorganisation de la plateforme odahgobe, qui n’est fonctionnelle que depuis une année et demie après une absence de 40 ans sur la scène sociale de l’ethnie Issa, a été plutôt motivée par l’urgence sociale.

Vu que le régime en place à Djibouti utilise couramment la pauvreté forcée comme moyen de répression de masse, la plateforme ou union des clans odahgobes a réussi atténuer d’une certaine manière cette forme de répression inhumaine. Elle a fortement réduire la contribution individuel des dédommagements au point de le ramener de 4.000 fdj – 22 euros avant à 20 fdj – 10 centimes euros actuellement. Et avec des collectes mensuels de l’ordre de 100 fdj – 50 centimes euros par personne percevant un revenu régulier, la plateforme a pu réaliser des actions sociales en finançant les besoins de premiers nécessités de 1900 familles pendant le mois béni du ramadan 2015.

Le premier président, Feu Hassan Gouled Aptidon, et l’actuel, Ismaël Omar Guelleh, étant de la tribu Mamasan, ils avaient uniquement autorisé leur tribu de tenir des réunions ou rencontres claniques sur le territoire djiboutien et le Nord de la Somalie. Les onze autres tribus issas ne pouvaient tenir des séances de ces genres et les organisateurs de tels événements étaient poursuivis sur des chefs d’accusations fallacieuses fabriqués l’à-propos et les plus tenaces étaient éliminés physiquement.

D’après cette description, les clans semblent avoir une structure et des outils efficaces pour entretenir des relations pacifiques et promouvoir de procédés d’entraides sociales fonctionnelles. Nous sommes donc à même de nous demander pourquoi ce système traditionnel dérange autant le régime de Guelleh.

5 – organisation clanique de l’ethnie Issa

Les Issas sont des indigènes de la Corne de l’Afrique, principalement au Sud de Djibouti, au Nord de la Somalie et dans l’Est de l’Éthiopie. Ils représentent un sous ensemble de l’une des cinq grandes « confédérations claniques » des Somalis, les Dir.

Les relations entre les groupes et à l’intérieur de ceux-ci sont réglementées par un droit appelé xeer. Il organise en particulier le paiement des dédommagements pour les blessures et décès (maag). Ce droit pénal est la base du contrat politique de la «démocratie pastorale» issa. Le « Xeer » issa s’applique aussi en cas de litige sur les biens, individuels ou tribaux, qu’ils soient d’ordre foncier ou matériel.

La population Issa est relativement homogène du point de vue ethnique (l’ethnie Issa), loi pastorale (Xeer-issa) et religieux (l’islam sunnite), elle est aussi caractérisée par un clanisme traditionnel, qui est un facteur central à la fois dans l’identité des individus, la vie politique, dans l’allocation des ressources, mais également dans le conflit.

Les tribus sont des sortes de familles au sens large, qui regroupent des individus unis par des liens étroits et héréditaires dont les critères de différenciation et les lignes de délimitation ne sont pas toujours clairement définis.

L’appartenance à une tribu est patrilinéaire : même si la mère appartient à une autre tribu, l’enfant appartient à la tribu du père ; un individu porte à la fois son prénom, celui de son père et celui de son grand-père. L’hérédité est ainsi centrale et explique que la tribu soit une composante primordiale de l’identité des issas. Les clans sont des structures d’entraide primordiales pour pallier aux aléas du quotidien (pénuries, mariage, décès, etc.). D’autre part, la tribu est la principale source de protection pour les individus vis-à-vis des autres tribus ou clans.

Les issas sont composés de 6 grandes tribus qui comprennent 12 clans, 24 divisions claniques, 48 sous-clans et ainsi de suite.

Les 6 tribus sont : Eeleye (Yonis mousse- Saad mousse – Bido mousse – Mahoure mousse et Mamasan) – Hole ou Fourlabeh (Amahadle et Saïb) – Hawle-qateh ou Waladon (Makahiil, Iidleh et Mahamuud) – Horone (Habarwalal et Guellewalal) – Ourweyne (Fiqi et Abdallah) – Wardiiq (Waaqtichiil et Ramwaaq)

6- les risques au niveau national et régional d’un tel affrontement interclanique

Les principes auxquels adhèrent l’immense majorité des Issas (Xeer-issa) ne peuvent souffrir une « guerre civile inter-Issas ». Autrement dit, selon la loi pastorale les jeunes Issas ne peuvent prendre les armes contre les membres de leurs ethnie pour défendre déjà des idéaux comme la liberté, la justice ou la démocratie sans transgresser le principe de solidarité versus Xeer-issa qui devrait prévaloir en tout circonstance, dans le temps et dans l’espace et moins pour les intérêts d’un groupe mafieux.

La haine et les rancœurs emmagasinées contre le régime qui opprime le peuple, sans distinctions de clans ou de langue, peut facilement servir de détonateur à une guerre civile et surtout des affrontements inter claniques dans l’ethnie Issa. La tribu Mamasan n’est nullement l’unique responsable de la déroute de Djibouti mais Guelleh et ses sbires jettent en pâture cette tribu qu’ils se servent sans scrupules comme rempart dans l’unique intérêt de la cour du régime tyrannique.

Particulièrement, les deux tribus, Mamasan et Odahgobe, aiguisent leurs armes dans le silence et la vigilance mutuelle pour se préparer à une guerre qui n’est aucunement la leur mais crée et initie spécialement par le régime dictatorial en place à Djibouti plus d’un quart de siècle.

Une telle guerre pourra avoir une incidence directe sur le fonctionnement de l’axe vital à l’économie de l’Ethiopie et le Nord de la Somalie dont les deux tribus sont autochtones avec des effectifs importants et comparables.

En conclusion

La liste complète des noms des initiateurs de ce probable affrontement inter-claniques sera transmis au l’UA, L’ONU, l’UE, la CPI et toutes autres organisations concernées de près ou de loin par cette affaire. Par la même occasion nous invitant la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples et le conseil des droits de l’homme de l’ONU à réaliser des enquêtes introductives sur ce sujet et l’UDDESC est disposée à faciliter tous contacts ou échanges entre l’internationale et des représentants coutumiers de deux tribus.

Dans l’espoir d’une réaction régionale et international l’UDDESC appelle au peuple djiboutien à plus de vigilance et de retenu sans oublier que les plaies de la guerre réprouvable du Nord du pays sont encore béantes.

 

Fait en Suisse, le 7/7/2015

Hassan Cher Hared

Secrétaire général de l’UDDESC  

lien: https://plus.google.com/+Hch24-Djibouti/posts/MpR56rzGmha

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